"J’ai changé, toi non plus »

La fabrique d’un-e Présidentiable : Sarkozy/Royal au prisme du genre - comment Ségolène Royal est devenue un « homme politique » tandis que Nicolas Sarkozy plaçait plus qu’aucun autre la virilité au cœur de son identité de candidat.

par Catherine Achin et Elsa Dorlin
revue Mouvements, le 23 mars 2007

Pourquoi ce texte ?

En 1974, Arlette Laguiller était la première femme de l’histoire de la Ve République à se porter candidate à l’élection présidentielle. En 2007, cela n’a échappé à personne, outre la présence de plusieurs autres candidates à ses côtés, la nouveauté réside surtout dans le fait que l’une d’entre elles, Ségolène Royal, portant les couleurs d’un parti majoritaire, fait figure de « présidentiable ». La campagne médiatique se structure ainsi très largement autour du duel annoncé – y compris dans sa relative incertitude — entre Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP, et Ségolène Royal candidate du Parti socialiste. Ce rituel démocratique s’ancre dans une logique de construction identitaire relationnelle : Sarkozy et Royal ont été mutuellement produits comme présidentiables. C’est à la co-production singulière de ce couple que nous nous intéresserons ici, en tant qu’elle met en scène de façon inédite les identités sexuelles (de genre et de sexualité), usant tactiquement de la féminité et de la virilité de l’un-e et de l’autre. En utilisant les outils théoriques des études sur le genre appliqués à la construction d’identités politiques « stratégiques » , nous proposons ici de revisiter le parcours politique de ces deux candidats à l’aune de leur stratégie de communication propre, de leur arsenal de ressources symboliques et sociales, de la façon dont ils ont travaillé leur ethos corporel d’« homme politique ».

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Voir aussi : Pas en notre nom !

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