L’UNFPA appelle les gouvernements à protéger les droits des femmes migrantes

Dans son dernier rapport annuel sur « L’Etat de la population mondiale » diffusé le 6 septembre 2006 simultanément à Londres et New York, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) appelle les gouvernements à protéger les droits des 95 millions de femmes migrantes particulièrement vulnérables à la traite, à l’exploitation et aux mauvais traitements.

Intitulé cette année « Vers l’espoir : les femmes et la migration internationale », le rapport de l’UNFPA examine l’ampleur et l’étendue de la migration féminine, l’impact des fonds qu’elles envoient chez elles pour venir en aide à leurs famille et communauté, et leur vulnérabilité excessive à la traite, à l’exploitation et aux mauvais traitements.

La moitié des migrants internationaux sont des femmes et des filles - soit 95 sur 191 millions, indique un communiqué de l’agence des Nations Unies pour la population.

Malgré des contributions substantielles, tant à leur famille laissée au pays d’origine qu’aux communautés où elles s’établissent à l’étranger, leurs droits des femmes migrantes continuent d’être négligés et ignorés, révèle le rapport.

« Le rapport demande aux gouvernements et aux individus de reconnaître et d’apprécier les contributions des femmes migrantes, de promouvoir et respecter leurs droits humains », a insisté Thoraya Ahmed Obaid, directrice de l’UNFPA.

« Une coopération renforcée entre les pays est nécessaire d’urgence pour rendre la migration moins dangereuse et plus équitable. Il faut également faire davantage pour remédier au manque de perspectives d’avenir et aux violations des droits humains qui conduisent beaucoup de femmes à émigrer », a-t-elle ajouté.

« Si la migration féminine peut favoriser l’égalité et offrir aux femmes des possibilités qui n’existent absolument pas dans leur pays d’origine, elle peut aussi conduire à de terribles violations des droit humains - exemples d’une migration qui tourne mal », souligne le rapport.

« Les politiques d’immigration restrictives, qui limitent les possibilités d’émigrer en sécurité et légalement, alimentent le désespoir qui pousse des millions de femmes et de filles à confier leur bien-être et, dans certains cas, leur vie même à des trafiquants sans scrupules qui se présentent frauduleusement sous les traits de démarcheurs pour des emplois licites », explique-t-il.

« Aujourd’hui, la traite des humains vient au troisième rang des commerces illicites, après le trafic des drogues et celui des armes. Contrairement à ce qui se passe dans les deux autres trafics, les victimes de la traite restent une source permanente de "revenu" à exploiter encore et toujours jusqu’à ce qu’elles soient trop malades ou usées pour continuer à subir l’exploitation », indique le communiqué.
« Beaucoup meurent de l’esclavage qui leur est imposé — à la suite directe des violences subies ou parce qu’elles contractent l’une des nombreuses maladies, dont le VIH, auxquelles elles sont exposées », ajouet-t-il.

« Bien que l’on prenne actuellement de plus en plus conscience du phénomène de la traite et que les mesures prises contre celles-ci deviennent plus énergiques, il faut d’urgence redoubler les efforts pour mettre fin à ce terrible crime et à l’impunité dont ses auteurs bénéficient souvent », a souligné Thoraya Ahmed Obaid.

« Le rapport appelle à une coopération accrue entre les pays et à l’intérieur de chaque pays pour déférer les trafiquants à la justice et pour fournir des services aux victimes de la traite et protéger leurs droits humains », a-t-elle précisé.

Aujourd’hui, le travail domestique reste l’un des plus importants secteurs à la source du mouvement international des travailleuses migrantes. Chaque année, des millions de femmes émigrent d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes, et de plus en plus d’Afrique, vers l’Europe et l’Amérique du Nord, les États du Golfe et les pays d’Asie en voie d’industrialisation, indique encore le rapport.

Cependant, la législation du travail protège rarement les employées de maison et ne les autorise pas à s’organiser. Des millions de femmes dépendent ainsi de leurs employeurs pour rester légalement dans le pays hôte, ainsi que pour le logement, la nourriture et les gages, précise-t-il.

Une autre forme de migration féminine est l’exode massif d’infirmières du monde en développement vers les pays industrialisés. Le vieillissement de la population, combiné à la pénurie d’infirmières et de médecins dans les pays hôtes, alimente la demande, tandis que l’effondrement des systèmes de santé et la pauvreté des pays en développement sont à l’origine de l’offre.

L’exode annuel de 20 000 infirmières et médecins hautement qualifiés hors d’Afrique aggrave une situation déjà sérieuse pour une région ravagée par le VIH/sida, le paludisme et une mortalité maternelle et infantile élevée.
En complément au rapport principal, l’UNFPA présente « Des jeunes en mouvement », volume annexe qui étudie le thème de la migration par la bouche de jeunes migrants.

« Les jeunes de pays en développement se déplacent de plus en plus et représentent un tiers du nombre total des migrants internationaux. Ils viennent de tous les milieux et traversent des frontières pour des raisons bien diverses. Leurs voyages sont souvent marqués par l’espoir et le succès, mais aussi par la déception et le désespoir », indique un communiqué publié également aujourd’hui à Londres et New York.

« L’état de la population mondiale » est publié chaque année depuis 1978. Chaque année, le rapport est centré sur des questions d’intérêt actuel qui sont aussi une source de préoccupation pour l’avenir. Ces publications ne précède que d’une semaine seulement le Dialogue de haut niveau sur la migration internationale et le développement, au siège de l’ONU à New York. La réunion, qui aura lieu les 14 et 15 septembre, est la première qui rassemble les pays du monde entier pour examiner les nombreux défis et bénéfices de la migration.

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