L’attaque au vitriol de Kostantina Kouneva, syndicaliste immigrée, secoue la société grecque

Femme, immigrée, nettoyeuse et syndicaliste de combat : elle est la victime d’un attentat
patronal d’assassinat au vitriol en décembre 2008.

la Marche mondiale des femmes

Malgré le silence persistant des chaines de TV, la tentative d’assassinat au vitriol
contre la syndicaliste immigrée (Bulgare) Kostantina Kouneva, secrétaire général du
syndicat des nettoyeuses de la région d’Athènes, a secoué l’opinion publique et est
en train de mettre le feu aux poudres aux fondements de la société grecque.
Meetings, manifestations, occupations des bâtiments publics et autres actions de
protestation exemplaires se succèdent à Athènes, Thessalonique et des villes de
province, tandis que se multiplient les actes de solidarité des citoyens " anonymes
" a la victime et son syndicat.

L’émotion des uns et la rage des autres sont facilement compréhensibles si on tient
compte que cette affaire est exemplaire de tout point de vue. D’abord, a cause de
l’extrême barbarie des assassins : ils ont déversé une énorme quantité de vitriol
non seulement sur le visage mais aussi dans la bouche de la victime qui n’a plus ni
estomac ni ¦sophage. Ensuite, en raison du fait que cette victime est à la fois non
seulement femme et immigrée, mais aussi dirigeante d’un syndicat qui organise les
plus exploitées et opprimées des précaires, et est a l’avant poste du syndicalisme

de classe et de combat !

Une affaire révélatrice

Mais, l’exemplarité de cette affaire s’explique mieux quand on sait qu’on a ici une
tentative d’assassinat annoncée, l’aboutissement d’une très longue série des menaces
et des violences de tout ordre, d’une véritable terreur patronale ayant comme cible
Kostantina et ses camarades ! Et tout ça de la part d’un patronat mafieux très lié à
cette social-démocratie néolibérale qui a introduit et généralisé la sous-traitance
au secteur public sous les gouvernements Simitis (1996-2004) : le patron de Kouneva
a été candidat préfet du PASOK aux dernières élections préfectorales.

En somme, cette affaire, arrivant juste après la grande révolte de la jeunesse,
contient tous les ingrédients d’un cocktail social et politique plus qu’explosif !
Mais, a une condition : que la réaction en solidarité avec Kouneva et son syndicat
et contre la terreur patronale soit massive et se fasse dans l’unité. D’ailleurs,
c’est ce que demandent les camarades de Kostantina, c’est ce que souhaite la société
grecque révoltée. Alors, unité d’action sans aucune exclusion de tous ceux qui
allant de Syriza à l’ extrême gauche et même aux libertaires et autonomes se
mobilisent déjà pour préparer une riposte d’envergure digne de la colère populaire
provoquée par la barbarie du crime accompli. Tant en Grèce que partout en Europe.

Georges Mitralias

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