"L’égalité, c’est maintenant !" - Déclaration adoptée à l’issue des rencontres d’été "Féministes en mouvements"

Les Rencontres d’été "Féministes en mouvements" des 2 et 3 juillet 2011 qui se sont déroulées à Evry en France, ont eu un grand succès. 600 personnes ont participé à ces rencontres organisées par 40 associations. A l’issue de l’évènement, les rencontres d’été ont adopté une déclaration finale : "L’égalité, c’est maintenant !".

Claudy Vouhé (Présidente de Genre en Action) et Mama Koite (Vice-présidente) étaient présentes aux Rencontres d’été et ont animé une session sur les femmes dans le développement, parmi de nombreu-x-ses membres français-es du réseau. L’occasion de croiser les regards et les expériences entre celles et ceux qui travaillent le genre au Sud et au Nord.

Déclaration adoptée à l’issue des rencontres d’été "Féministes en mouvements"

Nous, femmes et hommes engagé-e-s dans la lutte pour l’égalité,
exigeons de passer du constat récurrent, des lois non appliquées et de
l’absence de volonté politique, aux actions de transformation réelle de
la société, inscrites dans la durée.

Après 40 ans de mouvements de libération des femmes et de droits
conquis par les mobilisations féministes, les droits des femmes
stagnent, voire régressent. Les inégalités entre les femmes et les
hommes, enracinées dans le système patriarcal, minent notre société et
notre démocratie : elles empêchent l’émancipation des individus.
L’égalité est une condition indispensable du progrès social pour faire
avancer l’ensemble de la société ! La construire, c’est lutter à tous
les échelons contre les stéréotypes et normes sexistes. C’est aussi
combattre l’oppression, la domination, toutes les formes de
discriminations et les atteintes à la laïcité.

Il est urgent de prendre en compte les effets inégalitaires de l’action
publique. Contrairement aux politiques libérales actuelles, la
construction de l’égalité passera par des politiques garantissant et
élargissant les droits sociaux conquis.
Assez ! Nous exigeons l’égalité maintenant !

Dans la perspective de 2012, les programmes des partis doivent en tenir
compte, détailler et chiffrer leurs propositions, et non se contenter
de recopier les promesses des campagnes précédentes : les électrices et
électeurs jugeront sur pièce !
Rassemblé-e-s à Evry les 2 et 3 juilet 2011, pour les rencontres d’été
« Féministes en mouvements », nous exigeons :

- 1. La création d’un ministère d’Etat des droits des femmes et d’une
administration dédiée, dotés de moyens d’intervention conséquents et
appropriés.

- 2. Que l’égalité professionnelle et salariale devienne une priorité
nationale : en contraignant les employeurs et employeuses à mettre en
place l’égalité réelle sous peine de sanctions, en développant le
service public de la petite enfance et en créant celui des personnes
dépendantes.

- 3. Que l’éducation à l’égalité entre les femmes et les hommes fasse partie
intégrante de la formation des actrices et acteurs éducatifs, comme des
programmes d’enseignement, de la petite enfance à l’université.

- 4. Que la lutte contre toutes les formes de violences et de
discriminations envers les femmes se traduise notamment par la mise en
œuvre des dispositifs existants et l’affectation de moyens adaptés.

- 5. Que l’accès libre et gratuit à la contraception et à l’IVG soit garanti
sur l’ensemble du territoire et que l’éducation à la sexualité devienne
une priorité.

- 6. Que la parité dans les instances de décision politique soit effective à
tous les niveaux de représentation dès les législatives de 2012 et que
la réforme territoriale soit profondément revue sous cet angle.

- 7. Que les droits des personnes soient les mêmes pour toutes et tous
quelle que soit leur identité ou leur orientation sexuelle.

- 8. Que l’Etat impose à l’échelon européen une harmonisation par le haut
des droits des femmes.

- 9. Que l’Etat favorise toutes les politiques en faveur des droits des
femmes dans le monde et accorde le droit d’asile aux victimes de
violences sexistes ou sexuelles, dont les femmes victimes du système
prostitueur. Il faut enfin régulariser les travailleuses et
travailleurs sans papiers.

- 10. Que l’Etat reconnaisse comme essentiel le travail mené par les
associations féministes et leur affecte des financements pluriannuels
conséquents, indispensables à la mise en oeuvre d’actions pérennes.

Nous n’attendrons pas plus longtemps : l’égalité, c’est maintenant !

***

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cet article sur le site Osez le féminisme

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