L’égalité des sexes à l’école : et si on en parlait ?

En novembre 2011, à l’initiative de la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité de Rhône-Alpes (France), les équipes éducatives des établissements scolaires de Rhône-Alpes ont été interrogées sur leur positionnement vis-à-vis de l’égalité des sexes (implication, connaissances, pratiques, besoins, etc.).

Environ 3500 membres des équipes éducatives ont répondu à l’enquête initiée par la Délégation Régionale aux Droits des femmes et à l’Egalité, menée par les partenaires de la convention régionale interministérielle pour l’égalité dans le système éducatif (Rectorats et Draaf), la DRJSCS, le Groupe de Recherche En Psychologie Sociale de l’Université de Lyon2 et l’Institut Egaligone (association œuvrant pour l’égalité des 0-9 ans).

La restitution des résultats de cette enquête aura lieu les 10 octobre à Grenoble et 17 octobre 2012 à Lyon. Elle est publique et démarre par un éclairage théorique par Muriel Salle, professeure et historienne. Elle inclura des recommandations et des exemples d’actions menées.

  • Aperçu extrait du document de synthèse secondaire Rhône Alpes :

« La grande majorité des répondant-e-s disent se sentir concerné-e-s par l’égalité (87%), perçoivent le domaine professionnel comme inégalitaire (81% pour les salaires, 75% pour les métiers et 74% pour le temps de travail), et sont 60% à déclarer avoir déjà rencontré des difficultés en lien avec cette thématique. Les enquêté-e-s déclarent massivement penser avoir un rôle à jouer sur cette question (94%), tout comme l’école (97%). En ce qui concerne la capacité à tenir ce rôle, ils et elles estiment plus largement y parvenir que l’école (81% pour 62%), et moins maintenir les stéréotypes de sexe que l’école (29% pour 44%). Précisons que peu d’entre eux et elles semblent connaître les études psycho-sociales mettant en évidence le maintien non conscient des stéréotypes. Comme indiqué plus haut, la majorité des répondant-e-s déclarent avoir déjà vécu, parfois, souvent ou très souvent, des situations difficiles en lien avec le genre dans le cadre professionnel (60%). Pour autant, la plupart n’ont pas bénéficié de formations (84%) et la résolution de difficultés ne constitue pas la première motivation pour en suivre (14% des motivations citées).

Globalement, les répondant-e-s n’accordent pas une grande attention à la dimension de genre véhiculée par les supports visuels et/ou textuels qu’ils, elles ou leurs établissements utilisent (20% à 38% ont répondu « souvent ou très souvent » accorder une attention aux différents supports). Quant ils ou elles disent connaître des outils ou des textes de référence (67%), ce sont en premier lieu les statistiques nationales sur l’orientation scolaire. La convention interministérielle nationale pour l’égalité dans le système éducatif et le site mixité de l’ONISEP sont moins fréquemment cités comme étant connus. Remarquons que l’existence du fonds Aspasie est ignorée (1% de citations).

Peu de nos répondant-e-s affirment connaître le Prix de la Vocation Scientifique et Technique (19%) et encore moins y orienter des jeunes femmes (6% des répondant-e-s). Ce constat pourrait-il expliquer la faible participation à ce prix, qui par ailleurs mobilise souvent les mêmes établissements et départements ? Les principales raisons pour lesquelles les répondant-e-s n’ont pas suivi de formations liées à l’égalité des sexes sont que ces dernières n’ont pas été proposées et que leur existence est méconnue. Ils ou elles sont enclin-e-s à suivre des formations surtout par intérêt personnel et professionnel, de préférence sur le thème de la prévention des violences sexistes. Cependant, la proposition de telles formations risque de se heurter à d’autres occupations ou thématiques professionnelles estimées prioritaires. Sans avoir pour autant recensé de difficultés vécues ni exprimé un besoin de formation sur la législation et la réglementation en vigueur, ils ou elles souhaitent en priorité disposer d’éléments sur le sujet, puis de fiches action.

Comme pour les formations, beaucoup n’ont jamais participé à des actions en faveur de l’égalité (78%), surtout par méconnaissance de leur l’existence (63% des citations). Les modes de financement, quand ils sont connus, sont principalement des subventions publiques extérieures à l’établissement (44% des citations). Quand ces actions existent, elles sont plutôt à l’initiative du comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (33% des citations) et portent sur la prévention des stéréotypes de sexe ou celle des violences sexistes ; ce dernier thème constitue d’ailleurs le premier objet de formation suivie ou souhaitée. »

Pour en savoir plus :

Résultats et inscriptions en ligne sur le site

Résultats pour le primaire et le secondaire dans le département du Rhône

Résultats pour le secondaire dans la région Rhône-Alpes

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