L’intégration du genre en micro finance, un défi à relever

Commentaire de Régine Ayowa, RDC, au éditorial du bulletin d’octobre 2006.

Le sommet mondial de la micro crédit, s’est fixé comme objectif de 2000 à 2005, de desservir de façon très significative les femmes des familles vulnérables. A cet effet, il a collaboré avec les Institutions de Micro finance. Les femmes, interviewées lors de la rédaction de mon mémoire de Licence en 2003, m’ont livré les impressions ci-dessous :

Les IMF ne doivent pas privilégier les intérêts égoïstes en nous imposant leur volonté disaient-elles, sans concertation
sous prétexte que sans elles, les femmes pauvres n’accèderaient pas au crédit.
Je te tiens, dit l’IMF à la femme pauvre ;
Tu ne me payes que de faibles ressources pour assurer les services auxiliaires,
Tu n’as ni compétence avérée, ni formation en gestion ou en marketing,
Tu travailles souvent sans capital propre, ni garanti,
Tu utilises parfois mon dû pour satisfaire tes charges familiales,
Tu n’apures pas tes prêts aussitôt tu en sollicites d’autres,
Tu fais obstruction aux hommes d’affaires qui m’auraient rapporté d’importants bénéfices,….

C’est vrai, tu me tiens, répond la femme ;
Mais je te tiens moi aussi,
Parce que si les femmes de ma condition te quittaient,
Tu ne trouverais pas de clients.
Tes conditions de prêt : recouvrement journalier, hebdomadaire ou mensuel ;
Ton échéancier à court terme,
Ton mini crédit,
Ta simple carte ou fiche d’entrée et sortie….
N’intéressent aucun homme qui veut sécuriser son entreprise ou ses avoirs.
Et puis, des femmes de ma condition,
Qui comptent sur les recettes journalières pour la survie,
Ont-elles le temps à perdre devant tes guichets comme il en est le cas ?
Puisque tu ne peux exister sans moi
Et que je ne peux évoluer sans toi,
Aidons-nous à nous perfectionner !

Commentaire

Comme vous pouvez le constater, les besoins spécifiques des femmes actrices dans ce domaine sont notamment : - la révision de l’échéancier de remboursement qui demeure un quasi harcèlement morale , l’adaptation ou mieux la négociation avec chacune d’elle individuellement pour arrêter le montant de prêt aux fins de favoriser une véritable autonomisation et de faire face aux charges familiales de manière conséquente, la sécurisation de leurs prêts ou mises par un document mieux conservable en lieu et place d’une simple la carte ou fiche de crédit, le recouvrement à leur lieu de travail pour leur éviter une perte de temps alors qu’elles courent journalièrement derrière la pendule, l’implication des femmes dans la recherche des solutions pouvant améliorer les conditions d’octroi des crédits, la gratification des clientes en ordre…
La Grameen Bank a-t-elle résolue tous ces problèmes spécifiques de ces clientes ? Si oui, elle mérite nos applaudissements. Si non, son aide n’est qu’une exploitation tacite pure et simple.
Telle est ma modeste contribution.

Régine Ayowa, ayowaregine chez yahoo.fr

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