L’opinion des femmes dans les pourparlers sur le changement climatique

Le bulletin d’Avril 2011 du World Rainforest Movement a consacré un article à la session des pourparlers de l’ONU sur le changement
climatique qui s’est tenue à Bangkok. Il s’agissait de la première session après la conférence de Cancún de décembre 2010. Les discussions se sont focalisées sur de nombreuses questions qui n’avaient pas pu aboutir sur un accord à Cancún.

Les options proposées allant de mal en pis, les organisations de femmes ont
élevé la voix pour réclamer avec force des solutions réelles.

GenderCC a dénoncé que « dans leurs engagements, les pays développés continuent
de se soustraire à leur responsabilité historique, à s’accrocher à des solutions
fausses et risquées et à esquiver les mesures destinées à prévenir la crise
climatique actuelle
 » [1]. À titre d’exemple, « l’énergie propre » « continue
d’inclure l’hydro-électricité à grande échelle, alors que celle-ci a toujours
provoqué l’expulsion forcée des communautés du Mékong et d’autres régions,
dégradé les fleuves et la diversité biologique, en dépit des "précautions"
adoptées par les bailleurs de fonds et, surtout, par les banques multilatérales
de développement. L’organisation a souligné aussi la menace que représentent
les projets REDD+, « de fausses solutions qui risquent de provoquer une ruée
pernicieuse pour les ressources et susciter des situations de danger, de
déplacement et d’affaiblissement
 ».

De même, un groupe de membres d’organisations sociales et d’organisations de
femmes de la région Asie-Pacifique ont réclamé « des engagements pour la justice
climatique qui soient réels, vigoureux, urgents et sensibles aux spécificités
des sexes
 » [2]. Teresita Vistro, responsable de la coordination pour le
changement climatique du Forum sur les femmes d’Asie-Pacifique (APWLD en anglais), a souligné que « les pauvres, et en particulier les femmes des zones
rurales et urbaines vulnérables aux catastrophes, se heurtent à l’aggravation
des difficultés de leur vie quotidienne à cause du changement climatique. Il
s’agit des premières victimes de ces catastrophes climatiques
 ».

Après presque
deux décades de pourparlers, les pays industrialisés, principaux responsables de
la crise climatique actuelle, montrent que « leurs intérêts commerciaux
nationaux passent avant la vie et le bien-être des habitants de toute la planète
et, en particulier, de ceux des femmes et des enfants pauvres
 », a déclaré
Frances Quimpo, membre d’Action populaire sur le changement climatique (PACC) et
du Conseil international sur l’éducation des adultes (ICAE). Elle a ajouté que « 
le réchauffement planétaire touche déjà tout le monde sur tous les continents,
mais ce sont les nombreux pauvres du monde qui le paient le plus cher, car ils
le paient de leur vie
 ».

À Bangkok, en plus des femmes, le mouvement paysan La Vía Campesina a appelé « 
tous les gouvernements à défendre la justice climatique et à donner leur soutien
aux solutions et aux revendications énumérées dans l’Accord des Peuples de
Cochabamba, qui défend les droits des gens et de la Terre-mère et qui est une
solution concrète de la crise climatique
 ». Il réitère que « l’agriculture
artisanale et familiale est une solution authentique et concrète du changement
climatique. Beaucoup de recherches ont montré que l’agro-écologie permettra non
seulement d’alimenter le monde mais aussi de refroidir la planète
 » [3].

En outre, plusieurs ONG ont envoyé une lettre [4] à la ministre des Affaires
étrangères du Mexique, Patricia Espinosa, et à la Secrétaire générale de la
CCNUCC, Christiana Figueres, où elles attaquent le Fonds vert pour le climat
(GCF) – censément créé pour répondre aux besoins urgents et aux droits des
peuples et des communautés des pays du Sud – auquel participent des banques
multilatérales de développement, ainsi que la Banque mondiale en tant
qu’administrateur provisoire. Ces organisations fondent leur opposition sur « 
l’expérience des conséquences dévastatrices pour la société et l’environnement
qu’ont eues les activités et les politiques de ces institutions, et sur le fait
qu’elles continuent de financer la destruction du climat. Malgré les crises
climatique et économique, la Banque mondiale continue de financer à un rythme
alarmant des projets pétroliers, d’appuyer des solutions fausses de la crise
climatique et d’utiliser des instruments de financement qui augmentent
l’endettement des pays en développement. Par conséquent, la Banque mondiale est
mal placée pour donner des conseils sur la conception d’un fonds qui doit
fournir un financement juste, efficace et de longue durée, basé sur les
principes de l’intégrité environnementale, de l’équité, du développement durable
et de la démocratie
 » et qui, en outre, doit être « capable de répondre aux
besoins urgents et aux droits des peuples et des communautés de tous les pays du
Sud
 ».

Article fondé sur des informations tirées de :

- [1] “Still A Frozen Pie : GenderCC on the Bangkok Intersessional Meeting 2011”,
déclaration à la presse de GenderCC, 7 avril 2011,
http://www.gendercc.net/metanavigation/press.html.
- [2] “Decommission the Fukushima nuclear plants and nuclear plans all over the
world”, résolution de l’Asian Rural Women’s Coalition (ARWC) adoptée le 30 mars
2011 à Chennai, en Inde, pendant la ‘Conférence sur le centenaire de la
résistance des femmes : droits, responsabilisation et libération’,
http://www.asianruralwomen.net.
[3] “La Via Campesina opposes the inclusion of agriculture in carbon markets”,
communiqué de presse de La Vía Campesina, 11 avril 2011,
http://www.viacampesina.org/en/index.php?option=com_content&view=article&id=1064:la-via-campesina-opposes-the-inclusion-of-agriculture-in-carbon-markets-&catid=48:-climate-change-and-agrofuels&Itemid=75.
[4] “Global Civil Society Wary of World Bank Role in New Funds”, 5 avril 2011,
http://www.rrn.org.np/index.php?option=com_content&view=article&id=117%3Aglobal-civil-society-wary-of-world-bank-role-in-new-funds&catid=17%3Apress-release&Itemid=99&lang=en.

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Source : World Rainforest Movement

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