L’ordre sexué - La perception des inégalités femmes-hommes

Annonce la publication de L’ordre sexué – La perception des inégalités femmes-hommes dans la collection « Le lien social » des PUF, novembre 2007.

Auteure :
Réjane Sénac-Slawinski
Chargée de recherche au CNRS
Equipe de Recherche sur les Inégalités Sociales du Centre Maurice Halbwachs
(EHESS - ENS)
http://r.senacslawinski.free.fr

Quatrième de couverture :
Les mentalités évolueraient-elles plus vite que les pratiques en terme d’égalité entre les sexes ? La presse rivalise de sondages tendant à le démontrer. Plus de femmes aux responsabilités, voire une femme à l’Élysée, telle est la demande sociale si l’on en croit les médias.
À travers une enquête qualitative sur la perception des différences légitimes et illégitimes entre les femmes et les hommes, ce livre questionne la boîte noire des mentalités en examinant les liens entre les ordres jugés justes, en particulier l’ordre naturel, social et politique. Au-delà de la polysémie de la notion d’ordre renvoyant à la fois au registre du classement, de la hiérarchisation et à celui de l’autorité, l’analyse de « l’ordre sexué » éclaire les enjeux des stéréotypes sexués dans les conceptions du lien social.
Il s’agit donc d’interroger les liens entre les différences « naturelles », les inégalités construites et les politiques d’égalité entre les sexes en se fondant sur l’analyse des représentations et non des pratiques. Ce choix part du constat du décalage entre la richesse des travaux universitaires et des enquêtes institutionnelles sur les inégalités entre les sexes et le peu d’études sur les significations qui sont données à ces inégalités aussi bien au niveau individuel que social.

Résumé :
La candidature de Ségolène Royal à l’élection présidentielle de 2007 a mis à jour un tabou dans la mesure où pour la première fois en France, une femme a été en position de devenir le père de la nation. Les polémiques suscitées par sa candidature, et plus récemment l’engouement médiatique autour de l’élection de femmes à la tête d’un Etat, par exemple de Cristina Fernandez de Kirchner en Argentine, illustrent que le pouvoir des femmes dans l’espace public par excellence, le monde politique, est encore vécue comme une transgression.
Le défi de cet ouvrage est d’éclairer la manière dont, aujourd’hui en France, l’altérité, à la fois au sens de différent et de marginal, questionne le mythe de l’égalité républicaine. La différence sexuée est-elle différente des autres et si oui en quoi permet-elle de penser le rapport à l’Autre dans notre démocratie ?
Pour répondre à cette question, nous avons effectué une enquête qualitative qui interroge les liens entre la perception de l’ordre sexué, entendu comme l’autorité normative définissant ce que doit être la place respective de chaque sexe dans la sphère publique et privée, et les différents ordre jugés justes : naturels, sociaux et politiques.
Les tensions entre les entretiens recueillis et au sein de ces entretiens révèlent la cohabitation de principes de justice concurrents, voire contradictoires, pour répondre à cette interrogation : l’équité, l’équivalence, l’égalité et l’émancipation. Ainsi, la typologie élaborée, entre modèles de l’harmonie naturelle et modèles du droit à l’égalité, incarne la complexité des conceptions du « vivre-ensemble » et des valeurs qui le fondent, le principe d’égalité étant défini alternativement comme synonyme utopique de similitude ou comme seul horizon juste.

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