La Déclaration de Tunis s’efforce de mettre fin aux violences sexistes

Lors d’une réunion à Tunis, le 22 juin 2007, les dirigeants maghrébins et leurs homologues espagnols ont affirmé leur détermination à lutter contre les violences sexistes. La Déclaration de Tunis qui en a résulté détermine un plan concret d’action pour les nations participantes, et a pour objectif d’éduquer les populations et d’établir les structures des institutions de soutien des victimes de violence domestique.

28/06/2007

Le Ministère tunisien de la Femme et des Affaires Familiales et l’Agence Internationale de Développement espagnole se sont entretenus lors d’une rencontre de deux jours à Tunis le 22 juin, sur le sujet de la prévention de la violence sexiste. Cette rencontre a été l’occasion d’établir un texte, appellé la Déclaration de Tunis, un document qui appelle à de nombreux changements, dont la création d’une institution maghrébine chargée de contrôler les violence sexistes.

Le groupe de surveillance aurait pour charge de soutenir les politiques anti-violence, notamment dans les foyers, de mener à bien des recherches et des études, de faciliter les échanges au niveau des connaissances préventives et d’établir des bases de données et un plan régional d’envergure.

La Déclaration de Tunis propose la création d’un réseau de partenariat entre le Maghreb et l’Espagne afin de soutenir le dialogue et le débat sur la violence contre les femmes, et de soutenir ces dernières lorsqu’elles en sont victimes. Les nations partenaires mèneraient une campagne dans les médias dont l’objectif serait d’éveiller les consciences, et de lutter contre la violence et ses causes.

Nabila Hamza, représentante du Bureau National pour la Famille et la Population en Tunisie, déclare à Magharebia que "Cette rencontre nous offrait l’opportunité d’annoncer [notre] détermination à partager entre pays voisins nos expériences dans le domaine de la lutte contre la violence commise envers les femmes, à nous faire part respectivement de nos études et de notre propore expérience, entre nations du Maghreb ou [avec] l’Espagne."

"L’Espagne a des lois et des législatios progressistes lorsqu’il s’agit de défendre les Droits de la femme, et elle s’efforce de faire partager ces nouvelles normes aux pays qui y sont sensibles", dit à Magharebia Carolina Mayeur, sous-directrice générale espagnole de Coopération avec les Pays du Bassin méditerranéen.

Les participants aux activités de cette réunion étaient des représentants gouvernementaux et associatifs venus d’Espagne, des pays du Maghreb, des Nations-Unies et d’autres organisations internationales, ainsi que des experts et des universitaires de haut-niveau.

Ridha Kechrid, Ministre tunisien de la Santé Publique, a déclaré que cette réunion marquait une étape importante dans l’établissement d’un partenariat dans le domaine de la lutte contre la violence faite aux femmes, et dans la construction d’un vaste réseau de services de prévention. Il a souligné les effets négatifs de la violence domestique sur les enfants et la famille.

Ce sont presque 25 pays, dont la Tunisie, le Maroc et l’Algérie, qui ont affirmé leur volonté de mettre en oeuvre des stratégies nationales permettant d’éradiquer le phénomène de la violence sexiste.

Le plan tunisien comprend l’étude des causes et des effets de la violence sexiste sur la santé, sur la société et l’économie, il prévoit aussi le lancement d’une campagne médiatique ayant pour objectif d’éduquer les tunisiens, et en particulier les jeunes, sur l’identification et la prévention. Il annonce l’établissement d’une base de données étendue pour permettre l’évaluation et le suivi des incidents et des modes utilisés dans les violences sexistes.

Le Ministre tunisien de la Femme et des Affaires Familiales a entrepris une étude qui a démontré que la violence envers les femmes n’était pas le fait de groupes sociaux spécifiques, même si elle se trouve exacerbée par des conditions de pauvreté. Elle a aussi révélé que 50% des femmes victimes de violence physique souffrent également de maltraitance verbales. L’étude a montré que l’abus d’alcool intervient dans 77% des cas rapportés de violence domestique, et que la mariage forcé est également impliqué dans 60% des cas.

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com. (source : http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/fr/features/awi/features/2007/06/28/feature-02)

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