La femme est l’avenir de l’Afrique

Le constat est d’évidence : reconnaître certains droits à la femme contribuerait à l’aider à imprimer sa marque dans la vie publique de son pays. L’Afrique l’a compris ; c’est fort de cela que la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples reconnaît et garantit dans son article 2 à toute personne sans discrimination de sexe, la jouissance des droits et libertés.

Le constat est d’évidence : reconnaître certains droits à la femme contribuerait à l’aider à imprimer sa marque dans la vie publique de son pays. L’Afrique l’a compris ; c’est fort de cela que la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples reconnaît et garantit dans son article 2 à toute personne sans discrimination de sexe, la jouissance des droits et libertés.
Malgré cela, on constate que dans la société africaine actuelle, il existe un fossé entre la théorie et la pratique de la vie quotidienne. Comment faire pour gommer les mauvaises habitudes et changer les mentalités ? Il s’agit là d’une œuvre de longue haleine, étant donné que depuis Mathusalem, l’homme a toujours tenu le gouvernail et la femme condamnée à demeurer sous son joug.

Dans la plupart des pays africains et même dans les pays les plus développés, les postes ministériels et parlementaires sont encore réservés aux hommes, à plus de quatre-vingt pour cent. Malgré cela, on parle toujours d’égalité d’accès à l’emploi dans tout ces pays, sans la moindre gêne. Mais comment parler d’égalité d’accès à l’emploi lorsque certains secteurs ont un effectif féminin réduit ? Ainsi, après avoir reçu la même instruction que l’homme, la femme n’a pas le droit d’accéder à certains emplois, dans certains domaines. Révélatrice à cet effet est la position de la Cour de Justice des Communautés Européennes qui, sans aucune ambiguïté, a dans deux espèces (C.J.C.E., 13 Mai 1986, affaire Bilka, n°170/84 et26 Octobre 1999 et affaire Sirdar, C 273/97) dressé une liste d’activités où la femme n’était pas la bienvenue. Il s’agit des activités de police exercées dans une situation de troubles intérieurs graves, du service dans certaines unités combattantes et de la surveillance des prisons. Même lorsqu’elles sont admises à l’emploi, on note une discrimination dans la rémunération. La Convention numéro 10 de l’Organisation Internationale du Travail sur l’égalité de rémunération entre la main d’œuvre féminine et la main d’œuvre masculine pour un travail de valeur égale adoptée en 1951 n’a pas été ratifiée par un bon nombre d’Etats africains. Quand bien même ils le ratifieraient qu’ils ne le respecteront point ! C’est dire, sans risque d’être démentie, tout le malaise socio-économique dans lequel se trouve la femme africaine. Que faire ?
Les hommes en général et les gouvernants en particulier n’ont pas encore mesuré l’ampleur de la chose. Le développement économique est la clef de voûte de toutes leurs actions ; mais ils ignorent que le développement humain ne devrait pas être en reste. Le développement économique et le développement humain doivent aller pour ainsi dire de pair dans la lutte contre la pauvreté.
En Afrique subsaharienne, plus de la moitié de la population est féminine. Il paraît indispensable de tracer les axes d’une politique de coopération spécifique en faveur des femmes sous peine de condamner à l’échec toute stratégie de développement. En tout cas, le comité des ministres du conseil de l’Europe reste " convaincu qu’une démocratie où les femmes sont sous représentées aux différents échelons de la prise de décision dans les secteurs politique, économique et social n’est pas une démocratie véritable. Tant que les hommes et les femmes ne pourront pas travailler ensemble sur un pied d’égalité, en partageant les mêmes droits et les mêmes responsabilités, nos démocraties ne seront pas dignes de ce nom " (contribution spécifique du conseil de l’Europe au processus préparatoire de la quatrième conférence mondiale sur les femmes de Pékin du 4 au 15 Septembre 1995).
Pareille déclaration prouve à l’envi que ce n’est pas de si tôt que nos démocraties sortiront de l’ornière tant il y a à faire et que rien n’est fait. Seuls 2 pays africains, à savoir la Tunisie et le Rwanda ont décidé de franchir le rubicond : la moitié des postes de responsabilité y est occupée par les femmes aussi bien à l’exécutif, au législatif qu’au judiciaire. Ces 2 Etats ne s’en portent pas mal pour autant ; nous dirons même qu’ils se portent plutôt bien. Alors comme qui dirait, à qui le tour ?
Ne nous voilons pas la face. L’importance de la femme est encore trop largement ignorée en Afrique. Pourtant, elle a un rôle essentiel dans le développement du continent. Traitée la plupart du temps comme une moins que rien, elle travaille dans l’ombre (en vrai titan) et ne bénéficie pas toujours des retombées de son travail. Et cela sans compter qu’en Afrique subsaharienne, plus de la moitié de la population a moins de quinze ans et c’est à la femme que revient la charge de cette jeunesse (nutrition et éducation). Comment peut-elle parvenir à ses fins si elle a les mains liées, si sa formation n’est pas améliorée, si elle ne donne pas libre cours à ses aspirations ?

Sans vouloir paraître sexiste, il a été remarqué que lorsque les femmes sont associées à une activité, les résultats ne tardent pas à être palpables. Il est donc souhaitable dans toute la mesure du possible, de favoriser l’intégration des femmes dans les projets de développement. D’ailleurs, selon une étude menée en ce sens, les revenus d’un pays augmenteraient de dix à vingt pour cent si les femmes étaient plus éduquées et avaient accès à l’emploi. Que d’argent perdu par notre Afrique si pauvre. Alors messieurs, réfléchissez-y !

Ndounkeu Eliane elianendounkeu chez yahoo.fr

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