La lauréate du « Olof Palme » interdite de cérémonie !

Le 3 mars 2008, au moment où elle devait s’envoler vers Stockholm pour recevoir le prix « Olof Palme » qui lui a été attribué le mois dernier pour ses activités de défense des droits humains, Parvin Ardalan, journaliste, féministe et membre active de la campagne « Un million de signatures pour l’abrogation des lois discriminatoires envers les femmes en Iran », a été contrainte par les agents de l’ordre de la République islamique de descendre de l’avion. Selon les dernières nouvelles en provenance de Téhéran, le passeport de Parvin Ardalan a été confisqué et elle doit maintenant s’adresser à l’institution concernée pour « clarifier son dossier ».

Cet acte vise à faire taire les membres des mouvements de la société civile en Iran. Il s’agit ainsi de jeter le voile sur les femmes militantes comme Parvin Ardalan pour que la voix des femmes iraniennes revendiquant la liberté et l’égalité ne retentisse sur la scène internationale.
Ne pouvant se rendre en Suède pour recevoir le prix Olof Palme, elle a envoyé un discours filmé dont nous vous donnons la traduction française (voir document joint). Ce discours est porteur d’espoir sur plus d’un point. Parvin y souligne l’importance du mouvement féministe en Iran, un pays où l’islamisme règne depuis trois décennies. Elle dresse un bilan noir du pouvoir en place en matière de droits humains et d’égalité entre les sexes, mais insiste sur la résistance civile qui se développe de plus en plus dans ce pays, où, comme elle le dit, le mouvement des femmes se trouve au centre du combat pour la démocratie et la justice sociale. Parvin revient aussi sur l’importante leçon d’histoire que constitue la révolution iranienne (1979), lors de laquelle les questions liées aux droits des femmes ont été minorisées par rapport aux « objectifs révolutionnaires ». Le mouvement féministe actuellement actif en Iran réclame haut et fort une place centrale pour ces questions au sein des mouvements sociaux et politiques.

Ambigüité du féminisme islamique

Malgré la répression justifiée au nom de la religion, Parvin revendique son identité séculière. Cet acte doit nous amener à réfléchir sur les visions et théorisations, répandues par le « relativisme culturel », qui cherchent à imposer la religion comme source d’identité et arrivent ainsi à promouvoir des concepts ambigus tels que le « féminisme islamique ».
Enfin, Parvin dit et redit le rôle des mouvements féministes, au-delà des frontières géographiques de l’Iran, dans l’enrichissement des idées et l’avancée des mouvements des femmes à l’intérieur du pays. Elle insiste sur l’importance de la solidarité internationale.
Au lendemain du 8 mars, ce discours nous transmet beaucoup de force pour continuer le combat qui est le nôtre : lutter contre les extrémismes religieux et politiques pour faire progresser la liberté et l’égalité entre les hommes et les femmes.

Pour le réseau international de solidarité avec les féministes en Iran
www.iran-women-solidarity.net

Contact :
iran.feministe chez gmail.com

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Discours de Parvin Ardalan

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