La stigmatisation à la lumière d’une perspective différenciée selon les sexes

Ces dernières années, la stigmatisation que vivent les personnes aux prises avec une maladie mentale et des problèmes de toxicomanie a suscité plus d’attention au Canada que par le passé. Même s’il s’agit d’un concept connu dans le domaine de la santé mentale, la stigmatisation désigne un phénomène assez complexe, mais souvent simplifié à l’extrême. Ce livre met en lumière la complexité du phénomène qui se doit d’être appréhendé par une entrée sexospécifique.

Ces dernières années, la stigmatisation que vivent les personnes aux prises avec une maladie mentale et des problèmes de toxicomanie a suscité plus d’attention au Canada que par le passé. Même s’il s’agit d’un concept connu dans le domaine de la santé mentale, la stigmatisation désigne un phénomène assez complexe, mais souvent simplifié à l’extrême. Ce livre met en lumière la complexité du phénomène qui se doit d’être appréhendé par une entrée sexospécifique.

Un rapport publié en 2008 par l’Association médicale canadienne démontre l’omniprésence du phénomène. En effet, seule la moitié des Canadiennes et des Canadiens oseraient dire à un ami qu’un membre de leur famille souffre d’une maladie mentale ; 46% pensent que le terme « malade mental » est utilisé comme une excuse pour s’être mal comporté. L’une des principales initiatives de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) concerne la mise sur pied d’une campagne nationale de lutte contre la stigmatisation. Selon la Commission, celle-ci encouragera les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale à chercher de l’aide tout en contribuant à éliminer la stigmatisation dont ils font souvent l’objet.

Même s’il s’agit d’un concept connu dans le domaine de la santé mentale, la stigmatisation désigne un phénomène assez complexe, mais souvent simplifié à l’extrême. Le terme est employé comme fourre-tout pour désigner toute une série de croyances, d’attitudes et de réactions négatives relativement à la santé mentale. Toutefois, on oublie souvent de préciser que la stigmatisation est le produit d’une structure de pouvoir social qui en favorise l’existence.

Comme l’écrivent Bruce Link et Jo Phelan dans Conceptualizing Stigma, la stigmatisation repose sur « l’accès au pouvoir social, économique et politique qui permet […] l’expression sans retenue de la désapprobation, du rejet, de l’exclusion et de la discrimination ». La recherche démontre la discrimination active et l’usage à mauvais escient du pouvoir constituent les aspects les plus dommageables de la stigmatisation, outre l’usage des étiquettes et des stéréotypes.

Pour mettre en place une stratégie efficace contre la stigmatisation, il faut saisir la complexité du phénomène en se fondant sur des données probantes. Il faut reconnaître
notamment que la stigmatisation se vit et se pratique de façon différente selon qu’on est une femme ou un homme. Toute campagne ou programme de lutte contre ce phénomène qui
ne tiendrait pas compte de ces éléments risquerait d’échouer et de gaspiller les ressources investies, souvent considérables.

***

Pour consulter et télécharger cet article :

Le réseau Canadien pour la santé des femmes
Pages 16 à 19

Télécharger

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter