Le Soufisme signifie t-il la négation abjecte des Droits de la Femme ?

L’article de M. Daouda Diop répond à celui de Serigne Fallou DIENG Responsable/Dignitaires du Cercle des Intellectuel(le)s Soufi(e)s paru dans la livraison du journal "Le Matin", du 18 Novembre 2008, sur la place des femmes et du féminisme dans le soufisme.

La question mérite d’être posée après le parcours de l’article/réflexion et mise en perspective historique et sociale de Serigne Fallou DIENG Responsable/Dignitaires du Cercle des Intellectuel(le)s Soufi(e)s paru dans la livraison du journal "Le Matin", du 18 Novembre 2008. En effet sur tout le long de l’article monsieur Serigne Fallou DIENG en bon Sénégalais et en bon exploiteur avéré des sentiments d’attachement à la religion musulmane et des réflexes conservateurs de la majorité des Sénégalaises et Sénégalais englué(e)s dans l’idéologie du patriarcat, se couvre du manteau de l’Islam, pour déverser et propager sa propre thèse ante et anti-islamique.

Ce procédé, cette méthode réductrice par sophisme et tortuosité monstrueuse est le lot ou le courage à rebours de toutes les personnes qui, pour se mettre au devant sans "coup férir" ont toujours besoin de se couvrir des précautions du faux guerrier, afin d’éviter toute riposte pointées et bien articulées, se parent et se pavent du manteau de la religion pour mettre en rempart la lutte mécréante contre la religion de l’immense majorité devant toute personne susceptible de leur rabattre le caquet. C’est exactement ce que fait notre Serigne Fallou DIENG Responsable du Cercle des Intellectuel(le)s Soufis.

Avant d’en venir au contenu de son article, nous aimerions donner notre compréhension de ce qu’est le soufisme. Le soufisme (les moines le pratiquent) renvoie à une pratique d’une doctrine religieuse avec des comportements hautement appréciables et d’une moralité rigoureuse, ayant pour seule base la dévotion à Dieu passant par le service aux humain(e)s pour les éclairer et les orienter au mieux afin qu’hommes et femmes vivent l’épanouissement optimal sur terre tout en préservant intactes toutes leurs chances d’accéder au paradis. Pour ce qui en ait de la religion musulmane, elle consacre l’Egalité et le respect scrupuleux entre tous les être humains quels que soient leurs sexes pour une bonne organisation et un bon management de la société au profit aussi bien des hommes que des femmes, et au plan politique et au plan économique et au plan social ,et au plan du rayonnement culturel et spirituel. Dans le coran pour ce que nous en savons, Dieu ne parle aux humains qu’en s’adressant en même temps et à l’homme et à la femme. Rares sont les cas où Dieu parle uniquement à l’homme et à la femme. Ces cas peuvent être considérés à la limite, comme des "Luxes du Coran" pour paraphraser Engels dans "L’origine de la Famille, de la Propriété Privée et de l’Etat".

Aussi, nous ne saisissons pas au travers de sa contribution de quel soufisme se réclame notre Serigne Fallou DIENG pour se décliner en plus comme Responsable du Cercle des Intellectuel(le)s Soufi(e)s du Sénégal. Toute sa contribution vise à ravaler les femmes en seconde zone, soumise aux hommes qui règnent sur elles avec tous les avantages et droits en ne leur conférant que des succédanés d’autorisation mais surtout des devoirs et contraintes.

Pour mieux réussir son entreprise de diabolisation de toute personne qui s’engage et lutte pour la promotion des femmes il fait appel au concept de féminisme dont la majorité des Sénégalaises et Sénégalais se méfie voire se démarquent, pour décourager toute riposte. Ecoutons le : "l’acteur féministe n’est pas franc dans sa démarche et cherche à berner la conscience des religieux en arborant la camisole de la famille pour mener un combat purement féministe". Il faut simplement lui rappeler que le féminisme dans sa quintessence, n’est rien d’autre qu’un mouvement disparate de revendications diverses des femmes pour la proclamation de leurs droits comme Edits - se rappeler de l’Edit de Nantes - à intégrer dans les constitutions et législations nationales et internationales. La perspective étant une société humaine ayant pour socle de base structurant un "Nouveau Contrat Social de Genre" permettant aux hommes et aux femmes de vivre dans une harmonie sociale la plus parfaite possible portant et préservant l’égalité de chances de chacune de ses composantes quels que soient leurs sexes, leurs races, leurs classes, leurs groupes sociaux socioéconomiques et socioculturels. Ainsi l’entrée au paradis se fera sur la base de la recherche constante sur terre du bonheur de chacun et de chacune par chaque être humains et non plus du "muñal ci sa naxkar yi, Yala dana la xaare aldiana"dont il est douteux qu’il puisse conduire une personne quelconque au paradis : "Gratification Suprême" de Dieu à l’homme et à la femme. Je doute fortement que le "muñ"dans le fatalisme, le renoncement au combat et le pessimisme puisse amener une personne au paradis. C’est vouloir leurrer et berner les femmes que de chercher à leur faire croire et s’accrocher à cette assertion d’un âge obscur.

Notre Serigne Fallou DIENG pour apeurer, culpabiliser et dissuader les musulman(e)s qui s’engagent dans la lutte pour le respect du principe d’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les actes de la gestion publique, donc des affaires de la cité avance : "Parce que devant un aussi important dossier que constitue le pilotage de la famille, les islamologues doivent être impliqués davantage dans des rôles plus profonds que ceux d’écran de fumée qu’est de prêcher des vertus islamiques, en lieu et place de donner un avis islamique clair et précis vis-à-vis du code de la famille sénégalais. C’est la où se trouve le pot aux roses de la tricherie féminine".

Il convient de relever qu’un avis fondé rigoureusement sur le Coran, ne peut que s’accorder avec la liberté pour la femme de travailler, de jouir de ses biens, de participer à la gestion de la cité sur un pieds d’égalité et à égalité de chances et de traitement avec les hommes. Et ceci ne peut pas se faire uniquement dans la sphère domestique car l’essentiel des merveilles du monde en dehors des enfants garçons comme filles, se conquièrent et se vivent en dehors du foyer, ceci toutefois, devant se faire en présence et au profit des membres de la famille et non de façon égoïste comme c’est hélas souvent le cas dans notre société sénégalaise.

Coincé par le vocable "puissance paternelle" qui est une aberration qu’aucun autre vocable ne peut mieux remplacer que "autorité parentale", il s’emballe en affirmant : "A mon sens il n’y a des termes qui collent le mieux aux réalités sénégalaises que le vocable puissance paternelle, qui ne saurait nullement être perçu comme une autorité ferme voire péremptoire ou un pouvoir exorbitant aux contours despotiques entre les mains du mari. Parce que ce pouvoir n’est que relatif quand on sait que, toute décision prise par le père qui soit contraire à l’intérêt de l’enfant ou de la famille, pourrait être modifiée ou rapporté par le juge selon la lettre de la très controversée et bête noire disposition juridique pour les femmes, à savoir l’article 152". Serigne Fallou Dieng cependant le Soufi ne cite cependant aucun cas où cette disposition a été appliquée. Eût-elle été appliquée ou quelque par en Afrique, le cas relèverait des "luxes de l’histoire"qui ne sauraient être la base d’une argumentation pour une présence massive et prégnante sur le vécu quotidien des femmes un peu partout dans le monde. Mais notre "cheikh"se voit contraint de se parer de dehors qu’il ne vit lui-même et ne pratique certainement nulle part dans sa quotidienneté avec les communautés sénégalaises.

Pour ressortir une nette césure entre les femmes à la base et les combattantes et combattant de l’émancipation des femmes qu’il taxent d’essayer de les embrigader, il fait appel aux femmes rurales en ces termes : "Il est souhaitable de recentrer le débat conséquemment, sur les préoccupations de développement local, afin que l’action féminine puisse répondre aux impératifs d’amélioration des conditions d’existence pour les femmes surtout l’allégement de leur précarité socio-économique entre autres et le relèvement de leur niveau de vie. Pour elles tout plaidoyer qui ne porte pas sur ce sujet relève tout simplement du dérivatif et de diversion et représente carrément à leurs yeux de déni de priorités."

Là, il manifeste une ignorance notoire des préoccupations d’accès aux instances communautaires de d’orientation et de décisions exprimées aussi bien et publiquement de plus en plus massivement partout dans le pays par les femmes des banlieues et les femmes rurales de Rebeus, Pikine, Thiaroye à Salémata, Bandafassi, Keur Momar Sarr, Bambey, Kébémer, Noto, Mékhé, Tivaouane, Pire, Monrollant, Ndoffane Nioro, Kaymor, Sikatroum, Dioulourou, Touba , Mbacké, Diourbel, Kaffrine, Ndoffane, Naikhar, Nganda, Nianda, Aelé Lao, Agname, Bakel Diawara, Kafountine, Kounguel, Richar Toll, Mbane, Mbame, Gossas, Guiguénew, Malicounda, Dindéfélo, Ourossogui, Podor, etc., en somme partout au Sénégal.

En effet les femmes de tous les terroirs du Sénégal proclament que la revendication de la parité ne doit pas être cantonnée dans les villes au niveau des femmes dites intellectuelles et qu’elles leur concernent plus qu’à toute autre. Car ce sont elles qui en ont besoin pour dégager les politiques qui leur permettront de s’activer, de se soigner, de se former, de scolariser leurs progénitures (garçons comme filles), d’assurer le développement de leurs localités et partant de s’épanouir et les femmes des dahiras de tous les "tarikhas" y prennent part en temps qu’actrices franchement impliquées (des leaderes femmes de Tivaouane représentatives de tous les groupes sociaux de leurs paires, ont résolu il y’a quelque deux mois d’aller rencontrer Serigne Abdoul Aziz Sy Junior à l’approche des élections locales pour lui demander de soutenir la candidature d’une femme à la mairie de la ville et comme présidentes de certaine communautés rurales du département. Une femme fille du vénérable et Respectable Serigne Souhaiihibou Mbacké est pratique Cheffe de village dans la région de Kaolack et y mène des activités de développement au profit de toute la communauté en investissant ses moyens propres et en recherchant des moyens aussi bien auprès des institutions que de toutes bonnes volontés soucieuses du développement des terroirs. Dans le Baol (département de Mbacké, Bambey ou Diourbel), un marabout respectable conscient de la valeur et des capacités des femmes, a parrainé la candidature de l’unique femme actuelle présidente de communauté rurale à savoir madame Yakou Kane qui préside en ce moment la Conseil Rural de Gawane.

Ce marabout dont la notoriété et le sacrement sont plus établis que celle certainement de tous les membres dudit "Cercle des Intellectuel(le)s Soufi(e)s", est-il mécréant ou contre l’Islam ou abusé et en perdition à cause du combat des féministes femmes comme hommes ? Notre fameux Serigne Fallou DIENG Responsable du Cercle des Intellectuel(le)s Soufi(e)s, nous édifiera là dessus très certainement et avec courage.

C’est lui-même Serigne Fallou DIENG qui dans sa peur inconsciente, dans sa panique de mâle dominant ne veut pas de la participation des femmes au pouvoir et de leur égalité de chances face aux possibilités opportunités et résultats de la vie de tous les jours, pensant que son autorité conférée et pas acquise, va s’étioler. Rien qu’à cette idée, il s’affole et ceci explique en partie tout son acharnement à tout faire pour que les femmes n’accèdent pas au même titre que les hommes et sur une base égalitaire, aux ressources tant matérielles y comprises institutionnelles et spirituelles des terroirs et de tout le pays.

Notre fameux Serigne Fallou DIENG Responsable du Cercle des Intellectuel(le)s Soufi(e)s englué par sa panique généralisé, poursuit sa diatribe : "Face à un décor pas du tout amen qu’offre le vécu social, marqué par la montée en puissance du proxénétisme ; l’orgie sénégalaise fait fureur alors qu’aucun des soi-disant défenseurs des droits de la famille ne s’insurge par des actions concrètes. Souvent on a du mal à comprendre le fait que ces associations dites pour la défense du droit de la femme se rechignent non seulement de s’en prendre mais, elles se renâclent même de broncher face à des sévices corporels perpétré par des touristes toubabs contre des mineurs sénégalaises. Comme ce fut le cas avec le fameux HARVE qui à lui seul avait infligé des exactions corporelles très douloureuses sur plus de soixante mineurs avant de ne s’exfiltrer du Sénégal. Tous ces protecteurs à petit pied du droit humain ont préféré faire la pédale douce".

Il serait convenable et avenant de préciser à notre fameux Serigne Fallou DIENG Responsable du Cercle des Intellectuel(le)s Soufi(e)s que l’auteur de cette article réponse à sa missive du 18 Novembre 2008, lors de la prolifération et des attaques tout azimut contre les bonnes mœurs et la moralité la plus partagée par des journaux pornographiques véritables outils de dévergondage et de perversion des mineur(e)s aussi bien filles que garçons, avait publier dans un quotidien de la place un article d’interpellation du procureur qui articulé à d’autres intervention qui lui ont fait suite, a abouti à la réaction du procureur puis à l’ouverture d’une information judiciaire et d’une condamnation des directeurs de publication que seul un islamiste, "zyeuteur" probablement, a défendu avec force arguties dans une publication. Où était-il lui et/ou son cercle de défenseur(e)s de l’Islam et ses valeurs ? Que dit-il let que fait-il, lui et/ou son cercle, de toute la forte propagation d’images pornographiques sur les chaînes de télévision émettant à partir du Sénégal ? Pourquoi ne bouge t-il pas ? Est la corruption, l’indolence ou l’apathie, voire la complicité sournoise ?

Pour ce qui concerne le consentement des époux (ses), pour l’Islam le mariage est un contrat entre deux être responsable dans une transaction égalitaire ou personne aussi bien par richesses que par préséance ne domine l’autre. Une interprétation rigoureuse de l’Islam ferait de la monogamie la règle et de la polygamie l’exception, car les conditions à remplir pour sa corrélation avec les valeurs de l’Islam sont telles qu’il est difficile voire extrêmement pénible et périlleux pour un homme qui le désir d’être polygame. Pour dire que si notre société s’assoit sur les valeurs islamiques, dans le code de la famille c’est la monogamie qui serait promulguée comme règle et la polygamie l’exception. Lui Serigne Fallou DIENG Responsable du Cercle des Intellectuel(le)s Soufi(e)s que fait-il pour l’effectivité de cette perspective hautement islamique surtout au moment où la pauvreté est telle que l’écrasante majorité des hommes et des femmes sénégalaises sont des nécessiteuses et nécessités. Rappelons en passant que le Prophète Mahomet (PSL) a consacré lui-même un mariage polygame sur consentement conditionné à cela de sa fille la courageuse voire téméraire Fatimata Zahra (sa fleur).

Au Sénégal nombre d’hommes hauts responsables de la république (ministres, magistrats, parlementaires, directeurs de sociétés et services, etc.) ont bafoué leurs engagements de monogamie en toute connaissance de cause parce que persuadé de ne courir aucun risque, vu la configuration et la composition de nos institutions. Un ministre ne vient-il pas d’attenter à la vie d’une femme en état de grossesse en la battant dans la quinzaine même de lutte contre les violences faites aux femmes. L’Etat bien qu’ayant signé la CEDAW et adhéré au Traité sur les Tortures, Traitements Dégradant et Humiliant, feint l’ignorance car étant justement un Etat des mâles où les femmes ne sont que des balles de ‘’ping-pong’’, qu’on lance selon les accointances et intérêts du moment ou de la période. Qu’a fait ou dit Serigne Fallou Dieng notre soufi national et/ou son fameux cercle.

Dans le commun des hommes Sénégalais, l’on entend souvent dire : "Yaapu xale mo baax ci mag". Serigne Mbacké s’accorde certainement à cet adage pervers qui met la pédophilie comme norme pour les hommes. Il s’oppose vigoureusement au relèvement de l’âge du mariage pour les filles qui est actuellement fixé à 16 ans, sans qu’aucune mesure ou actes dissuasifs ne le bornent. Or au Sénégal, les mariages de petites filles avec tous les problèmes physiologiques et biologiques, mais aussi psychiques et moraux, que cela pose (fistules, mortalité maternelle, infantile, infanto juvénile, dérèglement mentale, déstabilisation psychologique, etc.), sans parler des conséquences économiques et des effets sur les compétences et aptitudes à la vie productive et citoyenne démocratique. Or la Prophète était un démocrate qui n’hésitait pas à se rallier aux thèses et propositions de ses contemporain(e)s, sur la question relavant de la vie civile et publique pour réguler la société.

Un(e) soufi(e) sérieux(se) qui respecte sa dévotion, au lieu de n’exister que pour contrer la promotion et la participation égalitaire des femmes dans toutes les sphères de la vie publique, se doit pour être conséquent(e), d’éclairer par les préceptes de la religion dont il fait sa référence majeure ; voire unique, se mobiliser à coté, avec elles et dans un leadership partagé avec des femmes pour l’avènement d’une société plus harmonieux, égalitaire, fondé sur la justice sociale (équité), parce que fondée sur un "Nouveau Contrat Social de Genre" et dans laquelle homme et femme dans une solidarité complémentaire travaille la main dans la main pour se construire des futurs radieux.

Ce sont là quelques éléments que j’ai souhaité apporter aux échanges fort intéressant sur la famille et la société sénégalaises pour le développement et l’avenir de notre pays, en formulant le vœu que des voix plus avisée que la mienne la poursuivent publiquement.

Daouda Diop
(221) 77 654 25 83
(221) 33 864 72 98
Email : daoudagenredo chez yahoo.fr

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