Le burkini réconcilie l’Islam et les piscines

Une créatrice libano-australienne s’est offert un joli succès commercial et médiatique en permettant à la bourka de prendre l’eau. Le burkini s’arrache en Australie mais suscite la polémique aux Pays-Bas où la droite dénonce une forme d’ "islamisation du sport".

La droite néerlandaise est scandalisée quand, la semaine dernière, une jeune musulmane plonge dans une piscine de la municipalité d’Amelo, aux Pays-Bas, vêtue d’un maillot de bain intégral se présentant sous la forme d’une tunique et d’un pantalon, non moulants.

Bien qu’elle ait au préalable fait la demande à la piscine - qui a jugé le vêtement "aux normes" - , des nageurs se sont plaints à la direction.

Le Parti de la Liberté (PW) récupére l’histoire en dénonçant une "islamisation du sport" à travers un vêtement "non-hygiénique" et "non-conforme aux règles de sécurité". Jet Bussemaker, la secrétaire d’Etat aux Sports, membre du Parti travailliste, considère l’objet "bon pour l’intégration" des musulmanes.

Intégration aquatique, mais rejet cinématographique

Geert Wilders, figure de proue de l’extrême-droite néerlandaise est parvenu à créer l’inquiétude avec un projet de film qui a pris pour cible le Coran. Le député a en effet annoncé qu’il souhaitait démontrer qu’il s’agit d’un livre « affreux et fasciste », et qu’il devrait être interdit au même titre que Mein Kampf. Les Pays-Bas craignent maintenant des troubles similaires à ceux engendrés par l’affaire des caricatures de Mahomet.

La créatrice

Aheda Zanetti est née au Liban, dans une famille musulmane. A deux ans, elle émigre en Australie, où la culture de la plage est extrêmement forte. Mariée et mère de quatre enfants, elle n’en reste pas moins sportive. Cherchant un compromis entre convictions religieuses et contraintes physiques. Le but : permettre aux femmes musulmanes de prendre part aux Jeux asiatiques de Doha, au Qatar, en décembre 2006. La styliste de 38 ans décide donc de marier maillot de bain et burka. Le burkini était né.

La création

Le burkini se présente comme une combinaison intégrale ne laissant voir que le visage, les pieds et les mains. Il est surmonté d’un hijab en caoutchouc, le "Hijood" (de l’anglais "hood", "capuchon", ou "cagoule"), qui fait office de bonnet de bain. En polyester, il n’absorbe presque pas l’eau, résiste au chlore et offre une protection aux UV (+50). Ses coloris actuelles vont du noir au rose, en passant par le jaune et le bleu.

L’ensemble est censé respecter les préceptes de l’Islam. La preuve en est que le mufti d’Australie, Taj Eldin Al Hilali, l’a approuvé. Une référence si l’on repense au sermon dans lequel il comparaissait les nageuses couvertes de maillots une-pièce à de la "viande découverte".

Côté ventes, l’objet est déjà un succès en Australie où 9 000 exemplaires auraient été écoulés depuis sa sortie en janvier 2007. Zanetti prétend même recevoir des commandes de clientes non-musulmanes qui cherche un moyen de se protéger du soleil. Il est vendu entre 200 et 230 dollars australiens et entre 120 et 150 euros en Europe.

P.-S.

Article tiré de l’Express www.lexpress.fr

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