Le code de la famille fait du Maroc l’un des pays les plus progressistes de la région

Les réformes introduites par le code la famille, font du Maroc l’un des pays les plus progressistes dans la région et qui ont le potentiel de promouvoir les droits de la femme, a affirmé mercredi à Washington, Mme Stephanie Willman Bordat, directrice du bureau de "Global Rights" au Maroc.

Washington, 21/07/05

La directrice du bureau de l’organisation américaine de défense des droits humains qui animait un forum sur le nouveau code de la famille au Maroc et les innovations qui y ont été introduites par le législateur marocain pour promouvoir et prémunir les droits de la gente féminine dans le pays, a expliqué que le nouveau texte n’a pas été adopté du jour au lendemain, rappelant la résistance de certains courants conservateurs à plusieurs précédentes tentatives visant à moderniser le code la famille.

Intervenant devant un parterre de chercheurs, d’universitaires, d’étudiants, de diplomates et de journalistes, Mme Stephanie Bordat a donné à l’assistance, un bref aperçu sur les différentes phases qui ont précédé l’adoption du nouveau texte, rappelant notamment la création en 2001, d’une commission royale chargée par SM le Roi Mohammed VI de faire des recommandations pour amender la Moudawana, les intenses délibérations de cette commission et l’élaboration du nouveau projet de texte qui a été soumis au parlement en octobre 2003 et adopté au début de 2004, après avoir fait l’objet d’un examen approfondi de la part des législateurs marocains.

La conférencière a par la suite, expliqué les dispositions du nouveau code de la famille qui compte, a-t-elle fait remarquer, beaucoup plus sur le système judiciaire que l’ancienne Moudawana.

Elle a particulièrement relevé que le nouveau code porte l’âge du mariage des filles de 15 à 18 ans, établit le droit du divorce par consentement mutuel, soumet la polygamie à l’autorisation préalable du juge et à des conditions légales draconiennes qui la rendent quasi-impossible, place la famille sous la responsabilité conjointe des deux époux, et permet à la femme de se marier sans l’autorisation préalable de son père ou de son tuteur.

Le nouveau code protège également le droit des enfants et intègre les accords internationaux relatifs aux droits de l’enfant auxquels le Maroc a souscrit, a fait remarquer Mme Bordat.

Tout en se félicitant de ces innovations en faveur des droits de la femme, Mme Bordat a toutefois relevé certains obstacles, qui peuvent, selon elle, entraver encore l’application du nouveau code de la famille, dont le taux élevé d’analphabétisme parmi les femmes (42 pc dans les zones urbaines et 82 pc dans les zones rurales), un phénomène qui pourrait les empêcher de connaître parfaitement tous les droits que leur confère le nouveau texte.

Pour combler ces lacunes, a souligné la responsable de "Global Rights", autorités, ONG et acteurs de la société civile se sont mobilisés, dès la promulgation du nouveau texte, pour sensibiliser le public et notamment la gente féminine aux dispositions du code de la famille et à la nécessité de respecter les droits des femmes, et expliquer la signification des changements introduits, où "l’homme ne perd pas et où la femme gagne" , a-t-elle indiqué.

Elle a signalé que ces campagnes de sensibilisation se sont appuyées sur des sketches, des spots publicitaires et des posters, dont l’un a été réalisé avec l’aide de Global Rights.

Mme Bordat a également expliqué la stratégie de Global Rights qui cherche à travers son programme, à aider les femmes à comprendre les réformes et leur portée et par-là, leurs droits.

L action de Global Rights, a-t-elle ajouté, vise à développer la capacité des femmes, à titre individuel et collectif, à se défendre contre les abus dont elles peuvent faire l’objet.

Le "Programme Maroc" a précisé Mme Bordat, a été élargi pour prendre la dimension d’un "Programme Maghreb" afin d’inclure l’Algérie et la Tunisie.

Elle a également rappelé que le bureau de Global Rights au Maroc, en collaboration avec une trentaine d’organisations des droits des femmes et associations de développement local, a publié l’année dernière, la 2ème version révisée du manuel ’’Rendons réels les droits humains : un programme d’éducation des droits humains pour les femmes au Maroc’’.

Ce manuel, destiné à améliorer les connaissances juridiques des femmes et à promouvoir leurs droits humains, traite de divers thèmes et concepts des droits humains de la femme et des sources juridiques des droits humains, a indiqué Mme Bordat.

Global Rights, qui a des bureaux à travers le monde, se présente comme une organisation de défense des droits humains travaillant en partenariat avec les acteurs locaux pour faire face aux injustices, aider à établir des sociétés justes sur la base des principes fondamentaux des droits humains et faire entendre de nouvelles voix dans le débat mondial.

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Source : La Marocaine

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