Le féminisme, nous le méritons !

Lors du talk-show plénière animé par Joanna Kerr le dimanche 16 novembre, le plaisir des femmes rimait avec féminisme, la force de chaque femme avec mouvement, l’autonomie de chacune avec pouvoir.

Le féminisme est en mode. Ce n’est ni un caprice ni un courant aléatoire. C’est le résultat de longues années d’oppression, de violences, de restrictions et de travail dur et mal payé. Les femmes arrivent à se libérer des préjugés qui les étouffent depuis toujours. Pas à pas.

Ici à Cape Town on parle de la force des mouvements, mais c’est de la force de la femme individuelle dont on doit parler. De celle qui peut aller travailler dans un bordel pour nourrir sa famille à celle qui peut gagner un prix Nobel de la paix. Les deux se côtoient sans problèmes et préjugés sur le podium de la grande salle de conférence.

Les femmes deviennent de plus en plus souvent cheffes de famille et donc responsables d’assurer la subsistance de la famille. Si dans de nombreux pays c’est la façon plutôt ordinaire d’organiser sa vie, il y en a d’autres où une femme est considérée comme bonne seulement quand elle est mariée et quand elle soutient silencieusement tout de la part de son mari, y compris les violences. Et ce sont ces femmes qui ont inventé un nouveau slogan tout à fait radical applaudi par toute la salle : « Le monde sans mari est magnifique » !

Il y a trop de peine derrière ces mots audacieux, de l’amertume, de la fatigue, de la déception, mais aussi de l’optimisme et de la confiance dans leurs propres forces. On ne parle pas beaucoup ici du rôle économique des femmes mais il est de plus en plus important. Et si les femmes l’assument pourquoi auraient-elles besoin d’un mari qui leur causerait plus de peine que de plaisir ? Il n’est pas question ici de l’institution du mariage, mais de la réalité vécue de beaucoup de femmes, une réalité de violence et de soumission, tout sauf nécessaire.

Les femmes sont devenues des actrices économiques. Elles s’approprient les technologies et les domaines réservés a priori aux hommes, et mieux, elles s’y plaisent au point de dire « je préfère un ordinateur à un homme ». Mais là déjà il faut faire attention car à force de foncer dans les nouvelles identités on oublie de vivre et il faut qu’on se rappelle que toute cette lutte pour l’égalité on la mène pour être plus heureuses, nous, les femmes.

Jivka Marinova - GERT, Bulgarie

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