Le leadership féminin dans les organisations paysannes au Burkina Faso : cas de l’Union des Groupements pour la Commercialisation des Produits Agricoles de la Boucle du Mouhoun (UGCPA/BM)

5 septembre 2014

TENGUERI - tengueri chez yahoo.fr Je suis étudiant en Master II de recherche en sociologie à l’université de Ouagadougou. Je m’intéresse à toutes les questions pourtant la femme. Dans le cadre de mes recherches pour le Master II, je travaille sur le genre et sécurité alimentaire dans les zones aurifères du Burkina Faso.

A partir d’une approche qualitative, nous sommes parvenus à la conclusion que les facteurs institutionnels et socioculturels de façon conjugués entravent l’accession des femmes à des postes de responsabilité. En effet, l’autonomie donnée aux groupements de base dans l’adoption des textes d’éligibilités en son sein constituent un handicap pour la catégorie des jeunes femmes d’accéder à des postes de responsabilités. Le critère du choix des femmes leaders dans les GPA, n’est ni basé sur le niveau d’étude, le dynamisme, mais sur l’âge. Le transfert des valeurs culturelles qui régissent les rapports entre mère/fille et aîné/cadet comme mode de gouvernance a eu comme conséquence un conflit ouvert entre elles. Ainsi, elles se désolidarisent les uns des autres lors des élections et votent pour les hommes.
Outre cela, selon les textes d’éligibilité de l’UGCPA/BM, il est stipulé que pour être éligible, les femmes doivent fournir 13kg de bissap pendant trois années successives, savoir lire et écrire en français ou jula et être disponible.
D’abord, les femmes rencontrent des difficultés à fournir les 13kg de bissap. Cette faible productivité des femmes s’explique par l’état de pauvreté des sols qui leurs sont affectées, mais aussi, elles sont fréquemment dans l’incertitude d’avoir une portion de terre pour cultiver. La précarité économique pousse certaines d’entre elles à vendre leurs productions à des particuliers, pourtant cela est passible à des sanctions.
Ensuite, plus de la majorité des femmes sont analphabètes. Il y a des GPA où il n’y a aucune femme instruite, ni alphabétisée.
Et enfin, concernant le critère de disponibilité, c’est surtout la catégorie des jeunes femmes qui ont des difficultés à remplir ce critère. En saison pluvieuse, elles sont surchargées d’activités domestiques. La contribution des hommes aux activités domestiques est perçue les hommes comme une atteinte à la dignité masculine. Ces jeunes femmes se trouvant toujours dans le cycle de reproduction sont d’office exclues de la course pour la candidature si elles portent une grossesse ou allaitant un nourrisson. Ce critère n’est pas précisé dans le règlement intérieur de l’UGCPA/BM. Par ailleurs, elles sont le plus souvent taxées d’infidélité. Ainsi, les hommes s’opposent a ce qu’elles investissent des milieux à dominance masculin.
En dépit de tous ces facteurs, la catégorie des femmes âgées arrivent au moins à occuper des postes de responsabilité au sein du BE. Elles ont un âge compris entre 45 et 61, ayant un niveau d’étude compris entre la classe de CM2, 5ème, 4ème et 3ème. Deux de ces femmes sont veuves et les deux autres sont dans un ménage monogamique. Elles sont déchargées de toutes les activités domestiques qui étaient les siennes. Ces activités reviennent soit à leur fille, leur nièce ou encore leur belle fille. Aussi, elles se caractérisent par un capital associatif bien solide. Elles occupent les postes traditionnels connus tel que : secrétaire, secrétaire adjointe, trésorière ou trésorière adjointe.
Conscient des difficultés que rencontrent les femmes dans le développement de leur leadership, l’UGCPA/BM organise des sessions d’alphabétisation et de formation sur le leadership à leur égard.

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