Les Actes du Colloque Genre et Gouvernance

Les Actes du Colloque Genre et Gouvernance qui a eu lieu en novembre 2009 à l’Île Maurice sont disponibles en ligne. Vous pouvez les télécharger et les consulter librement. Les thèmes abordés portent sur "genre et participation", "genre et décentralisation" et "genre et éducation".

Pourquoi ce colloque ?

Le colloque « Genre et gouvernance―l’égalité femmes-hommes dans la décentralisation administrative, la participation politique et l’éducation citoyenne » était pensé et organisé comme une manifestation multi-acteur-actrices, permettant une réflexion scientifique sur une problématique d’actualité qui croise des approches académiques avec des expériences et des positionnements de la société civile. Ce pari correspond à la nature du réseau Genre en Action qui met en lien des militant(e)s, des chercheur(e)s, des expert(e)s, des agent(e)s d’administrations, des professionnel(le)s de la formation, des associations, des actrices et des acteurs socioéconomiques et toute autre personne morale ou physique intéressée et engagée dans la thématique « genre et développement ».

Réseau francophone international, il cherche à renforcer les liens entre les francophones et d’autres sphères linguistiques, et appuie la participation francophone sur la scène internationale. Son site internet (www.genreenaction.net) valorise des ressources en français, diffuse les informations sur des événements, des fonds, des expertises, des publications dans ou pour des pays francophones.

Le réseau et l’association qui le porte depuis fin 2009 mènent d’autres activités de publication, de repérage, de plaidoyer, de mobilisation et de recherche-action. Ce colloque international sur « genre et gouvernance » est le troisième que le réseau organise depuis sa création en 2003, les deux premiers ayant porté sur le renforcement du genre dans la recherche (2004) et sur la formation en genre (2006).

En réunissant des participant(e)s de divers horizons de l’Océan indien, de plusieurs pays africains mais aussi de France, ce colloque a permis d’approfondir la réflexion sur les thèmes « genre » et « gouvernance », l’objectif étant d’articuler les deux concepts par ailleurs sursaturés de significations, de contribuer à remplir de sens ces « mots-valises », de permettre des analyses comparatistes et de
dégager des pistes de recherche, de plaidoyer et d’action.

Prémices du colloque

L’idée du colloque était née, dès 2007, d’échanges entre Genre en Action et le réseau Genre à Madagascar, avec une volonté de mise en perspective des enjeux malgaches, notamment à la lumière des analyses d’autres pays. Le Forum for African Women Educationalists (FAWE) Madagascar, l’Ecole Normale Supérieure de l’Université d’Antananarivo et le Groupe de Recherches sur l’Afrique du Sud (G.R.A.S. – Laboratoire ORACLE) à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université de La Réunion ont également participé à toute la réflexion préalable à ce colloque. La crise sociopolitique malgache et ses répercussions ont finalement imposé un changement de lieu.

En souhaitant rester dans l’Océan indien et sur proposition du Réseau WIN de l’Ile Maurice, le colloque a donc été déplacé sur le territoire mauricien et organisé localement par WIN. Il a bénéficié du soutien décisif de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), du ministère français des Affaires étrangères et européennes (alors principal bailleur du réseau) et du Centre d’Etudes d’Afrique Noire (CEAN) de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) à l’Université de Bordeaux, qui héberge le réseau et qui a fourni l’indispensable soutien organisationnel et logistique.

Orientations du colloque

Outre ces actes qui présentent toutes les communications, le colloque a été l’occasion de créer d’autres « produits » réutilisables : un communiqué de presse, des pistes de conclusions et de recommandations, un bulletin de synthèse (imprimé et en ligne), des vidéos et des présentations de diaporamas sur les communications en ligne, un CD audio avec des interviews enregistrées en marge du colloque [1].

Le contenu du colloque se concentrait largement sur la sphère publique, mais ne pouvait laisser la sphère privée entièrement de côté, les interactions et les interdépendances étant trop fortes. En entendant pouvoir « politique » au sens large de cet adjectif, c’est-à-dire « qui concerne la vie de la cité », la « gouvernance » a été envisagée au sein des associations, des syndicats, des partis politiques, des
groupes de pression, des structures administratives territoriales, municipales, provinciales et nationales. Afin d’être bien délimitées dans le temps, les contributions s’intéressaient au passé proche et au présent.

Les perspectives étant comparatistes, avec un accent particulier, mais pas exclusif, sur l’Océan indien, nous nous sommes intéressé(e)s autant aux femmes objets de la politique qu’aux femmes sujets de la politique, et plus généralement aux répercussions de la chose politique sur leurs vies, les rapports sociaux entre femmes et hommes, ainsi qu’aux opportunités et stratégies visant à mieux intégrer les considérations de genre dans la politique en général, ainsi que dans les politiques publiques.

Axes du colloque

Dans cette perspective multi-acteur-trices, il avait été choisi d’emblée de structurer le colloque autour de trois axes pertinents pour l’analyse des enjeux de genre croisés avec ceux de gouvernance :
- la participation politique des femmes,
- la décentralisation politico-administrative
- et l’éducation citoyenne et à l’égalité,
comme facteurs favorisant une bonne gouvernance.

En ce qui concerne la participation, le postulat de départ a porté sur le fait que la gouvernance est bonne si les processus politiques sont très inclusifs et créent des conditions pour une réelle participation, de toutes et de tous. L’expérience des mouvements de femmes et des mouvements féministes conduit à poser de nombreuses questions : quelle participation pour les femmes ? Quelle représentativité ? Comment éviter leur instrumentalisation ? Qu’en est-il de la participation des femmes à la démocratie élective ? Quels sont les obstacles à surmonter ? Quelles actions positives en leur faveur (quota, parité, listes zébrées, etc.) ? Quelles en sont les potentialités, les limites et les effets pervers ?

La décentralisation et la coopération décentralisée laissent espérer une meilleure gouvernance, la proximité étant censée être le gage de plus de transparence et de plus de participation, au plus près des citoyens et des citoyennes. Globalement, les femmes sont plus présentes dans les assemblées élues au niveau décentralisé qu’au niveau national. Dans la perspective d’une approche genrée de la gouvernance locale, le questionnement a porté sur la place des femmes
au sein des collectivités territoriales, des politiques publiques locales et dans la coopération décentralisée, ainsi que sur la prise en compte effective des intérêts et des besoins des femmes à ces niveaux.

A l’égard de l’éducation citoyenne comme facteur de gouvernance, la question du rôle de l’éducation dans l’émergence de citoyen(ne)s acteurs et actrices de gouvernance est centrale. L’école peut être une institution de reproduction de stéréotypes sexistes et des inégalités femmes-hommes, mais elle peut aussi transmettre des valeurs plus égalitaires et aider à les mettre en pratique. Le passage d’une éducation à la citoyenneté à une éducation citoyenne soulève des questions complexes : quelles en sont les implications dans l’approche et les méthodes pédagogiques employées ? L’éducation à l’égalité femmes-hommes est-elle un facteur clé de l’éducation citoyenne ? Quels sont les atouts et les limites de l’école pour remplir ce rôle ?

***

Pour en savoir plus :

Consulter et télécharger les Actes du Colloque Genre et Gouvernance

Pour obtenir d’autres "productions" de ce colloque, veuillez écrire à coordination chez genreenaction.net

Notes

[1Pour tous ces éléments, voir : http://www.genreenaction.net/spip.php?rubrique49

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