Les Femmes en mouvement changent le monde !

Compte rendu de l’Assemblée de la Marche mondiale des femmes des Amériques
Mar del Plata, Argentine (1er novembre 2005)

Le 1er novembre en soirée, les militantes de la Marche mondiale des femmes - réunies à l’occasion du IIIe Sommet des Peuples à Mar del Plata, Argentine - ont tenu une assemblée pour échanger sur leurs expériences et apporter des propositions sur des suivis aux actions internationales de 2005 (le relais mondial de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité et les 24 heures d’actions de solidarité féministe) qui viennent de prendre fin. Des femmes d’Argentine, du Brésil, de Cuba, du Pérou, de la République Dominicaine, du Nicaragua, du Mexique, du Québec et de l’Uruguay se trouvaient parmi les participantes à cette assemblée.

À partir des communications des compagnes de la Marche du Brésil, du Mexique et de l’Argentine et d’une militante de Via Campesina - République Dominicaine, les femmes ont dégagé, dans un débat franc et ouvert, les principaux thèmes qui unissent leur action féministe dans tout le continent, à savoir le féminicide et l’augmentation de la violence familiale et dans les lieux de travail, la militarisation, le libre-échange, la souveraineté alimentaire, la participation politique, les inégalités et les hiérarchies de classe entre les femmes, et la croissante privatisation des ressources naturelles.

Parmi les grands défis á relever, l’assemblée a souligné la nécessité de mettre sur pied des mécanismes de formation et d’éducation populaire en matière d’action politique qui s’adressent aux femmes et qui se centrent sur les valeurs féministes de solidarité, de paix, d’égalité, de liberté et de justice. Les coordinations de la Marche mondiale de plusieurs pays se donnent le défi de continuer le travail de construction d’alliances réelles entre les mouvements des femmes et dans les régions où existent des luttes et problèmes (comme la région de l’ALÉNA ou les zones frontalières qui vivent des situations de conflits). Les femmes ont exprimé la volonté de construire la MMF en tant que mouvement féministe de lutte permanente ayant comme but de changer les bases des relations de genre et réinventer la solidarité entre hommes et femmes. Ce mouvement ferait partie intégrante du vaste mouvement d’opposition à l’hégémonie capitaliste néo-libérale fondé sur une vision globale sur les changements urgents et nécessaires pour les Amériques et le monde.

Un autre défi permanent est celui de dénoncer les liens entre l’oppression des femmes, dans ses aspects les plus spécifiques et quotidiens, et les relations économiques qui dominent sur tout le continent. Le feminicide, assassinat et disparition massive de femmes surtout dans les zones des « maquiladoras » en Amérique Centrale, est un enjeu qui exige une mobilisation urgente et met en lumière la relation directe qui existe entre l’intensification de la violence envers les femmes et le libre-échange qui s’accompagne d’une précarisation croissante des conditions de travail. Les femmes de la Marche dans leurs pays continuent à promouvoir des campagnes contre le libre-échange sur tous les plans, contre les ALÉ, la ZLÉA et l’Organisation Mondial du Commerce. Ceci fut le thème d’un atelier organisé en collaboration avec la REMTE - Réseau des Femmes d’Amérique Latine Transformant l’Économie et la CLOC Via Campesina. L’atelier s’est penché sur les relations existantes entre les traités de libre-échange et les croissantes pauvreté et vulnérabilité des femmes ainsi que sur l’importance d’une union des luttes des femmes de la ville et de la campagne.

Julia Di Giovanni
Mar del Plata 03/11/2005

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Source : www.marchemondiale.org/

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