Les effets positifs de la féminisation de la médecine au Québec : Des changements notoires qui modifient la profession

La féminisation de la médecine a entraîné de nombreux impacts positifs pour l’ensemble de la profession médicale. Les femmes ont notamment eu des répercussions sur les relations médecins-patients, sur l’organisation des services, sur l’accès et la qualité des services et finalement sur la profession médicale elle-même. Un exemple québecois qui permet de tirer des leçons sans doute généralisables au-delà du Canada.

MONTREAL, le 2 nov. /CNW Telbec/ -

C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par le Groupe de recherche interdisciplinaire en santé de l’Université de Montréal, commandée par l’Association médicale du Québec (AMQ), et rendue publique aujourd’hui.
Cette recherche sur l’impact de la féminisation de la profession médicale, sur les modes de pratique et sur le choix des spécialités permet de défaire certains mythes entourant la présence des femmes médecins dans la profession. "L’étude apporte notamment des éléments qualitatifs aux nombreuses données quantitatives qui existent déjà sur la question. Nous savions déjà que l’arrivée massive des femmes dans la profession médicale avait entraîné une diminution de l’offre de services. Toutefois, cette étude vient confirmer que la féminisation a aussi engendré des impacts positifs considérables sur plusieurs pans de la médecine. Par ailleurs, il faut mentionner que la baisse du niveau moyen d’activité n’est pas seulement attribuable à la féminisation, mais doit être considéré comme un phénomène générationnel. En effet, les jeunes prônent davantage l’équilibre entre leur travail et leur vie personnelle", explique Dr. Jean-Bernard Trudeau, président de l’AMQ.

Différence dans le nombre d’heures travaillées et impact sur la qualité des soins offerts

L’étude démontre que le nombre d’heures travaillées par les femmes est d’environ 10 % moindre que pour les hommes. Plus précisément, les femmes omnipraticiennes voient environ 15% moins de patients par heure en cabinet que les hommes, ce qui signifie qu’elles passent un peu plus de temps par patient.

Quelques autres faits saillants de l’étude

- De façon générale, les femmes communiquent mieux et établissent de meilleures relations avec leurs patients que les hommes, ce qui se traduit par une plus grande satisfaction des patients et par une amélioration de l’efficacité des interventions préventives et curatives.
- Les femmes ont, en général, plus d’aptitudes pour assurer un leadership dans la mise en place et le fonctionnement d’équipes multidisciplinaires. La féminisation pourrait ainsi faciliter l’implantation de réseaux intégrés de soins et participer à la réorganisation du système de santé. Les femmes pourraient ainsi contribuer à améliorer l’accès et la qualité des services. Elles ont, en outre, une approche plus holistique et orientée vers la prévention.
- Les différences homme-femme se reflètent aussi dans la façon de pratiquer, surtout chez les omnipraticiens. Les hommes, particulièrement les jeunes, pratiquent davantage dans les salles d’urgence et en cabinet, alors que les femmes sont davantage présentes en CLSC et dans les unités d’hospitalisation. Elles font davantage d’activités de prévention et sont plus impliquées auprès des populations défavorisées.
- Le Québec est considéré comme un leader dans la féminisation de la profession médicale au Canada. En effet, la féminisation de la pratique a commencé un peu plus tôt au Québec et avec plus de vigueur que dans les autres provinces et territoires. La féminisation s’est d’abord fait sentir chez les omnipraticiens puis s’est manifestée dans presque toutes les spécialités. Depuis quelques années, près des deux tiers des étudiants en médecine sont des femmes.
- En 2004 et 2005, 75% des nouveaux résidents dans les programmes de formation postdoctorale en médecine familiale et 58% dans les programmes en spécialité étaient des femmes.
- Certaines spécialités attirent davantage les femmes : pédiatrie (84%), obstétrique / gynécologie (87%), dermatologie (78%), neurologie (75%) et psychiatrie (73%).

"Le but premier de cette étude était de nous permettre de mieux comprendre les impacts de la féminisation dans la profession médicale. Mais, au-delà de cela, cette étude servira aussi à plusieurs de nos partenaires du réseau de la santé, puisqu’elle se veut un outil de planification des effectifs, complémentaire à ceux qui existent déjà", souligne Dr. Jean-Bernard Trudeau, président de l’AMQ.
Depuis quelques années, l’AMQ a été très active dans toutes les questions entourant l’organisation médicale et les nouveaux modes de pratique. L’étude rendue publique aujourd’hui constitue un nouvel élément susceptible d’alimenter les réflexions sur ces questions cruciales pour l’amélioration de notre système de santé et de la qualité des soins.

Source : http://www.netfemmes.cdeacf.ca/les_...

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter