« Les enjeux de l’égalité femmes-hommes et des droits des femmes dans le débat sur l’agenda « post 2015 » pour le développement »

La plateforme « Genre et développement » s’est réunie le 10 janvier 2013 de 10h30 à 13h au Centre de conférence ministériel, à Paris, pour échanger autour des enjeux de l’égalité femmes-hommes et des droits des femmes dans le débat sur l’agenda « post 2015 » pour le développement.

Douze ans après l’adoption des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), les femmes et les jeunes filles font toujours face à des difficultés spécifiques liées à leur statut dans la société et à des discriminations de genre, dans tous les domaines du développement.

Les femmes sont plus susceptibles d’être touchées par la pauvreté. Faute de soins, chaque année, entre 350 000 et 500 000 femmes meurent encore de complications liées à la grossesse et à l’accouchement, principales causes de décès chez les adolescentes dans la plupart des pays en développement.

Alors que la part des filles non scolarisées a reculé de 58 % à 53 % en dix ans dans les pays en développement, elles sont encore 32% à ne pas achever un cycle complet d’éducation. Elles sont confrontées à de nombreux obstacles : la pauvreté, les coûts de scolarisation, l’insécurité, les mariages et les grossesses précoces. Les femmes sont les premières victimes de la raréfaction des ressources naturelles. Pourtant, leur défaut de participation dans les instances décisionnelles locales ne permet pas de véritablement prendre en considération leurs besoins.

Enfin, jusqu’à six femmes sur dix dans le monde sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles au cours de leur existence, causée dans la majorité des cas par leurs maris ou leurs partenaires

Ces dernières années, une importante production de données et d’analyses a permis de démontrer que la réduction des inégalités de genre est un levier essentiel du développement durable. Les travaux du centre de développement de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) , montrent une corrélation forte entre la réduction des discriminations de genre et l’amélioration des principaux indicateurs du développement. Inversement, la prise en compte du genre permet d’améliorer les résultats des politiques de développement. Si les femmes avaient un accès égal aux ressources productives (terres, intrants, crédits, formations, technologies), elles produiraient 20 à 30% plus, suffisamment pour sauver 100 à 150 millions de personnes de la faim dans le monde . De la même manière, l’accès des femmes à des postes d’enseignantes, de médecins et de policiers a un impact positif sur la scolarisation des filles, la fréquentation des centres de santé et le nombre de plaintes déposées pour violences sexuelles .

Les analyses prennent de plus en plus en compte les rapports de pouvoir au sein de la sphère privée et familiale, comme par exemple la capacité des femmes à négocier l’utilisation d’un préservatif dans le couple ou la répartition des tâches domestiques et leur impact sur les activités productives et récréatives (time poverty). De la même façon, les politiques de santé maternelle et de planification familiale intègrent la demande de contraceptifs et la capacité des femmes à décider d’en faire usage. Dans ce cadre, l’implication des hommes dans l’évolution des comportements est devenue un sujet central. De plus, les situations particulières vécues par les jeunes filles sont au cœur des préoccupations internationales. Les conséquences des mariages et des grossesses précoces sur l’éducation, la santé et plus largement sur le bien être et le développement sont largement dénoncées .

Les Objectifs du millénaire pour le développement ont-ils permis l’autonomisation des filles et des femmes ?

Quels seront les défis à relever en matière d’égalité femmes-hommes et de genre dans les prochaines années ?

Comment assurer la reconnaissance des droits sexuels et reproductifs dans le futur schéma de développement post 2015 ?

Quels sont les processus en cours au niveau international et européen ? Et les dynamiques portées par la société civile ?

Quelles priorités devront être défendues par la France, dans le cadre de la réflexion sur l’agenda post 2015 pour le développement ?

Autant de questions débattues lors de cette réunion.

Pour lire le compte-rendu de cette réunion qui s’est tenue le 10 janvier, cliquez ici.

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