Les femmes dans l’économie solidaire

Le chantier Femmes et économie solidaire, de l’Alliance pour un Monde responsable, pluriel et solidaire pose ici la question de repenser tant l’économie capitaliste que solidaire sous le prisme de la théorie féministe.

Repenser les économie capitaliste et solidaire sous le prisme de la théorie économique féministe, telle est la mission que le chantier Femmes et économie solidaire, de l’Alliance pour un Monde responsable, pluriel et solidaire s’est fixée. Basée sur des observations en France, au Québec et au Brésil, cette démarche entend rendre les femmes visibles en tant que protagonistes de l’économie solidaire. Ce modèle garantit démocratie, distribution égalitaire des richesses, autonomie pour les femmes, et rompt avec la division sociale du travail, dont la première manifestation réside dans la séparation des tâches de production, territoire des hommes, et de reproduction, réservée aux femmes.

Néanmoins, la richesse du travail de lien social, organisé par les femmes et pilier de tous les processus économiques, est indûment considérée comme inépuisable non monétaire. Elle renvoie paradoxalement les femmes à un rôle subalterne, non valorisé et invisible.

Parmi les principales tendances constatées, on peut noter :

- le travailleur, identifié au salariat formel, est masculin ;

- les femmes forment 70% de la population pauvre mondiale et détiennent 1% de la propriété ;

- elles gagnent moins que les hommes, sont plus au chômage, acceptent des conditions de travail précaire, assurent les tâches domestiques et souffrent d’isolement ;

- elles paient le coût de reproduction de la force de travail nécessaire au capitalisme ;

- l’économie solidaire, très proche du travail communautaire, territoire des femmes, est vécue de façon négative par les hommes ;

- les femmes sont majoritairement à l’origine des groupes d’activité économique solidaire, mais dès que la production génère plus de revenus et de fonds, ils se masculinisent ;

- les femmes plus âgées se présentent comme ménagères, alors qu’elles peuvent exercer plusieurs activités sur le marché informel ;

- lorsque les expériences de femmes sont rendues visibles, elles leur renvoient une image positive, les valorisent, ce qui facilite la prise en compte du genre dans la problématisation des initiatives.

De ces constats résultent ces principales recommandations :

- sortir d’une logique monétaire, de maximisation du profit et d’accumulation du capital ;

- abandonner le concept de marché, comme unique axe organisateur d’activité économique et sociale, au profit de la sphère de la reproduction ;

- déplacer la reproduction du noyau familial vers les groupes d’économie solidaire ;

- réinventer le concept de travail, en y incluant travail domestique, travail non rémunéré, travail informel ;

- reconnaître le rôle protagoniste des femmes dans la production de richesses et la promotion du bien-être des sociétés ;

- valoriser le travail non monétaire assuré par les femmes tout en leur assurant l’accès au travail rémunéré, garant de leur autonomie ;

- assurer l’égale division des tâches domestiques entre femmes et hommes, en complément de la lutte pour l’égalité professionnelle et le droit à l’initiative ;

- stimuler la propriété collective des moyens de production pour les femmes ;

- promouvoir les valeurs de solidarité et de réciprocité véhiculées par les femmes, qui ne divisent pas vie au travail et vie familiale et garantissent une organisation démocratique.

Voir document intégral : http://vision.socioeco.org/fr/documents/pdf/nobre_fr.pdf

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