Les problèmes des Algériennes qui préoccupent le gouvernement

La violence à l’égard des femmes ou bien celle contre « des survivants » aux violences notamment les femmes et les enfants est le dossier sur lequel se penche actuellement la ministre déléguée auprès du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière.

Note du réseau Genre en Action : Cet article a été publié dans El Watan sous le titre "Le secteur public principal employeur", alors qu’il parle surtout du problème des femmes violentées. Pour cette raison, nous avons choisi de changer le titre.

El Watan, 23 juillet 2006

La violence à l’égard des femmes ou bien celle contre « des survivants » aux violences notamment les femmes et les enfants est le dossier sur lequel se penche actuellement le département de Mme Nouara Saâdia Djaffar, ministre déléguée auprès du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière, chargée de la famille et de la condition féminine.

Ce dernier, en collaboration avec plusieurs autres secteurs ainsi que des organisations des Nations unies, a initié une enquête, dont les résultats seront connus d’ici la fin 2006. Une commission interministérielle chargée d’élaborer la stratégie de lutte contre ce phénomène a été installée en juin dernier. Quel est l’objectif visé à travers une telle initiative ? Mme Nouara Djaffar, qui était hier l’invité de l’émission « Questions de l’heure », diffusée sur les ondes de la Chaîne III, a donné les grands axes de cette réflexion.

Pour elle, ce projet permettra la mise en œuvre d’une stratégie nationale de lutte contre les survivants aux violences. Un plan d’action a été mis en place pour la prise en charge psychologique de ces personnes. Plusieurs parties ont été sollicitées pour la réalisation de ce projet. Près de 20 associations spécialisées dans le domaine des femmes y sont impliquées. Le travail ne peut se concrétiser sans la contribution des femmes députées, des chercheurs, des experts et des responsables de différents secteurs à l’instar du Haut conseil islamique. « Le renforcement du travail de coalition nous permettra d’évaluer certaines attitudes en relation avec ce fléau.

Cette enquête, qui va approfondir le travail effectué par l’INSP en 2000, est la première du genre dans le monde arabe », a soutenu la ministre. Comment les concernés comptent-ils s’y prendre pour la réalisation de cette mission ? Mme Djaffar rassure que la société est ouverte et l’Algérien est prédisposé à exprimer ses préoccupations lorsqu’il est mis en confiance. Donc les membres du CRASC, organisme chargé de mener l’enquête sur le terrain, utiliseront tous les moyens nécessaires pour la récolte d’informations. Ils vont faire du porte-à-porte et interrogeront les gens dans la rue. « Nous n’avons pas ciblé une catégorie bien précise de personnes. Nous allons interroger les femmes dans leur maison sur ce sujet. Nous allons également discuter avec les femmes qui sont dans la rue... C’est sur la base, entre autres, de ces éléments que nous élaborons notre enquête », a noté la ministre.

900 000 femmes violentées

A la question de savoir si son département a une idée sur le chiffre des femmes violentées en Algérie, la conférencière répondra par la négative. « Nous n’avons pas encore à notre niveau les données dans ce sens. Seul l’INSP a avancé le chiffre de 900 000 femmes violentées. Il faut attendre donc la fin de l’enquête pour avoir une idée globale sur tous les aspects liés à ce phénomène », a affirmé Mme Nouara Djaffar. La ministre a par contre évoqué les multiples formes d’agression subies quotidiennement par les femmes. « Nous recevons au ministère des femmes qui ne sont pas violentées mais elles sont carrément jetées à la rue par leur mari. Il y a aussi des femmes victimes d’agression verbale, sans omettre l’agression physique.

Face à cette situation, nous essayons à chaque fois d’orienter ces femmes vers des structures d’accueil qui ne sont malheureusement pas suffisantes pour abriter ces victimes », a soutenu Mme Djaffar. Celle-ci a révélé que dans le projet initié par son département figure le point relatif au renforcement des structures d’accueil existantes. « Nous allons proposer la construction d’autres centres dans les différentes régions du pays », a affirmé la ministre.

Abordant la question relative au monde du travail, l’invitée de la Radio algérienne a indiqué que la population active féminine ne dépassait pas les 2% au recensement de 1966. En 1998, ce taux a augmenté pour atteindre les 15% . En 2006, il est de 18%. « Nous estimons que cette progression est une avancée remarquable même s’il reste beaucoup à faire », a souligné la ministre, révélant que le CRASC a réalisé au profit du ministère une enquête sur l’insertion socioéconomique de la femme.

L’enquête en question a été menée dans 16 wilayas et 66 communes où elle a ciblé un échantillon de 4436 ménages. Les femmes touchées sont au nombre de 13757. La population féminine, qui occupe un poste d’emploi, est composée essentiellement de jeunes : 62% n’ont pas atteint l’âge de 35 ans et 77% ont moins de 45 ans, l’âge moyen de cette population est estimé à 33 ans. Sur le plan matrimonial, les femmes célibataires raflent la mise avec 55% contre 36% de femmes mariées, 6% de femmes veuves et 3% de divorcées. Quant au secteur d’activité, les femmes contrairement à ce que l’on pense sont plus nombreuses dans le secteur public que privé, avec 60% contre 33,5%. Le nombre de femmes ayant un niveau d’enseignement supérieur et travaillant dans le secteur public est plus élevé que celui des 78% de femmes qui exercent dans le secteur privé, 78% contre 20,8% dans le secteur privé formel et 1,1% dans le privé informel.

Nabila Amir

Source : http://www.algeria-watch.org/fr/article/femmes/secteur_public.htm

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