Maroc : les femmes se mobilisent pour les terres collectives

Le système qui réglemente les terres Joumouâ (terres collectives)
soulève le tollé d’un certain nombre de femmes marocaines qui se
considèrent lésées par rapport aux hommes. En effet, ces dernières
années les autorités ont procédé à plusieurs opérations de transaction
avec les différentes tribus portant sur l’échange des terres collectives
contre des lots individuels.

En général, seuls les hommes, en tant que chefs de famille, ont le droit
de bénéficier de ces lots. « Par contre, les femmes, surtout celles qui se
trouvent dans une situation matérielle précaire, sont obligées de quitter
ces terres pour rechercher refuge dans des bidonvilles »
, précise Saida
Idrissi, présidente de la section de Rabat de l’Association démocratique
des femmes du Maroc (ADFM). En général, il s’agit de mères avec des
enfants à charge. Devant cette situation, plusieurs groupes de femmes,
à travers tout le pays, ont été mobilisés pour mettre un terme à ce
traitement discriminatoire. Ce travail a été initié avec le soutien de
l’ADFM.Celle-ci a déjà posé le problème au département de tutelle, en
l’occurrence le ministère de l’Intérieur. « L’ADFM dénonce cette
coutume archaïque qui spolie les femmes de leurs droits"

Suite à cette mobilisation de grande envergure, des promesses ont été
faites par les responsables de donner une suite favorable lors des
prochaines opérations de répartition. Mais depuis, rien n’a été décidé.
Pour mobiliser les troupes et en vue de sensibiliser l’opinion publique
sur ce dossier, l’ADFM a organisé à Rabat, une rencontre entre les
représentantes de ces femmes avec la presse. Elles sont venues de
différentes régions du pays pour parler de leur problème, comme c’est
le cas de Fatima El Akioui, enseignante retraitée de la région d’Ifrane
qui a connu ces dernières années de grandes opérations de cession de
terrains Joumouâ au profit des promoteurs immobiliers marocains et
étrangers.

Avec Fatima El Akioui, plus de 200 femmes sont mobilisées
et se déclarent prêtes à aller jusqu’au bout. Elles ne cessent de frapper
à toutes les portes avec à l’appui un dossier bien argumenté par des
documents administratifs et historiques pour défendre leur droit. « Par
le passé, la femme a été impliquée dans l’exploitation de ces terres
dans des activités agricoles ou d’élevage, alors qu’actuellement, elle
s’en trouve écartée. Juste au moment de la distribution des lots »
,
s’indigne El Akioui.

Première démarche : revoir les responsables du département de tutelle
pour savoir où en sont les promesses déjà formulées.

Source : Bulletin n°7 d’Anaruz

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