Maroc : quelques échos d’une rencontre

L’inégalité de genre est-elle un invariant commun à toutes les cultures ? C’est sur l’une de ces questions que s’est tenu à Rabat au Maroc, les 19 et 20 octobre dernier, un séminaire autour des « Cultures et pratiques vers la justice de genre et le développement » venu éclairer l’iniquité existant entre hommes et femmes.

Sous l’impulsion de Maria Jose de Moreno Ruiz, directrice Projet genre à la GTZ, (Agence allemande de coopération technique), cette rencontre internationale a réuni des experts, praticiens des droits des femmes, responsables d’ONGs et militants pour l’égalité des sexes.
L’objectif a été d’aborder le poids et l’impact de la dimension culturelle, tout d’abord d’un point de vue historique et sociétal afin de mieux comprendre comment favoriser et faire progresser aujourd’hui la justice de genre.
Quelle part revêt la culture dans la perpétuation de l’inégalité de genre ? Cette injustice entre hommes et femmes est-elle liée à la différence Nord-Sud ?
Le sujet a contribué à nourrir de riches débats autour d’expériences et de travaux variés.
Sabine Guertner, directrice de Womnet, ONG experte dans l’égalité des genres, est par exemple venue rappeler l’importance de la convention de l’Unesco en novembre 2001 sur les droits culturels et la diversité des cultures pour renforcer les droits des femmes. Elle s’est également appuyée sur la Plateforme d’Action de Pékin en 1995 qui a jeté les bases de justice des droits des femmes mais qui reste à ce jour non ratifiée par nombre d’Etats arabes. « Le fait de placer le concept de culture au cœur de la recherche internationale pour le développement et l’élaboration des politiques en faveur des femmes, permettront de déjouer ces mécanismes et ces pratiques culturelles patriarcales et de créer un environnement favorable à la réalisation de la justice de genre ».
Mieux comprendre les conceptions traditionalistes et discriminatoires pour savoir les dépasser reste une problématique d’envergure, à laquelle a notamment fait allusion le philosophe marocain, le Dr Abdou Filali Ansari.
Toute culture doit donc être concernée et investie par le sujet afin de mieux répondre à la justice de genre et au développement, car comme l’a rappelé Maria Jose de Moreno Ruiz, l’organisatrice de l’évènement : « Il est crucial d’intégrer la dimension culturelle dans les politiques et les programmes de développement dévolus à la question du genre, au même titre que les droits de l’homme ou la bonne gouvernance ».

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Source : LeMatin.ma

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