Mécanismes nationaux : pour un fort soutien politique

À l’occasion de la 4e session du colloque international sur le genre et l’égalité « Du dire au faire », qui se tenait à Québec le vendredi 12 septembre, la salle s’est penchée sur la question de la pertinence des mécanismes nationaux pour l’égalité. De vifs débats ont été suscités alors que se fait le compte des moyens envisagés afin de mieux cibler les stratégies d’action.

Qu’est-ce qui est attendu des organismes, comités, observatoires et autres organisations politiques pour l’égalité ? Quelles stratégies pourrait-on utiliser pour augmenter le financement et se faire entendre ? Telles sont quelques-unes des questions abordées hier par une salle comble et par moments agitée. Fatou Sarr Sow, professeure à l’Institut fondamental d’Afrique noire et à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal, a présenté le point de vue scientifique de l’affaire. Selon elle, tout se résume à trois questions de base : « Quelles sont les difficultés des organismes ? Y a-t-il des alternatives ? Comment faire mieux ? »

« Il est important d’avancer les portées et les limites des mécanismes nationaux, » estime-t-elle. Le problème le plus pressant concerne leur autonomie. Ils doivent devenir des ministères opérationnels, et ils ne peuvent le devenir sans un élément crucial : la stabilité. « Au Sénégal, par exemple, depuis les années 2000, on a noté au moins 20 changements au sein d’un même mécanisme social. C’est énorme », confirme-t-elle.
Le manque d’expertise chez les responsables de ces mécanismes est un autre problème. Elle ajoute : « Sans compétence, sans expertise, ces personnes ne peuvent rien faire. Elles exercent une position sans influence. »

Renforcer la volonté politique

Dans la foulée de la situation de la veille, où Justine Diffo, coordonatrice du Réseau de soutien à la participation politique des femmes, au Cameroun, avait insisté sur l’importance de la mise en place d’un nouvel observatoire genre, les solutions visant à améliorer les mécanismes actuels et à venir ont abondé au débat. Malgré le foisonnement des propositions, un concept-clé : synergie.

Fatou Sarr Sow explique : « Il faut que le genre soit partout, et de manière officielle. Il faut inscrire la question du genre dans tous les départements institutionnels. » La principale cible de ce désir d’institutionnalisation ? Les chefs d’État. À ce sujet, la professeure invoque l’implication de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) : « Il faut qu’elle fasse une tournée auprès des chefs d’État pour les amener à prendre conscience du problème du genre et de l’inégalité. Il faut les mettre devant leur responsabilité. » Elle insiste : « Partout où ça a réussi, c’est parce qu’il y avait une volonté politique. »
Encore faut-il que les demandes soient claires. En termes budgétaires, elles le sont. « Dix pourcent du budget total de l’Etat, c’est ce que l’on demande », proposition aussitôt adoptée par la salle à l’unanimité.

Marie-Eve Lang

Source : Etudes féministes

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