Note conceptuelle - Colloque Genre et Gouvernance

Ce colloque, intitulé "Genre et gouvernance : l’égalité femmes-hommes dans la décentralisation administrative, la participation politique et l’éducation citoyenne", se veut une manifestation multi-acteur-trices permettant une réflexion scientifique sur une problématique d’actualité. Il réunit des chercheurs-es, militant-es, universitaires et acteur-trices socioéconomiques et d’autres acteurs-trices du développement dans l’Océan Indien, l’Afrique australe et les pays proches (Rwanda, Burundi,…). Il a pour vocation d’approfondir la réflexion sur les thèmes « genre et « gouvernance », de contribuer à remplir de sens ces « mots-valises » et de permettre des analyses comparatistes, parmi lesquelles la comparaison francophonie/autres sphères linguistiques.

Ce colloque fait suite à la table ronde « Genre en Action » du forum de l’Association of Women’s Rights in Development (AWID) de novembre 2008 à Cape Town (Afrique du Sud).

Laissant de côté la sphère privée, on se limitera à la seule sphère publique : si l’on entend pouvoir « politique » au sens large de cet adjectif, c’est à dire « qui concerne la vie de la cité », la « gouvernance » sera envisagée au sein des associations, des syndicats, des partis politiques, des groupes de pression, des structures administratives territoriales, municipales, provinciales et nationales. Afin d’être bien délimitées dans le temps, les contributions s’intéresseront au passé proche et au présent. Les perspectives seront comparatistes, avec un accent particulier sur l’Océan Indien. On pourra s’intéresser autant aux femmes objets de la politique qu’aux femmes sujets de la politique.

Les axes d’étude envisagés sont :

- d’une part la décentralisation et la coopération décentralisée : l’espoir d’une meilleure gouvernance est un des arguments–clé en faveur de la décentralisation, la proximité est censée être le gage de plus de transparence et de participation. Dans la perspective d’une approche genrée de la gouvernance, on s’interrogera sur la place des femmes au sein des collectivités territoriales et des politiques publiques locales. Quelle place trouvent-elles dans la coopération décentralisée ?
- d’autre part la participation : la gouvernance est bonne si les processus politiques sont très inclusifs et créent des conditions pour une réelle participation – l’expérience des mouvements de femmes et féministes permet de s’interroger : quelle participation ? quelle représentativité ? comment éviter l’instrumentalisation ? et qu’en est-il de la participation des femmes à la démocratie élective : quelles actions positives en leur faveur (quota, parité, etc.) ? quelles en sont les potentialités et les limites ?
- un troisième axe d’étude portera sur l’éducation citoyenne comme facteur de gouvernance. Il s’agit de poser la question du rôle de l’éducation dans l’émergence de citoyen-nes, acteurs-trices de gouvernance. Le passage d’une éducation à la citoyenneté vers une éducation citoyenne soulève des questions riches : quelles sont les implications pour l’approche et les méthodes pédagogiques employées ? l’éducation à l’égalité femme-homme est-elle un facteur clé de l’éducation citoyenne ? quels sont les atouts et les limites de l’école pour remplir ce rôle ?

Les partenaires associés à l’organisation de ce colloque ont opté pour une formule qui privilégie l’échange, les discussions de fonds et la participation active de l’ensemble des participant-es, afin d’éviter les écueils et les frustrations des colloques habituels (beaucoup de communications, mais peu d’échange avec une assistance nombreuse ; ateliers en parallèles, avec des choix difficile à faire et des personnes qui « migrent » entre les ateliers ; rôle très passif des non-communicant-es, etc.).

Nous avons donc choisi d’expérimenter une formule très interactive avec des introductions théoriques, mais pédagogiques pour chaque axe (de la part des membres du conseil scientifique, un tandem Nord-Sud par axe), des présentations d’un nombre limité de communications en plénière, des discussions en sous-groupes parallèles (modérées par un membre du conseil scientifique) après chaque plénière et des restitutions des points clés de ces discussions en plénière. 
Afin de pouvoir fonctionner ainsi, nous avions tablé sur à peu près soixante participant-es en tout, avec environ un tiers de personnes et organisations mauriciennes. La quarantaine de personnes étrangères qui participeront au colloque viendront a priori pour deux tiers de l’Océan Indien (y inclut Madagascar, mais aussi l’Inde) et de l’Afrique subsaharienne. 


Une vingtaine de communicant-es sont pressenti-es, en plus des membres du conseil scientifique du colloque qui vont s’impliquer activement dans le déroulement et le contenu du colloque. Les membres du conseil d’administration de la future association Genre en Action (actuellement en cours de création) seront également invités et le colloque sera aussi l’occasion du lancement officiel de l‘association « Genre en Action ». Des participations plus ponctuelles et à caractère institutionnel sont bien entendu possible lors de l’ouverture et de la clôture du colloque.


L’accent sur l’Océan Indien impose d’emblée au moins deux langues internationales, le Français et l’Anglais. L’objectif de croiser des analyses de différentes sphères linguistiques dépassent néanmoins l’aspect géographique et contribuent plus généralement à un « décloisonnement » linguistique, dans une optique d’enrichissement mutuel. Des traductions simultanées sont pressenties pour des plénières, et la mise en place de groupes homogènes linguistiquement pour des discussions en sous-groupes. 
Pour maintenir un lien privilégié avec Madagascar où le colloque devait avoir lieu initialement et où se trouvent le plus grand nombre de partenaires associés ainsi que des membres du conseil scientifique, une vidéoconférence de quelques heures est prevue pendant le colloque, reliant les participant-es « physiques » virtuellement avec Madagascar. L’Ecole Normale Supérieure d’Antananarivo, FAWE Madagascar et l’Association SiMIRALENTA avec le réseau Genre de Madagascar pourront organiser et porter cette manifestation associée qui bénéficie du soutien de l’AUF (concernant les aspects technologique de la vidéoconférence).


Les actes du colloque reprendront non seulement les communications, mais aussi les introductions par axe et les points saillants des discussions en sous-groupes et en plénière. Elles seront bilingues, l’objectif étant de traduire l’ensemble des communications et des synthèses qui y figureront. Ils seront diffusés largement par le réseau Genre en Action et les autres partenaires associés à l’organisation de cette manifestation. Le financement du colloque sera assuré par des contributions (sollicitées ou confirmées) de l’OIF, de l’AUF, du réseau Genre en Action et de l’Université de la Réunion.
Comité scientifique :

-  Dominique Darbon, Professeur de Sciences politiques, Centre d’Etudes d’Afrique Noire (CEAN)/Institut d’Etudes Politiques (IEP), Université de Bordeaux

-  Jeanne Dina Fotomanantena, historienne, 2e vice-présidente du Sénat de Madagascar, présidente fondatrice du FAWE (Forum for Africans Womens Educationalists)

-  Claude Feral, professeur d’université Responsable du Groupe de Recherches sur l’Afrique du Sud Laboratoire O.R.A.C.L.E., Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Université de La Réunion

-  Elisabeth Hofmann, socio-économiste, Réseau « Genre en Action », Centre d’Etudes d’Afrique Noire (CEAN)/Institut d’Etudes Politiques (IEP), Université de Bordeaux/Ministère français des Affaires Etrangères

-  Mireille Rabenoro, experte nationale Genre Analyste chargée du secteur social Cellule de Planification, de Suivi et d’Evaluation Primature, Mahazoarivo, Antananarivo, Ecole Normale Supérieure, Université d’Antananarivo

-  Lala Raharinjanahary née Anatolie Raharimalala, Professeure d’anthropologie sociale, Ecole Normale Supérieure, Université d’Antananarivo

-  Jeannine Ramarokoto Raoelimiadana, économiste, formatrice - chercheure en genre, Présidente du Conseil d’Administration du Centre d’Observation et de Promotion du Genre à Madagascar (SiMIRALENTA)

-  Marie Randriamamonjy, Docteure en Sciences Economiques et Développement Rural, ancienne fonctionnaire de la FAO et responsable du Programme Genre et Développement à la FAO, consultante indépendante

-  Marie-Lise Semblat, Docteure en géographie sociale (féminisme territorial), Université Paris 3, Collège coopératif et réseau ASTER-International

-  Terezinha da Silva, sociologue, Coordenadora Nacional WLSA Moçambique, Mulher e Lei na Africa Austral (Femmes et droit en Afrique australe), Mozambique

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