Objectif de l’OIF : institutionnaliser l’égalité

Partager l’engagement pour l’égalité des genres afin de l’institutionnaliser au sein des 68 Etats membres de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) représentent selon Fatimata Dia Touré, Directrice de l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie, les grands défis de la conférence sur le genre, ouverte ce 10 septembre 2008 à Québec.

« Les pays de l’Organisation internationale de la Francophonie sont les champions de l’égalité ». En quelques mots, Fatimata Dia Touré, Directrice de l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie, parlant au nom de l’administrateur de l’OIF, Clément Duhaim, dresse un bilan de l’engagement de l’organisation vers l’égalité de genre.

Lors de l’ouverture officielle en fin de journée du 10 septembre 2008 de la conférence « Du dire au faire », organisée conjointement avec l’Université Laval de Québec, l’audience, composée d’une centaine de personnes, pour leur très grosse majorité des femmes de quatre continents, Afrique, Amérique du Nord, Asie, Europe, a pu écouter avec une attention respectueuse le récapitulatif du processus historique de cet engagement, depuis la Conférence mondiale de Pékin jusqu’à aujourd’hui.
Fatimata Dia Touré, rappelant les quatre missions de l’OIF entérinées lors de la rencontre de Ouagadougou en novembre 2004, pendant le Xe Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Francophonie –promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique, promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme, appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche, développer la coopération au service du développement durable et de la solidarité –,souligne l’importance de la « participation égale des femmes » dans ces engagements.

Quelques indicateurs et temps forts

L’OIF s’est impliquée dès la préparation de la Conférence de Pékin de 1995 en assurant une forte présence des femmes. Puis, en février 2000, l’OIF adoptait, lors d’une conférence consacrée aux femmes et au développement, une déclaration dite de Luxembourg qui entérinait une politique visant l’égalité entre hommes et femmes comme enjeu-clé du développement. Cette déclaration représente, selon la directrice « une base d’élaboration des engagements en faveur de l’égalité des genres », dans le cadre de la programmation quadriennale 2006-2009.
En février 2005, lors de l’évaluation de la mise en œuvre de ce programme « Femmes, pouvoir et développement », l’OIF a réaffirmé le renforcement de la coopération entre Etats pour l’égalité et « l’intégration d’actions mesurables et chiffrables ».
« Du dire au faire », là se mesurent les défis, que Fatimata Dia Touré rappelle : « institutionnaliser cette intégration de genre et impliquer la part du budget nécessaire à ces objectifs ». Et d’ajouter : «  tous ces engagements doivent se traduire en mesures concrètes ». A cet égard, Claire L’Heureux-Dubé, juge à la retraite de la Cour Suprême du Canada, l’a rejointe un peu plus tard en insistant : « il faut institutionnaliser l’égalité dans tous les secteurs de l’activité humaine et investir sur des réseaux partenaires ».

Des outils pour l’égalité

La porte-parole de l’OIF note des progrès dans le sens de l’égalité : la contribution de l’Aide publique au développement du Canada supérieure à 40%, le taux des budgets belges analysés d’un point de vue de genre à hauteur de 64%, une représentation parlementaire la plus haute au Rwanda avec 48% députées, un budget national marocain qui prend de plus en plus la question d’un point de vue transversal et enfin, le Cambodge qui intègre la parité notamment dans sa stratégie de lutte contre la pauvreté et qui lutte contre les violences faites aux femmes.

Elle relève enfin que cette conférence et le prochain Sommet des gouvernements et Etats ayant le Français en partage qui aura lieu à Québec en octobre prochain représentent des opportunités afin de « poser des jalons supplémentaires » vers la promotion des femmes et l’égalité : « Cette conférence représente une occasion d’échanger sur les meilleures pratiques pour contourner les résistances et faire de l’égalité un objectif partagé ».

Joelle Palmieri
Unité genre de l’OIF

Source : Etudes Féministes

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