Partenariat entre l’évaluation compréhensive et l’alliance genre et eau : Comment bâtir un langage commun ?

A partir de d’une discussion par courrier électronique, une analyse des
raisons pour lesquelles il s’avère si difficile d’intégrer le Genre dans
la gestion de l’eau a été réalisée. Elle fait partie d’un projet commun au
GWA et à la CA, financé par Oxfam Novib.

« Vous les gens du Genre, vous vous parlez dans un langage qui est
mutuellement acceptable, mais extrêmement difficile pour que des
’étrangers’ puissent s’y faire ».

« Il faut un changement significatif d’attitudes qui permette aux divers
spécialistes de l’eau et de l’agriculture de comprendre que leur travail
va et peut affecter l’inégalité Genre ».

Telles sont quelques-uns une des citations tirées d’une discussion par
courrier électronique sur l’intégration du Genre dans la gestion de
l’eau, facilitée par l’Evaluation compréhensive de la gestion de l’eau
dans l’agriculture. A partir de cette discussion, une analyse des
raisons pour lesquelles il s’avère si difficile d’intégrer le Genre dans
la gestion de l’eau est réalisée. Elle fait partie d’un projet commun au
GWA et à la CA, financé par Oxfam Novib. En outre, il a été
développé un ’Agenda minimum’ qui décrit les recommandations pratiques
et réalistes à l’intention, des décideurs, des chercheurs et des
spécialistes en Genre travaillant dans l’eau et l’agriculture.

L’objectif est de s’attaquer aux différences et aux injustices fondées
sur le Genre, de manière véritable et efficace dans la politique, la
recherche et sur le terrain.

En plus de la discussion électronique, les ingénieurs et les
gestionnaires de l’eau ont fait l’objet d’une enquête sur l’utilisation
et le caractère pratique des manuels et des recommandations Genre. Un
atelier regroupant les spécialistes de l’eau et du Genre s’est tenu.

Les chapitres de CA ont été examinés suivant la perspective Genre et un
projet d’agenda minimum a été présenté au cours du 4ème Forum mondial de
l’eau. Les résultats définitifs ont été récemment compilés (avec l’aide
du Dr Margreet Zwarteveen) et publiés dans la Collection de documents de
travail de Both Ends : intégration effective du genre dans la gestion de
l’eau pour des moyens d’existence durables : des recommandations pour la
pratique, décembre 2006.

Une des conclusions est qu’il y a beaucoup de recommandations et de
manuels traitant de la manière dont le Genre est intégré dans le secteur
de l’eau ; cependant, ils ne sont pas facilement accessibles ou
applicables aux contextes spécifiques, puisqu’ils sont pour la plupart
du temps écrits en des termes généraux ou ne sont pas disponibles dans
des langues locales.

Cependant, beaucoup de professionnels de l’eau et de décideurs pensent
toujours que le Genre a très peu de rapport avec leur travail ou le
perçoivent comme un domaine séparé qui relève de la responsabilité des
experts en Genre. Il est intéressant de souligner que ceux qui
travaillent le plus étroitement avec les usagers de l’eau ont
généralement une opinion pratique et directe sur le Genre, alors que les
professionnels de l’eau travaillant dans les instituts nationaux et
internationaux de recherche et les bureaucraties étatiques trouvent
souvent que les relations entre le Genre et l’eau sont plus difficiles à
comprendre.

Une autre conclusion importante est bien reflétée par la réflexion "vous
bavardez entre vous". Il y a encore beaucoup de barrières à surmonter au
plan de la communication, non seulement entre les acteurs du secteur,
aux niveaux politiques élevés, mais également entre les spécialistes de
l’eau et du Genre.

Les experts en Genre estiment parfois que ceux de l’eau n’investissent
pas suffisamment de temps pour comprendre comment les relations et les
inégalités sociales de Genre ont un impact sur leur travail et vice
versa. Les experts en eau, d’autre part, estiment que les spécialistes
en Genre ne leur présentent pas les étapes concrètes dont ils ont besoin
pour intégrer les questions Genre. Ils trouvent le langage et le format
employés par les experts en Genre difficiles à exploiter. De toute
évidence, un dialogue continu est nécessaire pour arriver à un "langage
plus commun" et pour apprendre et se soutenir les uns les autres.

Pour s’assurer que le Genre est effectivement abordé dans le secteur de
l’eau, les chercheurs, les décideurs, les praticiens et les spécialistes
en Genre doivent chacun prendre leurs propres responsabilités – et faire
de sérieux efforts, pour traiter et tenir compte des différences entre
les hommes et les femmes de divers milieux. L’agenda minimum présenté
par ce projet décrit les premières étapes concrètes pour chacun de nous.

Pour obtenir des copies gratuites du document de travail "Intégration
effective du Genre dans la gestion de l’eau pour des moyens d’existence
durables : des recommandations pour la pratique" contacter Annelieke
Douma (ad chez bothends.org) ou Joke Muylwijk (jokemuylwijk chez chello.nl) ou se
référer au : www.bothends.org ; www.genderandwater.org ou
www.iwmi.cgiar.or/assessment.

Il est également possible de se procurer le Cd-rom sur les outils de
base, de même que le rapport en cinq langues (anglais, français,
espagnol, arabe et portugais).

Source : [AFARD Togo] RESSOURCES N°69

Dans la même rubrique :

Communauté

  • Devenir membre
  • Se connecter
  • Nos membres
  • Le genre se bouge
  • Publier un article

infoGENRE

S'abonner à la newsletter