Petites Bonnes d’Abidjan, Sociologie des filles en service domestique

Cet ouvrage de Mélanie Jacquemin retrace l’histoire et les transformations du travail domestique juvénile en Côte d’Ivore. Conséquence de la crise économique qui frappe le pays depuis les années 1980, un marché spécifique de placement des “petites bonnes” est retracé par l’auteure à partir des d’observations ethnographiques des pratiques et des rapports de travail entre les « patronnes » et les « filles ». La thèse à l’origine de ce livre a obtenu, en 2010, le prix Études de genre de la Ville de Paris.

Préface de Claudine Vidal
De l’aube à tard dans la nuit, les commerçantes abidjanaises vendent toutes sortes de marchandises partout où elles trouvent, dans la ville, un interstice permettant un négoce. Ces femmes, qui ne reçoivent pas de salaire horaire, doivent investir du temps dans leur commerce jusqu’à la limite de leur force. Il leur est impossible d’assumer seules à la fois leur activité économique et les tâches domestiques. C’est pourquoi, dans l’ombre de la commerçante visible, existe une main-d’œuvre la moins coûteuse possible, composée de fillettes et de très jeunes filles, le plus souvent des migrantes d’origine rurale.
Or, le travail de cette main-d’œuvre juvénile, bien qu’il soit déjà ancien en Côte d’Ivoire, était jusque-là absent des descriptions scientifiques. Pour la première fois, cet ouvrage en retrace l’histoire et met à jour les transformations récentes du travail domestique juvénile. En effet, l’une des conséquences de la crise économique, qui sévit depuis les années 1980, a été la constitution d’un marché spécifique de placement des “petites bonnes”.
L’ouvrage en décrit les structures d’organisation et d’évolution, et il rend compte de la diversité des statuts de ces jeunes travailleuses, de la “petite nièce” à la “petite bonne” et à “l’enfant louée”. Enfin, l’exploration des pratiques et des rapports de travail entre les « patronnes » et les « filles », faite à partir d’entretiens et d’observations ethnographiques, montre comment les rhétoriques familiales masquent des rapports sociaux de domination particulièrement durs.
Selon l’Organisation internationale du travail (2004), il y aurait « 10 millions d’enfants bons à tout faire. Le travail domestique est le premier employeur des jeunes filles dans le monde ». Ce livre s’adresse à tous ceux – chercheurs, étudiants, institutions, ONG – qui s’intéressent au « travail des enfants » et souhaitent soutenir la cause des enfants travailleurs.

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Pour en savoir plus :

Fiche technique du livre
22 euros
214 pages
ISBN : 978-2-296-96671-0
Collection logiques sociales

A propos de l’auteure
Mélanie Jacquemin, sociologue et post-doctorante à l’INED dans l’unité́ Démographie, genre et sociétés. Ses recherches en cours portent sur les migrations dans l’enfance en Afrique, en explorant les liens croisés entre trajectoires de ces jeunes migrant-e-s, relations de genre et de parenté, et rapports entre éducation, école et travail.

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