Planification familiale : un enjeu crucial pour les femmes

La quatrième édition du dossier « La planification familiale sauve des vies » publié par l’association « Population référence bureau » met en exergue le rôle clé de la planification familiale dans le développement économique et social des Etats. Selon l’analyse, un plus grand investissement financier de la part des bailleurs et des pays en la matière permettraient de réorienter une grande partie des budgets destinés au VIH/SIDA, aux maladies infectieuses et à la réduction de la pauvreté.

D’après Rhonda Smith, Lori Asford, Jay Gribble et Donna Clifton, co-auteurs de la recherche, cette stratégie est une étape clé pour atteindre les Objectifs du millénaire fixés par les Nations Unies à 2015.
La mise en place systématique de programmes de planification familiale est une politique essentielle pour préserver la vie de millions de femmes, d’adolescents et d’enfants, d’autant plus dans les pays en développement. Pour les auteurs du dossier (téléchargeable en bas de page en français), elle est la condition nécessaire pour protéger les femmes du risque de mortalité maternelle surtout dans les cas de grossesse précoce. Les taux de décès maternels des jeunes femmes de 15 à 19 ans sont deux fois plus élevés que ceux des femmes plus âgées et, les fillettes âgées de 10 à 14 ans sont cinq fois plus à risque de mourir de problèmes liés à la maternité que les femmes de 20 à 24 ans. Cette absence d’initiatives tend aussi à augmenter les cas d’avortement à risque qui ont des effets néfastes sur leur capacité future de reproduction ou bien à accroître le nombre de leur décès.
Cette solution efficace a aussi un impact important sur les jeunes enfants. Selon les auteurs, le manque d’espacement des naissances du fait de l’incapacité des couples à éviter les grossesses non souhaitées accroît le taux de mortalité infantile. Les recherches ont révélé que les bébés nés moins de deux ans après leur aîné immédiat sont plus de deux fois susceptibles de mourir avant leur premier anniversaire que ceux nés après un intervalle de trois ans. En outre cette situation a des conséquences économiques fortes vulnérabilisant davantage les femmes pauvres qui doivent subvenir aux besoins du foyer.
Cependant les résistances sociales et communautaires à une telle mise en œuvre handicapent lourdement la réussite de telles politiques publiques. Si les bailleurs et les décideurs doivent ainsi engager des réformes structurelles pour implanter à long terme la planification familiale, ils doivent aussi réaliser un travail de genre efficace. En effet il faut sensibiliser et informer les femmes et les hommes de manière paritaire sur ses enjeux, notamment en matière de contraception. Si le VIH/Sida affecte davantage les femmes du fait des plus grandes contraintes culturelles qui s’imposent à elles, cette problématique est pourtant une thématique de genre essentielle.

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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’article de l’OIF lié : Les contraceptifs, un facteur de développement

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Source : site de l’OIF

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