Plus de 500.000 africaines meurent chaque année en donnant la vie

Plus de 500.000 femmes meurent par an de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement, soit une mort par minute, indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui appelle à résorber la pénurie de soignants qualifiés d’ici 2015 pour améliorer la santé des femmes et des enfants.

Dans les pays en développement, la grossesse et l’accouchement constituent la deuxième cause de mortalité (après le VIH/Sida) chez la femme en âge de procréer, souligne l’OMS à travers son site visité mercredi à l’APS.

Cinq problèmes sont à l’origine de plus de 70% des décès maternels dans le monde :
- l’hémorragie,
- les infections,
- les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité,
- les troubles de l’hypertension (pré-éclampsie et éclampsie),
- et les dystocies.

L’hémorragie du post-partum peut, si elle n’est pas traitée, emporter en deux heures même une femme en bonne santé, a ajouté la même source.

Plus de 136 millions de femmes accouchent chaque année. Près de 20 millions d’entre elles sont atteintes de maladies liées à la grossesse après l’accouchement. La liste des causes de morbidité est longue : fièvres, anémies, fistules, incontinences, stérilité, dépression, etc.

Très souvent, les femmes malades sont victimes de stigmatisation et d’ostracisme de la part de leur époux, de leur famille et de leur communauté.

Environ 14 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans accouchent chaque année, ce qui correspond à plus de 10% des naissances. Dans les pays en développement, environ 90% de ces naissances ont lieu dans le cadre du mariage. Dans de nombreux pays, le risque de mortalité maternelle est deux fois plus élevé pour une adolescente que pour une femme plus âgée, poursuit l’OMS.

L’organisation met en relief l’écart qui sépare riches et pauvres. Seulement 1% des décès maternels surviennent dans les pays à revenu élevé. Pour une femme, le risque à la naissance de mourir de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement est de 1 sur 7 au Niger contre 1 sur 48 000 en Irlande. De même, la mortalité maternelle est plus élevée en zone rurale et dans les communautés les plus pauvres et les moins éduquées.

L’OMS pense que la plupart des décès maternels peuvent être évités en dispensant des soins qualifiés à l’accouchement et en donnant accès aux soins obstétriques d’urgence. En Afrique subsaharienne, où les taux de mortalité maternelle sont les plus élevés, seules 40% des femmes accouchent en présence d’une sage-femme qualifiée, d’une infirmière ou d’un médecin.

Dans les pays en développement, le pourcentage de femmes ayant eu au moins quatre consultations prénatales varie de moins de 10% à plus de 90%. Plus particulièrement les femmes démunies dans les zones rurales n’ont pas accès à tous les contrôles nécessaires. Elles ne peuvent pas se faire vacciner, traiter ou bénéficier de la prévention de la transmission mère-enfant du VIH.

Chaque année, 18 millions d’avortements sont pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité dans les pays en développement et entraînant 70.000 décès maternels. Nombre de ces décès pourraient être évités si les informations sur la planification familiale et la contraception étaient disponibles et appliquées.

L’un des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) consiste à réduire des trois-quarts le taux de mortalité maternelle entre 1990 et 2015. Jusqu’à présent, les progrès ont été trop lents. En 2005, le taux mondial de mortalité maternelle n’avait baissé que de 5%, de 430 à 400 pour 100.000 naissances vivantes. Il n’y a eu aucun progrès en Afrique subsaharienne où le risque de mortalité maternelle est le plus élevé.

L’impossibilité de bénéficier de soins qualifiés est le principal obstacle à une amélioration de la santé maternelle. La pénurie mondiale de soignants qualifiés aggrave la situation. D’ici 2015, il faudrait 330.000 sages-femmes de plus pour une couverture universelle de la présence d’accoucheurs qualifiés à chaque naissance, a recommandé l’OMS.

Source : All Africa

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