Pourquoi un colloque sur les formations genre - octobre 2005

Pourquoi un colloque sur la formation en genre et développement ?
L’information et l’appel à communication sur le colloque au sujet de la
formation en genre et développement circule depuis un moment
(Présentation) et certaines
des réactions semblent indiquer que l’orientation thématique de ce colloque
n’est pas assez claire.
Un colloque sur genre et développement ? Une formation sur genre et
développement ? Ni l’un, ni l’autre, mais un colloque sur les enjeux de la
formation au sujet de la vaste thématique « genre et développement ». Est-ce
nécessaire ? Est-ce utile ?

Ce bilan analytique des expériences en formation dans le domaine est
nécessaire parce que former au genre reste un défi particulier. L’approche
genre comporte premièrement un objectif clairement affiché, l’égalité entre
femmes et hommes. Deuxièmement, le genre implique un cadre analytique
particulier, où les rapports entre femmes et hommes dans toute leur
dynamique sont au centre de l’attention. Et enfin, intégrer le genre veut
dire appliquer des démarches méthodologiques spécifiques, avec un dispositif
d’outils très fourni (même s’il s’agit d’outils évolutifs et qui sont à
adapter à chaque contexte).
Vu cette complexité, il n’est pas étonnant que les formations soient
difficiles : l’aspect normatif est imminement politique, remettant en
question un statut quo jusqu’en interne dans les institutions, voire dans la
vie privée des participants. Tout travail sur le partage des rôles et les
différents rapports entre femmes et hommes révèlent presque toujours la
prévalence de stéréotypes dans nos manières de pensée, ce qui n’est pas
toujours une « découverte » agréable à vivre non plus. L’application des
outils « genrés » reste peut-être la partie la plus aisée, mais le degré de
participation qu’elle implique pour atteindre un niveau satisfaisant de
cohérence n’est pas toujours facile à atteindre, vu les contraintes
budgétaires et temporelles sous lesquelles les projets, programmes et
politiques de développement se conçoient et se mettent en œuvre.
Pour le dire crûment : le genre complique la vie ! Au moins pour ceux qui ne
peuvent pas s’appuyer spontanément sur un vécu qui illustre le bien fondé de
l’approche (parce qu’elle met des mots sur une réalité complexe qu’ils
vivent). Il est alors évident qu’il s’agit d’une thématique de formation qui
peut susciter des réticences.
Par ailleurs, se pose la question du contenu des formations. Comme les
réactions à la décision contre le terme « genre » de la Commission de
néologisme ont montré
Refus d’un mot - rejet d’un concept ?, la formation
reste un souci principal car le concept est loin d’être compris unanimement
par tous les acteurs et observateurs du développement. Pour d’autres, le
concept est compris, mais son intégration dans les démarches
professionnelles et dans les structures institutionnelles reste difficile.
Et toutes ces difficultés se conjuguent avec la dimension interculturelle
qui caractérise le développement. Nous sommes presque toujours face à des
situations d’inter culture, que ça soit Nord-Sud, rural-urbain, inter
ethniques, ainsi de suite. Les formations en genre naviguent alors dans des
eaux troubles, en évitant tant bien que mal les icebergs de l’
ethnocentrisme, du culturalisme et bien d’autres…
Sans vouloir anticiper sur le contenu de ce colloque qui aura lieu du 2 au 4
février 2006 à Bordeaux, les sujets à approfondir pendant ces quatre
demi-journées ne manquent pas. Un échange d’expériences du Sud, comme du
Nord, dans différents types d’institutions, avec des entrées variables
(thématiques, sectorielles, institutionnelles, …) peut contribuer à mieux
saisir la demande et les besoins en formations et à construire des réponses
plus adaptées.
Ce croisement des regards sur les formations en genre et développement
représente une étape significative dans les efforts de répandre l’approche
genre. De surcroît, cette capitalisation des expériences de formation
pourrait déboucher sur une formation de formateurs francophones, si les
débats du colloque concluent qu’une telle initiative est opportune.
Ce colloque vous intéresse ? Envoyez-nous rapidement votre proposition de
communication (Présentation) -
la date de clôture est le 1 novembre 2005 ! Pour tous ceux qui ne pourront
pas participer, les communications et si possible aussi la transmission des
débats de ce colloque seront bien évidemment diffusés par le site.

Plus généralement, la situation du réseau est restée la même depuis le
dernier bulletin électronique : nous nous trouvons toujours sans budget.
Entre-temps, le budget de l’ancien exercice a pu être clôturé, mais nous ne
savons pas quand le nouveau budget pourra être effectif.
Cette situation nous oblige à mettre en stand-by toutes nos initiatives qui
dépassent nos possibilités bénévoles. L’initiative du colloque sur la
formation est poursuivie parce que le réseau n’est que co-organisateur. Mais
pour nos autres projets, et notamment le projet d’observatoire
(Ébauche de projet : Vers un Observatoire Genre pour le développement ? (2005)), nous vous
demandons encore un peu de patience, en espérant que vos dynamismes pourront
être ressuscités, une fois que nous aurons les moyens de les mettre en
synergie pour aboutir à des actions concrètes.

En espérant que les nouvelles seront meilleures le mois prochain !

Solidairement
Elisabeth Hofmann
(coordinatrice)

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