Programme burkinabé : Réduction des risques sexuels en direction des Femmes

Un projet mené par le Mouvement Français pour le Planning Familial au Burkina Faso entre 2002 et 2005, sur les sites de Ouagadougou et Bobo Dioulasso.

Le MFPF, agréé mouvement d’éducation populaire depuis 1971, forme des personnes aptes à exercer des activités d’informations, de consultation et d’écoute en matière de sexualité.

Le MFPF est membre de l’IPPF (International Planned Parenthood Fédération) et entretient des relations avec des associations de femmes dans de nombreux pays.

Depuis 1998, en partenariat avec le ministère de la santé, le MFPF développe un programme de Réduction des Risques Sexuels (RRS) en direction des femmes en France [1] et dans les DOM.

L’évolution de l’épidémie du VIH en Afrique, notamment l’augmentation de la prévalence de l’infection parmi les jeunes filles et les femmes, ont renforcé notre conviction que des programmes de prévention spécifique femmes étaient prioritaires et urgents. Le MFPF a proposé de partager son expérience dans le domaine de la prévention et de la santé sexuelle et de développer un programme en partenariat avec des associations des pays du sud.

Le MFPF inscrit cette action dans une démarche d’échanges de pratiques et de partages de compétences.

Cette action a été soutenue par la World Aids Foundation puis par la Fondation de France

L’objectif principal du programme :

- La prévention des grossesses non désirées et des Infections Sexuellement Transmissibles, par une approche globale de la santé sexuelle qui prend en compte le statut socio-culturel, les vulnérabilités spécifiques des femmes et les violences.

Le programme s’appuie sur :

- Le concept de réduction de risques, pour amener les femmes à aller vers une meilleure protection en en étant actrices de leur choix.
- Le counselling, pour renforcer les compétences individuelles, l’image de soi et développer l’empowerment des femmes.
- La dynamique de groupe, pour développer l’échange de savoir à travers des groupes de paroles.

Il se décline en 2 phases :

- La 1ère phase concerne la formation des animatrices issues d’associations partenaires qui apporte la connaissance théorique des thématiques mais aussi les outils pour l’animation et la gestion de groupe. En outre, la formation doit permettre d’aborder la question des violences et des droits à travers une parole autour de la sexualité. Ces acquis permettent aux animatrices de conduire le programme sur le terrain.
- La 2ème phase concerne la constitution et l’animation des groupes de paroles de femmes. Ces groupes se déroulent communément en 7 séances à fréquence hebdomadaire au cours desquelles sont abordées les questions relatives au corps en terme de physiologie et d’anatomie et tout ce qui a trait à la santé sexuelle et reproductive et au sida. La présentation du préservatif féminin comme outil de prévention tient une place particulière.

La démarche du programme :

La formation est conçue afin que les femmes puissent augmenter leurs connaissances en matière de santé sexuelle et reproductive, qu’elles soient informées sur les risques sexuels et que ces informations puissent être diffusées. Les femmes en parleront à la maison, à leur partenaire. Elles chercheront un dialogue. Elles formeront des groupes à leur tour pour informer et former d’autres femmes ou leur environnement. Les effets sont visibles sur le long terme et non pas dans l’immédiat un des objectifs est de diminuer les inégalités entre les hommes et les femmes.
Notre propos est de comprendre de quelle façon le genre est pris en compte dans ce programme RRS animé par des femmes pour des femmes.
La perspective de genre a t-elle été respectée ? Le programme contribue-t-il à réduire les inégalités ?

LA PREMIERE PHASE : LA FORMATION DES ANIMATRICES

Le choix des partenaires du MFPF

Les associations partenaires oeuvrent pour la promotion des droits des femmes et ont peu ou pas de moyens financiers. Elles n’ont pas de local non plus mais ont une activité marquée dans leur quartier par un travail d’information et de sensibilisation sur la santé, les droits et l’aide aux petits métiers etc…
Nous avons proposé d’associer des associations de lutte contre le sida pour être non seulement en cohérence avec l’objectif principal, mais aussi pour bénéficier des compétences locales développées dans le champ du VIH.
Nous avons eu le souci de cette « mixité » associative afin de permettre un échange de compétences et de travailler à une dé-stigmatisation des associations et militantes de lutte contre le sida.
Nos partenaires se sont chargés de recruter les ONG intéressées et plusieurs associations ont répondu favorablement. Ces dernières qui sont bien connues dans le champ du sida bénéficient d’un local et de financements importants pour l’aide et la prise en charge de personnes vivant avec le VIH. Ces associations comptent parmi leurs salariés et bénévoles des hommes et des femmes.
Une première rencontre a permis de faire connaissance et de poser le cadre du programme et de décider de l’implication et la participation de chacun. Afin de limiter à 20, le nombre de participantes à la formation nous avons convenu que chacune des ONG , désigne 2 femmes pour suivre la formation et s’engager à conduire le programme sur le terrain et animer 2 groupes de paroles sur 6 mois. La question de la langue a été déterminante pour le choix des futures animatrices. En effet, il fallait qu’elles comprennent le français pour de pas être en difficulté lors de la formation assurée par le MFPF et qu’elles aient la maîtrise d’une langue locale, le dioula ou le moré dominante au Burkina Faso, pour aller rencontrer les femmes sur le terrain.
La formation a été assurée en Français par des formatrices du MFPF.
En revanche, nous avons fait appel à des experts locaux pour animer les temps de formations prévus sur les aspects théoriques du VIH, gynécologie . Parmi ces experts, il y avait la parité , 2 hommes et 2 femmes.

Les animatrices de Ouagadougou :

Les femmes désignées par les associations ouagalaises étaient pour la plupart des salariées dans le secteur du commerce ou de l’administration. Elles avaient un profil professionnel bien défini, enseignante, aide soignante, sage femmes, assistante sociale, secrétaire, vendeuses dans le secteur informel ou permanentes dans leurs associations (écoutantes et conseillères).
Lors de la formation, ces futures animatrices se sont impliquées , mettant en avant leurs compétences doublées d’une très bonne connaissance du terrain ce qui a permis une participation efficace et pertinente. Elles ont pris en charge les volets techniques concernant le corps, la gynécologie, les moyens de contraception et protection. Les stagiaires étaient particulièrement actives pendant la formation où la prise de parole était libre et spontanée.

Les animatrices de Bobo Dioulasso :

Les ¾ du groupe étaient des salariées ou bénévoles d’ associations de lutte contre le sida. En effet, sur 5 associations participant au programme 3 associations sont impliquées dans le champ de la lutte contre le Sida . Leur connaissance sur la santé sexuelle était très limitée et contrairement à ce qui s’est produit à Ouagadougou, ces stagiaires ont peu animé la formation sur les volets gynécologie, contraception etc.
Le poids de la problématique Sida et leur moins grande connaissance des autres problématiques a rendu plus difficile pour ces femmes, une approche globale de la sexualité. La préoccupation médicale occultait, selon nous, la dimension sexospécifique. Les liens entre sexualité et sida étaient plus difficiles à faire et les travaux sur le corps comme ceux des appareils génitaux étaient particulièrement pauvres. En revanche , ces participantes avaient une réelle maîtrise des aspects techniques du VIH, du suivi des personnes, des thérapies et de la maladie en général.. Parallèlement, ces animatrices se sont particulièrement impliquées dans les temps de formations autour du VIH, en véritables expertes de la question.
Ce groupe était constitué de femmes plus jeunes qu’à Ouagadougou. Elles avaient en moyenne, moins de 30 ans. Cette différence d’âge a entraîné une certaine liberté de parole entre elles et le fait d’en savoir plus que les femmes âgées sur un sujet aussi délicat que la sexualité les stimulait particulièrement. De plus, la complicité entre jeunes femmes s’est vite installée dans une perspective d’aide réciproque en cas de difficultés.

Organisation des femmes pour participer à la formation :

Les femmes de Ouagadougou et Bobo qui avaient des enfants, s’étaient organisées pour les confier à des proches. Nous avons souhaité qu’il n’y ait pas d’enfants en bas âge sur le lieu de formation, ce qui a influencé les horaires. Pour concilier les journées de formations avec les tâches reproductrices des femmes , les travaux commençaient à 7h30 et finissaient à 14h30 sur le principe de la journée continue au Burkina Faso.

Nous avons très vite compris que les femmes, se levaient plus tôt que d’habitude (aux environs de 5 heures du matin) pour organiser toutes les tâches domestiques quotidiennes (préparation des repas, gestion des enfants, courses…) avant de se rendre à la formation.

LA DEUXIEME PHASE : LES GROUPES DE PAROLE

La constitution des groupes :

Les retours ont montré que les animatrices ont conduit le programme sur le terrain et ont rapporté une foule d’informations non seulement sur le volet pratique de l’action mais aussi sur la parole des femmes rencontrées. Les animatrices ont mené le programme avec un savoir faire spécifique tant dans les aménagements, que dans l’innovation pour mener à bien la mise en place ou dans le déroulement des groupes de paroles. En effet, la majorité des groupes réalisés ont été constitués par les animatrices elles mêmes qui ont mis en place des stratégies pour recruter des femmes et constituer les groupes. Elles ont mobilisé tous les moyens à leur portée : le bouche à oreille, l’implication d’une personne relais, la mobilisation de la cour familiale, le recrutement dans le quartier, dans la famille, dans le village natal pendant les vacances etc. Cette démarche exceptionnelle demande non seulement tout un savoir faire mais aussi beaucoup de temps et un investissement certain.
Les animatrices ont veillé à homogénéiser les groupes ; elles ont recruté par exemple des femmes ayant le même âge, ou le même statut (jeunes filles, mariées, commerçantes du quartier etc…). Cette vigilance à homogénéiser les groupes est une stratégie qui permet d’avoir le même statut qui autorise et ou facilite la parole sur la sexualité.
En même temps, certaines animatrices ont rencontré des difficultés pour parler de sexualité avec les vieilles qui dans certains cas ont été réfractaires et un peu choquées qu’une jeune puisse aborder ces questions avec elles contrairement à la tradition. Pour contourner la difficulté et continuer le travail , elles ont recruté une animatrice plus âgée et ont fini en binôme.
Le travail avec les groupes a eu lieu dans la plupart des cas au pied du manguier ou du karité, ils étaient donc ouverts et le nombre de participantes pouvait varier d’une séance à l’autre avec, selon les animatrices, un noyau assidu. De plus , la tradition exige d’accepter toute personne se joignant au groupe, qu’elle soit de passage dans le quartier , dans la famille ou venue exprès participer au groupe après en avoir eu l’information. Les animatrices ont du gérer les aléas dus à la ponctualité, à l’assiduité et aux rythmes du pays, ce qui a demandé un effort considérable et beaucoup de patience.
Mais ce travail n’a pas été sans difficultés et les animatrices ont fait face à de nombreuses embûches comme les fortes croyances ou les résistances de la population qui dans certains quartiers a tenté de s’opposer à l’action pour empêcher le dévergondage. Elles ont fait appel au chef du village, leader de quartier, parents etc et ont négocié avec eux avec beaucoup de diplomatie. Certaines ont choisi d’argumenter en révélant leur statut de personne vivant avec le VIH. Bref, elles ont tout fait pour mettre en place des groupes et animer les séances comme le prévoit le programme.
Ces premiers éléments , montrent que les animatrices ont fait de notre expérience partagée un programme adapté à la réalité locale.

LES AMENAGEMENTS DU PROGRAMME

Le travail avec des hommes :

Elles ont même pris l’initiative d’en faire bénéficier des hommes aussi. Cette initiative a été pour nous une surprise mêlée de questionnements. Il semblerait que des animatrices aient décidé de manière spontanée la constitution de groupes exclusivement masculins ou mixtes. Les participants sont relativement jeunes et leur âge varie entre 18 et 30 ans et ce dans les 2 villes. Ce travail auprès des hommes a été ensuite encouragé par les femmes qui avaient bénéficié du programme et qui ont demandé, comme en France, à ce que l’action soit proposée à leurs maris, mais aussi aux enfants et aux hommes en général. Ainsi, 12 groupes mixtes et 7 constitués exclusivement de jeunes hommes ont été réalisés dans les 2 villes Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Des animatrices ont pris l’initiative de travailler tous les vendredis soirs dans les maquis (bars africains).

Identification des Droits Humains :

Le groupe de parole a fait émerger la question des droits humains et des droits des femmes en particulier. Très vite, les animatrices ont été confrontées à des situations en lien avec les droits des femmes. Elles se sont débrouillées pour solliciter une personne « ressources » (sage femme, juriste, assistante sociale…) soit pour intervenir auprès du groupe soit pour avoir les réponses aux questions posées. Dans certains cas, elles ont opté pour accompagner les personnes concernées vers des structures compétentes comme l’Action Sociale. Pour les animatrices burkinabé, la question des droits des femmes et de la famille doit être intégrée au programme au même titre que les IST, les violences ,le VIH ou la planification familiale. Si, le programme en France est sous tendu par la question des inégalités, il comporte au Burkina Faso, une séance bien identifiée qui a pour thème, les droits des femmes et de la famille. Ceci prouve que les animatrices ont non seulement rapporté la parole des femmes mais aussi mis en exergue le lien entre les inégalités sociales et en particulier les droits des femmes, l’épidémie du VIH et la sexualité. . Le travail de connaissance des droits des femmes inscrits dans la loi du pays est important, car le droit coutumier fait trop souvent office de référence. Les personnes ressources de l’Action Sociale permettent de re-poser le cadre légal et de lutter contre la méconnaissance et de fausses interprétations.
Ces difficultés n’ont pas empêché la visibilité des animatrices qui, repérées dans leurs quartiers sont devenues des personnes ressources et ont été sollicitées, non seulement pour animer d’autres groupes de paroles, mais aussi pour accompagner individuellement des personnes et en particulier des femmes et des jeunes filles.

Les indemnités financières pour la mise en place des groupes :

Une indemnité était prévue et versée à l’association locale partenaire pour que chaque animatrice puisse assurer les 2 groupes de paroles et payer tous les frais inhérents au déroulement de l’action.(boissons, photocopies, essence pour la mobylette, frais de transport etc…) ainsi que les frais occasionnés par le programme à l’association. Le montant identique alloué au défraiement a représenté une difficulté. Certaines devaient se déplacer et faire des kilomètres pour rejoindre les femmes dans un quartier ou dans un village, d’autres restaient sur place car leurs groupes étaient constitués dans leur quartier ou la cour familiale, et n’avaient pas de frais de déplacement à payer.
Il a été décidé que les associations prennent en compte ce problème et indemnisent en conséquence les animatrices pour couvrir les frais de déplacements.

Les associations et les pouvoirs politiques :

Certaines de nos associations partenaires restent cantonnées dans leur action thématique de proximité. Elles ont une vraie difficulté à se poser comme actrices politiques et à développer ensemble des stratégies autour des droits des femmes par exemple. Elles font un vrai travail de sensibilisation et d’émancipation en construisant des réseaux de solidarité mais se refusent à le valoriser de peur d’être récupérer par des politiques qu’elles jugent peu soucieux de leur vie et trop loin d’elles. Ces associations de quartier sont à distance de la politique dont elles se sentent d’ailleurs exclues. Les associations de lutte contre le Sida sont actives sur leur problématique en terme de soin, d’accès aux soins et aux médicaments et participent à de nombreuses réunions nationales ou internationales mais n’interviennent peu ou pas de façon spécifiques sur le champ des droits des femmes.
Le MFPF a essayé de créer un contact entre les ONG locales et les pouvoirs politiques locaux ( ministère de la promotion de la femme, ministère de la santé, député(e)s impliqué(e)s dans la santé sexuelle et reproductive…) afin de valoriser le travail de terrain effectué par les associations et qu’elles soient plus entendues et écoutées dans le cadre de mise en place de nouvelles politiques. Les premières et timides bases posées doivent être consolidées ensemble dans le cadre de la poursuite du programme. Les relations de nos associations partenaires au politique restent complexes, elles sont à relier soit à des problèmes de gouvernance ( un manque de transparence dans les prises de décision et dans leurs déclinaisons financières) soit à une trop grande proximité familiale ou communautaire.

Le travail d’empowerment :

Les animatrices étaient très actives pendant la formation car elles étaient systématiquement sollicitées. Elles ont été formées pour pouvoir ensuite constituer d’autres groupes de femmes. C’est ainsi que les besoins des femmes ont été pris en compte dans un but stratégique, celui de solliciter des femmes pour qu’elles deviennent elles mêmes porteuses d’une information et que pour cette information circule le plus possible parmi les femmes et aussi en conséquence, parmi les hommes. Cette façon de procéder, par besoins stratégiques coïncide avec la stratégie d’empowerment.

Les personnes ressources :

Enfin, cette expérience a mobilisé des associations de lutte contre le sida notoirement connues et des petites associations de quartiers qui oeuvrent pour la citoyenneté, l’éducation, la promotion des droits des femmes Ce travail ensemble dans le cadre de ce programme a permis à des personnes ressources sur la question du sida d’une part, de rencontrer des militantes des droits des femmes d’autre part. Il a favorisé les passerelles entre ces associations pendant et après les temps de formation et a contribué certainement à dé stigmatiser les personnes vivant avec le VIH

Le préservatif féminin et les moyens de contraceptions :

Dans le programme RRS du MFPF une attention particulière est portée au préservatif féminin seul moyen de protection à la fois contre le Sida et les grossesses non désirées à la disposition des femmes. Ainsi nous en avons assuré la fourniture pour que les femmes des groupes rencontrés puissent le connaître et l’essayer.
La diffusion et l’accessibilité tant géographique que financière ( 100cfa ou plus l’unité) par les femmes reste problématique sur le territoire.
Un programme national de diffusion du préservatif féminin a été lancé au Burkina Faso , il est piloté par la Direction de la Santé et de la Famille , le Conseil National de Lutte contre le Sida et financé, entre autre, par le FNUAP. Sur Ouagadougou, nos associations ont été identifiées comme faisant partie de ce programme national, cela a donné la possibilité d’acheter les préservatifs à un prix plus bas, mais le réseau de diffusion formé par nos partenaires reste faible en nombre et peu connu. De son coté le programme national du gouvernement est en cours d’évaluation.
Il reste donc à développer plus de centres de proximité où les femmes pourront se le procurer.
Le suivi gynécologique et la planification familiale sont problématiques pour beaucoup de femmes, trop chers, peu valorisés et des centres de soins sont trop éloignés. Les moyens de contraception fiables sont encore peu utilisés.

LES EFFETS INDUITS DU PROGRAMME :

Création d’un outil : un lexique en langues locales :
Une fois sur le terrain, les animatrices se sont rendues compte du manque de vocabulaire en langue locale pour les questions liées au corps et à la physiologie.
Afin de pallier à ce manque de vocabulaire, 2 associations de la ville de Bobo dont une animatrice est linguiste se sont attelées à l’élaboration d’ un lexique de mots sur le corps, l’anatomie et la physiologie. Les animatrices ont finalement décidé de faire un outil visuel dans les 2 langues à partir de dessins réalisés par un jeune lycéen de la même ville. Cet outil qui compte 24 planches a été édité à 150 exemplaires et a été diffusé à toutes les associations impliquées.

LES PERSPECTIVES :

Le prochain volet du programme RRS, financé à partir de 2007 pour trois ans, par le Ministère des Affaires Etrangères et la Fondation de France, prévoit de renforcer les capacités des animatrices pour être formatrices à leur tour.
L’objectif est que les animatrices deviennent des formatrices qui iront ensuite former d’autres animatrices en langues locales pour conduire le programme sur le terrain et animer des groupes de paroles. Cette démarche en cascade contribuera à renforcer les capacités des associations et permettra de démultiplier les actions de prévention au niveau local et notamment rural. Elle va probablement consolider l’implication de nos associations dans le dispositif de diffusion du préservatif féminin.

EN CONCLUSION :

Nos partenaires se sont appropriées le programme pour renforcer leur activité . Pour les unes autour des questions des droits, de la sexualité et du VIH et pour les autres le VIH, la sexualité et les droits.
Si le contenu du programme intègre des questions souvent traités sur un plan médical, les animatrices ont été, sur le terrain, très rapidement confrontées aux questions liées aux droits des femmes en particulier, à leur place dans la famille et dans la société qui les exposent particulièrement aux inégalités et aux violences. Les participantes aux groupes ont eu un espace pour exprimer la différence de traitement entre les hommes et les femmes et leurs difficultés quotidiennes qui ne leur permettent pas de s’occuper d’elles, de leur santé et leur plaisir.
Au terme de cette période, la mise en œuvre du programme et le partage d’expérience ont mis en évidence la nécessité d’une concertation systématique entre partenaires et nous (les financeurs).
Nous avons engagé un travail, sur la nécessité de trouver à terme des financements relais locaux ou autres pour continuer le programme. Des contacts ont été développés avec les pouvoirs publics locaux, d’éventuels partenaires associatifs financeurs pour faire connaître et reconnaître le travail des associations et en particulier les actions de prévention qui s’appuient sur cette dynamique collective.

Latifa Drif (MFPF Ad34) et Christine Mauget (MFPF Ad 86)

Carine Favier, responsable du programme RRS-France, Afrique et Océan Indien .

MFPF CONFEDERAL
4, Square Saint Irénée
Paris 11e, France

Notes

[1J.MOSSUZ-LAVAU, DGS, CEVIPOF, 2000.

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