Qui sont les femmes de l’Est à Awid ?

Les Européennes de l’Est sont peu présentes à l’Awid. Toutes isolées qu’elles sont, tant au niveau de la langue, que des représentations continentales, les bailleurs de fonds ont saisi l’occasion de leur présence pour les réunir et s’informer de l’état des organisations de femmes.

L’Europe de l’Est est en train de devenir une fois encore une région inexistante. Dans les couloirs de l’Awid, on entend plus souvent les langues slaves, on reconnaît à peine les visages et même si les femmes viennent d’un pays de l’Est, elles représentent ou bien une organisation internationale, un fonds ou une ONG étrangère. Les langues dans lesquelles sont traduites les sessions sont l’Anglais, l’Espagnol, plus rarement le Français… et c’est tout. Pas de russe. On a entendu au début que les Européennes de l’Est représentaient 10% des participantes, mais cela reste réellement une estimation. Les sessions menées par des Européennes de l’Est ne se comptent pas plus que sur les doigts de ma main.

Les Européennes de l’Est ne seraient-elles plus intéressées par le mouvement féministe ? Ou bien ne croient-elles plus à la force des mouvements ? Ou une fois encore se sentent-elles exclues parce qu’elles font partie d’un monde qui n’est ni « premier » ni « tiers » donc pas intéressant ?

Une opportunité saisie par les bailleurs

En tout cas, les bailleurs de fonds ne perdent pas leur temps. Leur représentantes sympathiques ont immédiatement identifiées les Européennes de l’Est, bien à l’ avance, et ont organisé un rendez-vous… gratuit en termes de coût de participation. De toute façon, les femmes ciblées sont ici, quelqu’un a payé leur billet d’avion. Pourquoi ne pas en profiter ? Pourquoi laisser passer l’opportunité de se rassurer que les organisations d’Europe de l’Est existent toujours malgré le manque d’argent, malgré le retrait de presque toutes les agences de financement ?

Et voilà les Européennes de l’Est, beaucoup moins nombreuses qu’à Bangkok, fatiguées d’écrire des projets et de recevoir des réponses négatives parce que « la région n’est plus une priorité », fâchées et déçues car le mouvement est en train de périr. La plupart des participantes d’Europe de l’Est sont celles qui gèrent un fonds pour des femmes mais celles qui doivent en bénéficier ne sont pas là, à une exception près. On parle toujours de manque de visibilité mais on ne peut pas être visibles sans être la, présentes.
Pourrait-on imaginer une conférence d’AWID au « deuxième » monde ? Le FEF ne s’est pas passé, mais peut-être aura-t-on la chance de voir le monde féministe venir un peu plus au nord-est… un jour.

Jivka Marinova - GERT - Bulgarie

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