Rapports de genre à l’adolescence - entre violence subie et violence exercée

Fin 2003, la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité de la région PACA a proposé, dans le cadre du
Conseil local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, de s’intéresser de façon sexuée à ce
qui se passait dans les relations entre les jeunes, filles et garçons, du côté des violences, qu’elles
soient subies par les filles (dans la grande majorité de ces violences, les filles sont effectivement
victimes de celles-ci) ou qu’elles soient exercées par ces mêmes filles (un phénomène qui
apparaissait comme encore très récent).

Avant propos
De Béatrice Borghino,
chargée d’études à la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité PACA.

Fin 2003, la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité a proposé, dans le cadre du
Conseil local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, de s’intéresser de façon sexuée à ce
qui se passait dans les relations entre les jeunes, filles et garçons, du côté des violences, qu’elles
soient subies par les filles (dans la grande majorité de ces violences, les filles sont effectivement
victimes de celles-ci) ou qu’elles soient exercées par ces mêmes filles (un phénomène qui
apparaissait comme encore très récent).

Nous partions de plusieurs points de l’actualité qui avaient attiré notre attention :

• Premier point : depuis plusieurs années déjà, nous étions très sensibilisées à ce que l’on appelle
une analyse de genre, ce qui signifie que nous avions eu l’occasion de vérifier à quel point il était
pertinent de ne pas considérer les phénomènes sociaux auxquels nous sommes confronté-e-s
d’un point de vue “neutre” ; il est primordial de sexuer nos analyses sociales : hommes et femmes,
garçons et filles, ne sont pas socialisé-e-s de façon uniforme, justement ; ils sont inscrits dans des
rôles, des fonctions, des images, des représentations sociales tout à fait différentes et, du coup,
des réalités et des vécus qui ne sont pas les mêmes, non plus. La réalité sociale étant construite
de façon sexuée, l’analyse et les réponses que nous apportons, doivent en tenir compte, faute de
quoi, nous passons à côté du réel !

• Deuxième point : un nouveau mouvement avait commencé à émerger et à faire parler de lui : je
veux parler de celui qui s’est appelé “Ni putes ni soumises” ; nous pensions que ses membres
étaient en train de dire quelque chose à la société et qu’il fallait, au moins, “entendre” et voir de
quoi il s’agissait.

• Troisième point : dans les différentes études publiées sur de nouvelles réalités apparaissant dans
les quartiers, le phénomène de ce qui est appelé “les crapuleuses” avait, lui aussi, suscité mon
intérêt ; les “crapuleuses” sont ces jeunes filles qui réagissent elles mêmes avec des modèles très
“virils” afin de se faire “respecter”.

Face à cet état de faits, nous avions la volonté de :

• mettre la question du sexué/genré sur le tapis

• participer à mettre à jour ce qui se jouait dans tous ces phénomènes, de façon à mieux informer
les actions que nous devions conduire sur le terrain ;

• élucider ce qui pouvait bien se passer derrière l’apparition de nouveaux comportements,
stéréotypes et figures, du côté de la force, de la domination, de la violence, et ce, même du côté
de certaines filles.

Là, en l’espèce, le “sexe” venait démentir le “genre”, puisque “le genre féminin” est censé être du
côté de la soumission, de la douceur, etc.
Nous avons accueilli chez nous une jeune stagiaire en DESS de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix
en Provence, qui voulait travailler sur ces questions auprès de notre équipe. Elle a réalisé un très
bon travail d’étude. C’est ce rapport résumé et synthétisé que vous pourrez télécharger en cliquant ici.

Source : Béatrice Borghino

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