Réédition de "Sexisme et sciences humaines" aux Presses universitaires du Septentrion.

Cet ouvrage, issu d’une thèse en
linguistique, devrait intéresser toute personne concernée par l’analyse de
la construction du sens dans les discours et par une caractérisation du
discours sexiste qui ne relève pas des connotations dévalorisantes.

Comment se manifeste l’idéologie sexiste dans le discours des sciences
humaines ? Pour répondre à cette question C.Michard et C. Ribéry ont choisi
comme terrain d’analyse des textes de deux anthropologues (P. Clastres et M.
Godelier) et d’un sociologue (P. Bourdieu). Elles fondent leur recherche sur
une théorie linguistique de l’énonciation, exposée de façon concise, et
démontrent avec précision le biais sexiste de ces textes, reconnus comme
scientifiques, et donc objectifs. L’analyse fine des phénomènes énonciatifs
(déterminations aspectuelles, modalisations, réseaux de repérage, etc.) leur
permet de mettre en évidence un ensemble d’oppositions formelles, peu
étudiées et non perçues. Ces oppositions, qui ne sont pas interprétables en tant que
connotations dévalorisantes ou valorisantes, traversent l’ensemble des
textes, et leur signification structure l’argumentation théorique : elles
constituent par conséquent un élément fondamental dans la construction du
sens. Pour conclure, C. Michard et C. Ribéry ancrent leur recherche
linguistique dans une théorie sociologique des rapports de pouvoir et de
leurs effets idéologiques, et interprètent les dissymétries sémantiques
analysées comme l’expression directe, non assertée, de la pensée des sexes
dans notre société. Ce document linguistique et sociologique, qui énonce son
point de vue féministe, fait preuve d’une rare exigence, tant théorique que
méthodologique.

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