Relaxe de féministes jugées pour diffamation publique sur un universitaire

Une affaire en France qui attire notre attention sur le fait que le soupçon d’harcèlement sexuel d’un chercheur, Daniel Welzer-Lang, sur ses étudiantes (dans le contexte de l’encadrement des recherches de ces dernières - dans ce cas précis, sur le genre !) ne rentre pas en ligne de compte lors de l’évolution de la carrière de celui-ci. Ce qui repose l’épineuse question des abus de pouvoir liés au genre dans nos institutions, en France et ailleurs.

TOULOUSE, 30 mai 2007 (AFP) - 16h01

Huit femmes universitaires et chercheuses, poursuivies pour "diffamation publique" après avoir dénoncé les agissements d’un professeur toulousain soupçonné de "harcèlement sexuel" sur ses étudiantes, ont été relaxées mercredi par le tribunal correctionnel de Toulouse. Pour deux d’entre elles, membres de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), le tribunal a prononcé la relaxe fondée sur la bonne foi, et, pour les six autres membres de l’Association nationale des études féministes (Anef), pour nullité de procédure. "Nous sommes très heureuses car nous souhaitions utiliser ce cas particulier afin d’alerter les autorités contre le harcèlement sexuel dans les universités", s’est réjouie Nicky Le Feuvre, représentante de l’AVFT et également prévenue dans l’affaire.
"Le contenu du procès a clairement montré les difficultés qui s’exercent dans les rapports de pouvoir entre enseignants et étudiantes, car il n’est pas suffisant de dire qu’il suffit d’utiliser les lois existantes en matière de harcèlement sexuel et qu’il suffit pour cela de dénoncer", a-t-elle ajouté. Les associations d’études féministes avaient publié sur internet (www.anef.org) un texte dans lequel elles dénonçaient la nomination de ce maître de recherches en sociologie au titre de professeur à l’université Toulouse-Le Mirail (UTM). L’AVFT avait saisi le président de cette université pour lui indiquer que plusieurs témoignages d’étudiantes avaient dénoncé - sans porter plainte - ses agissements. Sans réponse du président de l’UTM, les responsables de cette association féministe avaient en vain alerté le ministre de l’Education nationale de l’époque, François Fillon.
"Mais en ce qui concerne ce professeur, toujours en poste à l’université, cela ne change rien car il n’est reconnu coupable de rien", conclut Mme Le Feuvre.

Source : France 3


A télécharger :

- Compte rendu de l’audience du procès
- Appel à l’aide pour couvrir les frais de défense engagés

Lettre de l’AVFT :

La justice invalide la plainte de Daniel Welzer-Lang

Le tribunal correctionnel de Toulouse a rendu hier sa décision : Daniel Welzer-Lang est débouté de sa plainte en diffamation

En janvier et juillet 2005, Daniel Welzer Lang avait déposé des plaintes pour diffamation à l’encontre de celles qui avaient publiquement dénoncé les agressions sexuelles de celui-ci.
http://avft.org/article.php?id_article=309

Après l’audience du 14 mars, la décision du Tribunal correctionnel de Toulouse avait été mise en délibéré au 30 mai.

Catherine Le Magueresse (Présidente de l’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT), juriste), Marie-Victoire Louis (ex-présidente de l’AVFT et chercheuse au CNRS) ont été relaxées. Leur défense était axée sur la réalité des violences dont il était accusé.

Les six autres enseignantes, chercheuses, membres de l’Association Nationale des Etudes Féministes (ANEF), qui avaient plaidé la nullité de forme de la plainte, sont également relaxées.

Nous attendons le jugement rédigé pour faire une analyse sur le fond.

La responsabilité de l’Université et du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche est, encore une fois, posée.

Cet enseignant est toujours professeur d’Université.

Nos lettres (in “20 ans de lutte contre les violences sexuelles et sexistes au travail”, p. 174 à 177, AVFT, décembre 2006) au président de l’université et au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, à l’origine de la plainte de D. Welzer-Lang, sont toujours d’actualité et appellent des réponses.

Nous voulions néanmoins partager ce succès avec vous qui avez été si nombreuses et nombreux à nous soutenir.

Catherine Le Magueresse et Marie-Victoire Louis

Paris, le 31 mai 2007

Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail
(AVFT Libres et Egales)
BP 60108 - 75561 Paris cedex 12
Permanence téléphonique : 01 45 84 24 24, du lundi au vendredi de 9h30 à
15h00 et "nocturne" le mardi de 18h30 à 20h30.
Fax : 01 45 83 43 93, contact chez avft.org, www.avft.org
L’AVFT a pour objet la prévention et la lutte contre les violences sexistes
et sexuelles dans les relations de travail

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