Renforcer la participation des francophones sur la scène internationale : Forum de l’AWID 2008

La faible présence des Francophones dans les rencontres internationales traitant des droits des femmes et/ou du « genre » est un problème récurrent, le reflet du décalage, et peut-être du retard, des acteur-trices francophones du développement sur la prise en compte du genre dans les politiques publiques et la reconnaissances des droits des femmes comme enjeux de développement à part entière. Si la situation n’est pas nouvelle, manifestement, elle persiste.

OIF et Genre en Action : pour une plus grande participation des Francophones à AWID

De quoi s’agit-il alors ? Du manque d’information en français (ou d’accès à cette information), du morcellement des mouvements et du manque de synergie entre les ONG de femmes, les « pro-genre » et les féministes ? Les mouvements sont-ils en mode d’« auto-défense » d’une spécificité francophone par rapport aux approches anglo-saxonnes ? Est-ce le manque de volonté politique des gouvernements et des bailleurs du monde francophones sur ce thème ? Les réponses sont sans doute multiples. Reste que des solutions pour remédier à cette situation sont à trouver.

Le forum de l’AWID – l’association pour les droits de la femme et le développement – n’est pas le seul rendez-vous international des femmes militantes et féministes. Il est cependant le seul espace sur ce thème à avoir une portée internationale, à s’adresser aux mouvements sociaux, à ne pas être organisé par les Nations Unies ou les Etats... et à survivre depuis 26 ans. Jusqu’à présent, 10 fora internationaux ont été organisés, le dernier en date (2005 à Bangkok, Thaïlande) regroupant plus de 1800 femmes (et quelques hommes) du monde entier. Actuellement, l’AWID est impliquée dans le plaidoyer visant à intégrer le genre dans la déclaration de Paris, mais les associations francophones de la société civile sont largement absentes de cette démarche. Un rapprochement entre le mouvement international que représente AWID et les associations militantes francophones était donc plus que nécessaire. En 2005, la liste des participant-es au 10e forum de l’AWID (Bangkok) comptait environ 80 noms de francophones (sur les plus de 2000 inscrit-es). Sur ces 80, la moitié à peine a assisté au forum. Sur la centaine de sessions-débats proposées pendant les quatre jours, pas plus de 8 sessions ont fait appel à des francophones et seules trois séances ont été proposées par des francophones (Sénégal, Rwanda et RDC). Aucun-e francophone représentant-e d’organisations n’est intervenu-e pendant les plénières.

La mobilisation des francophones autour des grands enjeux de développement et dans les rencontres internationales faisant partie des objectifs de l’Unité Genre de l’Organisation Internationale de la Francophonie et du réseau Genre en Action, ces deux partenaires ont donc proposé un partenariat à l’AWID afin de garantir une participation francophone de qualité pendant le Forum 2008.

Que propose ce projet au sein du Forum de AWID ?

La mutualisation des ressources de l’OIF, du réseau Genre en Action, à laquelle s’ajoute une participation financière de la Coopération Suisse et de AWID, a permis de financer la participation de 47 francophones du Sud (dont 44 femmes) et de 4 membres de l’équipe organisatrice du réseau genre en Action (France).

Elle a aussi permis l’organisation d’une session et de deux caucus au sein du Forum. Le but de ces rencontres est de se pencher à la fois sur les raisons et les solutions de la faible présence des francophones sur la scène internationale du genre, afin de dépasser l’idée que le manque de moyens et la prépondérance de l’Anglais dans ces rencontres sont seuls responsables de la situation. Le partenariat a surtout permis à

Finalement, ce travail a donné lieu à la mobilisation des associations de femmes dans différents pays afin de rendre possible une couverture média militante en français d’un événement international, permettant à tou-tes les francophones de participer aux différents débats, y compris de façon éloignée.

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Atelier « Genre, féminismes et mouvements sociaux en Afrique : différences et synergies entre les approches francophone, anglophone et lusophone »

L’hypothèse de départ est que les mouvements de femmes en Afrique sont différents selon qu’ils opèrent dans des milieux francophones, anglophones ou lusophones et que, par conséquent, leur rapport avec les mouvements sociaux sont également différents. La session propose de confronter les différentes approches et stratégies utilisées par les mouvements de femmes et féministes issus de pays d’Afrique francophone, anglophone et lusophone afin d’identifier les différences et les similitudes dans les liens que les mouvements de femmes et féministes entretiennent avec les mouvements sociaux.

Pour des raisons liées à l’histoire coloniale de l’Afrique, les mouvements sociaux de femmes ont suivi des voies différentes selon qu’ils se sont développés dans les milieux francophones, anglophones ou lusophones. Alors qu’un féminisme à l’Africaine continue être défendu dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest, l’évolution du concept genre et son application a surtout touché les pays anglophones sous l’influence des agences internationales et des bilatérales pionnières sur le genre. Les pays francophones ont été confrontés au genre beaucoup plus tard et de façon moins structurée. Les financements pour travailler sur « le genre » ont été moins importants en Francophonie, malgré des efforts dans ce sens depuis plusieurs années. Dans les pays lusophones, à l’exception du Mozambique qui a fait l’objet de très nombreux projets d’aides au développement de la part d’agences de tous les pays, la question du genre commence juste à poindre.

Dans un premier temps, la session s’interrogera sur la façon dont, dans ces différentes « zones linguistiques », le féminisme est perçu par les mouvements des femmes et les mouvements sociaux ? Selon les zones linguistiques, comment se comportent les mouvements des femmes : où sont-ils plus efficaces, moins marginaux, mieux financés, et pourquoi ?

Dans un deuxième temps, la session se penchera sur les liens entre les mouvements des femmes et les mouvements sociaux. En quoi les fondements (conceptuels, idéologiques et politiques) sur lesquels reposent les définitions du « genre » et du « féminisme » dans les différentes zones influencent-ils les rapports entre les mouvements des femmes et d’autres mouvements sociaux ? Dans ces différentes zones, comment s’articulent les revendications et les actions des femmes avec celles des mouvements sociaux ? Est-ce et comment le genre est intégré dans les mouvements sociaux ?

La question finale sera : que pouvons-nous apprendre des approches dans les différentes zones ? Comment travailler ensemble au-delà de nos différences pour construire des alliances durables et efficaces entre les mouvements des femmes et les autres mouvements sociaux, notamment en Francophonie ?

Contributions des intervenantes

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Vonifanja ANDRIANAONITSOA
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Idalina Freire
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Idalina Freire Gonçalves
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SCHOLASTIQUE COMPAORE
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Jamila SOUSSI

Contributions des participant-es

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Amina AHMED
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Zamba Akpe AMEYO
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Khadijetou CHEICK OUEDRAOGO
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Fatma ELKORY OUMRANE
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Gisèle Kapinga
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Aissé Keita
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Mama Adama KEITA
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Habibou KOANDA ZONGO
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Marguerite KOFIO
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Eugénie KONAN ADJOUA
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Mambo Kadidja Danté
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Jivka MARINOVA
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Théodore MBAINAISSEM
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Marie Hélène MOTTIN
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Jacqueline MUSUGANI
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Pierrette OYANE NZUE
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Marcelline RAHAINGO-RAZAFIMBELO
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Mina Harivola RAKOTOARINDRASATA
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Noroarisoa S. RAVAOZANANY
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Hassania CHALBI-DRISSI
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Caroline Mofogang

Des francophones à AWID (communiqué de presse, 22/10/2008)

Dans le cadre du Forum de l’Association for Women in Development (AWID), qui s’est tenu à Cape Town en Afrique du Sud du 14 au 17 novembre 2008, le réseau Genre en Action et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ont organisé quatre activités parallèles réunissant une cinquantaine de Francophones. Croiser les regards de femmes ou féministes des différentes communautés de langue demeure le défi à relever pour dépasser les obstacles à l’égalité des genres.

« Le pouvoir des mouvements sociaux ». Tel est l’intitulé de la rencontre sud-africaine à laquelle, grâce au soutien financier de l’OIF, d’AWID, de la Coopération Suisse et du réseau Genre en Action, 44 femmes et trois hommes, tou-tes d’Afrique francophone à l’exception d’une Bulgare, ont participé. Considérant que près de 2000 personnes, dont 10 Francophones, ont participé à la dernière édition du Forum à Bangkok, cette initiative a permis une augmentation du taux de participation francophone de 500%. Sans équivoque, la participation tant quantitative que qualitative est devenu un réel enjeu de cet espace de rencontre féministe international. Massivement investi par des Anglophones, pour des raisons tant historiques qu’économiques, il s’est désormais orienté vers un partage et un croisement des analyses, témoignages, expériences, d’autant plus pertinent en Afrique. Plus qu’un élargissement d’audience, il s’est agi de construire les fondements d’une réelle mondialisation féministe et de tracer des pistes communes pour des changements sociaux intégrant l’égalité de genre.

Une activité multiforme

Le Réseau Genre en Action et l’OIF ont organisé un atelier, deux caucus et une couverture média quotidienne. Toutes ont au moins eu en commun la langue : le Français.

L’atelier a porté sur le thème « Genre, féminisme et mouvements sociaux en Afrique : différences et synergies entre les approches francophone, anglophone et lusophone ». Il a ambitionné de questionner les engagement ou au contraire désintérêt construits des mouvements sociaux africains vis-à-vis du genre. Il s’est agi tant d’établir un comparatif des approches que des résultats. Cette session a été traduite en anglais.

Deux caucus, en partenariat avec d’autres organisations, ont porté sur les indicateurs de genre – « Genre et mouvements sociaux : quels indicateurs ? » – et sur la réforme de l’aide au développement – « Nouvelles modalités d’aide au développement : nouvelles opportunités ou nouveaux effets pervers pour les femmes en Afrique Francophone ? ». Ces deux espaces de débat ont ouvert des investigations à plus long terme, sur des axes méthodologiques comme politiques, le tout en collaboration avec des organisations non-francophones.

Ensuite, pendant tout le Forum, une équipe d’une quarantaine de Francophones ont assuré une couverture media en Français, visible sur les sites de Genre en Action (http://www.genreenaction.net/spip.php?rubrique35 et http://
www.genreenaction.net/spip.php ?rubrique37
) et de l’Unité genre de l’OIF (http://genre.francophonie.org/spip.php?rubrique56). Cette initiative a rempli deux objectifs, créé une dynamique au sein des Francophones.

Par ailleurs, depuis sa genèse, cette opération a rassemblé, créé les moyens d’échange et de débat, y compris avec les acteur-trices francophones qui n’ont pu venir jusqu’au Cap. Toute cette richesse s’est construite au travers d’un forum dont les contributions sont disponibles sur le site du Réseau (http://www.genreenaction.net/spip.php?article6413).

Augurons que la concentration de ces efforts dépassera la simple étape du rendez-vous AWID et installera définitivement un mouvement, voire une plateforme, francophone pour l’égalité des genres.

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