Revue Diogène : étude sur les nouvelles perpectives dans les gender studies

La revue Diogène a publié dans son numéro 225 une série de textes et d’études consacrés aux nouvelles perspectives dans les gender studies.
Une sélection de deux documents de référence vous est proposée ici : l’article de Joan W. Scott "Le genre : une catégorie d’analyse toujours utile ?" et l’étude de Tanella Boni "Corps blessés, corps retrouvés ? Les discours sur les mutilations sexuelles féminines".

Le genre : une catégorie d’analyse toujours utile ?- Joan W. Scott
Résumé de l’article :
Cet article retrace l’histoire des emplois du terme « genre ». Il avance que, bien que « genre » ait été récupéré et banalisé, de nombreuses questions perdurent quant à la façon dont les « femmes » et les « hommes » et les relations de pouvoir existant entre eux sont définis et évoluent. Pourvu qu’il permette encore d’interroger les significations attachées aux sexes, la manière dont elles sont établies et dans quels contextes, le genre demeure une catégorie utile – car critique – d’analyse.


Corps blessés, corps retrouvés ? Les discours sur les mutilations sexuelles féminines - Tanella Boni
Résumé de l’article :
Cette étude passe en revue différents discours sur les mutilations sexuelles féminines du point de vue des sciences humaines et sociales mais aussi des débats actuels entre les partisans de l’argument culturel et ceux de l’universalité des droits humains. Un détour par le mythe dogon de l’ordre du monde rapporté par Marcel Griaule dans Dieu d’eau ou le discours philosophique d’Aristote dans la Génération des Animaux, s’avère nécessaire afin d’élargir le débat et d’en percevoir les enjeux concernant la dignité de la personne humaine.

Chez Aristote, la femme est un accident de parcours, elle interrompt le cercle qui va de l’homme à l’homme afin que celui-ci reparte de plus belle. La femme représente une « catastrophe » nécessaire à l’exercice du sexe masculin ; son corps est naturellement mutilé et incomplet. Dans le mythe dogon, le clitoris se dresse comme une termitière, il est démesuré et doit être abattu, c’est-à-dire excisé.

Entre la démesure, la monstruosité et la laideur s’inscrivent des discours qui, depuis la nuit des temps, accompagnent et justifient la blessure du sexe féminin. Mais aujourd’hui, un discours de type médical, largement accepté, entend réparer les sexes excisés et redonner aux femmes le bonheur d’un corps retrouvé. On peut donc se demander ce qu’est la « dignité de la femme » et si elle se confond avec la « dignité de la personne humaine ».

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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site Cairn.info pour l’article de Joan W. Scott
Cairn.info pour l’étude de Tanella Boni

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Source : Cairn.info

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Voir également l’article Revue Diogène : "Nouvelles perspectives dans les Gender Studies"

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