Sénégal : Droit des femmes - ’Amélioration significative’ dans les textes, faiblesse dans l’application

La protection des droits de la femme a connu une "amélioration
significative" au plan juridique et institutionnel, mais beaucoup reste
à faire dans l’application pratique des dispositions existantes, a
indiqué lundi Marianne Coulibaly, responsable de la section défense et
appui des femmes du Réseau africain pour le développement intégré (RADI).

Sénégal : Droit des femmes - ’Amélioration significative’ dans les textes, faiblesse dans l’application

Agence de Presse Sénégalaise (Dakar, 6 Août 2007)

"Sur le plan de la théorie, le droit sénégalais est apparemment juste
avec les femmes", a dit Mme Coulibaly qui a fait part d"avancées
significatives", non sans souligner que dans la pratique, cette
protection n’est que "dérisoire".

Elle faisait le point sur la situation de la protection des droits de la
femme au Sénégal, lors d’un séminaire organisé dans les locaux de la
Faculté des sciences et techniques de l’éducation et de la formation
(FASTEF, ex-ENS).

Initié par OSIWA (Open Society initiative For West Africa), propriétaire
de la West Africa Democracy Radio (WADR) et Altercom (Association des
femmes pour la communication alternative), propriétaire de la radio
Manoore FM, cette rencontre avait pour thème : "Droit des femmes et
communication".

L’atelier qui se poursuivra jusqu’à vendredi, réunit des membres
d’associations de défense des droits de la femme et des responsables de
radios communautaires, a pour objectif d’informer ces professionnels de
la communication sur la question.

Ce séminaire a pour but de "promouvoir un leadership féminin dans les
radios communautaires", a expliqué Oumou Kaltoum Sarr, coordonnatrice de
Manoore FM. "Beaucoup d’efforts" ont été faits par rapport à la question
genre, mais "beaucoup reste à faire" pour que cette "belle théorie de
droit" se traduise dans la réalité, a-t-elle estimé. Elle a relevé,
entre autres, des "avancées" enregistrées à travers les dispositions
permettant à la femme salariée de prendre en charge son époux,
l’ouverture de certains corps militaires et paramilitaires tels que la
douane et la gendarmerie aux femmes.

A cela s’ajoute la possibilité pour la gente féminine d’occuper des
postes de responsabilité au plan syndical, sans demander l’autorisation
de son mari.

Le Sénégal a ratifié un bon nombre de traités, conventions et protocoles
internationaux, mais du fait du "décalage" entre ces textes
internationaux et les lois internes, beaucoup de droits reconnus à la
femme restent encore "théoriques", a poursuivi Mme Coulibaly.

Malgré l’existence d’un dispositif répressif de certains délits
perpétrés contre les femmes, les sanctions prévues à cet effet ne sont
pas appliquées, du fait de la "non collaboration" de certains acteurs
judiciaires et extrajudiciaires, de l’absence d’organes de contrôle et
d’alerte, de la méconnaissance de ces droits par les hommes ainsi que
les femmes elles-mêmes.

Les "plus grandes résistances" sont d’ordre "social, psychologiques (et)
culturel", a pour sa part, estimé Assane Mbaye, assistant à la Faculté
de droit de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, spécialiste du droit
de la famille. "Il est plus facile de changer le droit que de changer
les mentalités", a noté M. Mbaye pour qui les textes de loi en vigueur
sont "en avance" sur la société.

Pour dépasser cette situation, Marianne Coulibaly a préconisé, entre
autres, l’élaboration de programmes de formation, l’interdiction de
certaines "publicités négatives" qui utilisent la femme comme un objet,
la mise sur pied d’une commission de veille et d’alerte qui sera
présente aux niveaux les plus reculés du pays. Il faudrait également,
a-t-elle dit, impliquer les femmes dans le processus de prise de décision.

La simplification et la vulgarisation des textes relatifs à la
protection de la femme, pourrait également contribuer à changer cet état
de fait, a estimé la responsable du RADI. Pour elle, les professionnels
de la communication ont un rôle à jouer dans ce "combat", en servant de
"relais" à ce travail de formation.

Source : AllAfrica Global Media (allAfrica.com)

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