Série de viols collectifs en Egypte

Une série d’agressions sexuelles s’est déroulée à l’encontre de plusieurs femmes journalistes en pleine place Tahrir en Egypte. Selon l’AFP, Reporters Sans frontières aurait lancé une mise en garde à l’intention des journalistes se rendant sur le lieu de la contestation où il serait devenu bien plus dangereux pour une femme que pour un homme de couvrir les évènements.

« Il est plus dangereux pour une femme que pour un homme de couvrir les événements de la place Tahrir. C’est une réalité à laquelle les rédactions doivent faire face. C’est la première fois que des agressions sexuelles répétées sont commises dans un même lieu contre des femmes journalistes. Les rédactions doivent se poser la question lorsqu’elles envoient des équipes sur place et prendre des mesures de protection particulières », a préconisé RSF dans un communiqué.

Jeudi, RSF avait demandé aux rédactions de "cesser momentanément d’envoyer des femmes journalistes en reportage en Egypte", après l’agression contre une journaliste de France 3, ce qui avait provoqué un début de polémique.

« C’est au moins la troisième fois qu’une femme reporter est agressée sexuellement depuis le début de la révolution égyptienne. Les rédactions doivent en tenir compte et cesser momentanément d’envoyer des femmes journalistes en reportage en Egypte », avait écrit RSF dans un communiqué.

« C’est malheureux d’en arriver là, mais face à la violence de ces agressions, il n’existe pas d’autre solution », selon l’organisation.

La journaliste de France 3, Caroline Sinz a déclaré à l’AFP que son cameraman, Salah Agrabi, et elle-même avaient commencé à être pris à partie dans une rue menant de la place Tahrir au ministère de l’Intérieur.

« Nous étions en train de filmer dans la rue Mohamed Mahmoud quand nous avons été assaillis par des jeunes de quatorze ou quinze ans », a-t-elle raconté. « J’ai été tabassée par une meute de jeunes et d’adultes qui ont arraché mes vêtements » et qui ont procédé à des attouchements répondant « à la définition du viol », a-t-elle dit.


Place Tahrir :"J’ai subi une agression sexuelle" par LePostfr

Le 11 février, jour de la chute d’Hosni Moubarak, Lara Logan, journaliste de la chaîne américaine CBS, avait déjà été victime d’une agression sexuelle dans le secteur de la place Tahrir. Par ailleurs, RSF rappelle que l’éditorialiste égypto-américaine Mona Al-Tahtawy, a témoigné jeudi avoir été agressée sexuellement par des policiers avant d’être relâchée douze heures plus tard.

Selon une étude réalisée en 2008 par une ONG locale, le Centre égyptien pour les droits de la femme (ECWR), plus de 80% des Egyptiennes ont été victimes de harcèlement sexuel (remarques obscènes, attouchements, exhibitionnisme...), dont près de la moitié au quotidien.

Frustration sexuelle, mariage tardif et difficile car cher, relations sexuelles hors mariage taboues, vision conservatrice et réductrice de la femme... se conjuguent pour expliquer ce phénomène, selon des experts.

Le même jour, Mona al-Tahawy, une éditorialiste américano-égyptienne, arrêtée sur Tahrir, a expliqué avoir été agressée sexuellement par des policiers. Elle s’est ensuite fait arrêter par la police et a passé après 12 heures de détention. « En plus de m’avoir battue, les chiens de policiers m’ont fait subir la pire des agressions sexuelles », a-t-elle ajouté. « Cinq ou six (policiers) m’ont touché et pincé les seins et mes parties génitales et je ne pouvais plus compter le nombre de mains qui essayaient d’entrer dans mon pantalon », a-t-elle raconté, précisant qu’on lui a maintenu les yeux bandés pendant toute la durée de sa détention.
Le témoignage ci-dessous de Mona al-Tahawy est en anglais, non sous-titré.

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Source : AFP

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