Si le visage est un texte…

Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie en classe de Lettres Supérieures, se penche dans " Si le visage est un texte..." sur la question de l’âge, de la vieillesse et de la peur qu’elle suppose. Il questionne ainsi les craintes soulevées par les marques que laisse la vie sur les visages, sur les corps, et sur sa propre représentation de soi.

Si le visage est un texte, la ride est une écriture.
Pourquoi donc la haine de la ride ? Parce que l’homme dominant désire toujours la virginité : il veut une chair fraîche, une page blanche, sur laquelle imprimer sa puissance, ses désirs, sa force.
Jeunes, hommes et femmes s’assemblent dans la joie de l’amour naissant, celui des grandes aurores toujours aimables. Mais le temps passe.
L’homme a exercé son pouvoir : il a enfanté, croit-il, il a dominé et jouit d’être aimé par celle sur le visage de laquelle il peut lire les signes de sa propre existence. Sur le visage jadis lisse, vierge, il a imprimé sa marque.
Dix, quinze ou vingt ans ont passé. Il veut à nouveau ressentir le vertige d’être jeune ; celle qu’il a aimée pendant quelque décennie et qui l’a aimé lui retourne comme un miroir sa propre condition : des rides sont apparues, l’âge est là, le temps inexorable, la mort à venir, pourtant pas si proche.
L’homme alors congédie plus ou moins inélégamment celle qui lui a offert ses plus belles années et se remet lui-même sur le marché de l’amour. Il se met en quête, dans un mouvement incestuel, d’une jeune peau à croquer, une peau toute lisse, intacte et surtout vide, sur laquelle il va écrire à nouveau, encore une fois, le texte de sa puissance.

(...)

***

Pour lire la suite :
Le blog de Jean-Jacques Delfour - Si le visage est un texte…

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