Soutenance de thèse de Joelle Palmieri - Bordeaux

Joelle Palmieri, consultante experte en genre et membre de Genre en Action, va prochainement soutenir sa thèse de doctorat en science politique qui s’intitule : « Genre et société numérique colonialitaire - Effets politiques des usages de l’Internet par des organisations de femmes ou féministes en contexte de domination masculine et colonialitaire : les cas de l’Afrique du Sud et du Sénégal ». Cette séance publique se tiendra le vendredi 16 décembre 2011 à 14h dans la salle Copernic à l’Institut d’Etudes politiques de Bordeaux (France).

Le jury est composé de :
M. Michel CAHEN, historien, chercheur CNRS, directeur-adjoint de LAM ;
Mme Annie CHENEAU-LOQUAY, géographe, directrice de recherche au CNRS, LAM-Humanités Bordeaux III ;
M. Maric-Éric GRUÉNAIS, professeur d’anthropologie sociale à l’Université Victor Segalen Bordeaux II ;
Mme Dominique PAYETTE, sociologue, professeure agrégée au Département d’information et de communication, Université Laval ;
Mme Marion PAOLETTI, maîtresse de conférences en science politique à l’Université Montesquieu-Bordeaux IV (directrice de thèse) ;
M. Olivier SAGNA, historien, maître de conférences en sciences de l’information, Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).


La soutenance sera suivie d’un pot auquel tous les audit-eur-trices sont convié-e-s.
Résumé de la thèse
Afin de qualifier les usages de l’Internet par des organisations de femmes ou féministes en Afrique du Sud et au Sénégal, l’étude de la relation entre domination masculine et domination liée à la colonialité de pouvoir a été privilégiée. Il est ainsi apparu que l’Internet cristallise parmi les technologies de l’information et de la communication un moyen par lequel la « société de l’information » est le produit comme la production d’une mondialisation hypermoderne où la colonialité du pouvoir et le patriarcat, en tant que systèmes, s’exercent conjointement.

Cette conjonction s’exprime par les biais théorique autant qu’empirique. L’épistémologie utilisée dans ce cadre renoue avec des constructions traditionnalistes, nationalistes, paternalistes et masculinistes des savoirs en écho à ce que permet cet outil : l’accélération de l’appropriation du corps des femmes, la surenchère rhétorique et politique des dominants, l’institutionnalisation des concepts, l’occidentalisation des pensées, les privatisations en tous secteurs, les concurrences croisées de l’Occident, l’Extrême et le Moyen-Orient sur les terrains tant économique, politique que socioculturel, religieux.

Les inégalités de genre s’aggravent en même temps que les identités sexuelles à tous les niveaux (État, institutions, population) deviennent souterraines et que les rapports différenciés de « race » et de classe se creusent. Les femmes de « la base » se retrouvent alors en situation d’accentuer la prise en charge immédiate de la gestion de l’urgence, parfois d’accepter leur subalternité tout en la négociant auprès des dominants. Aussi, peu à peu, les nouvelles modalités d’action politique des organisations de femmes ou féministes se modifient. L’heure est davantage à la préservation des droits des femmes qu’à leur conquête, à la défensive qu’à la transgression.

Néanmoins, des pistes d’innovation dans les usages de l’Internet, en marge d’une vision de communication institutionnelle, privilégient la visibilité de savoirs non savants de femmes. L’étincelle épistémique provoquée par ce choix interroge ses effets politiques en termes de démocratie, de citoyenneté féministe et détrône l’injonction à « être connecté » par l’informalité qui caractérise ce parti pris.

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