Stimuler le changement pour avancer : exemple à Madagascar

Mireille Rabenoro, Focus Development Association, Madagascar
Je vous écris au nom d’un groupe de personnes qui, à divers titres, se sont trouvées associées à la promotion du genre à Madagascar au cours des quinze dernières années, et tentent actuellement de structurer leur action autour de Focus Development Association, organisme qui a mené de nombreuses études et formations sur le genre.

Bonjour,

Je vous écris au nom d’un groupe de personnes qui, à divers titres, se sont trouvées associées à la promotion du genre à Madagascar au cours des quinze dernières années, et tentent actuellement de structurer leur action autour de Focus Development Association, organisme qui a mené de nombreuses études et formations sur le genre.

1. Opportunité de la recherche-action proposée

A Madagascar, nous nous sommes heurtés, et nous nous heurtons encore, à des divergences concernant la compréhension du concept de genre.
D’après de nombreux acteurs de développement, en effet, le genre servirait à distinguer les différentes catégories sociales (Ex. : riches/pauvres, jeunes/adultes, urbains/ruraux, et accessoirement hommes/femmes). Cette dilution de la notion de genre nous paraît d’autant plus préjudiciable à la cause du genre tel que nous l’entendons (objectif : égalité entre femmes et hommes) que les tenants de cette acception du genre sont souvent des responsables de programmes au sein d’organismes de coopération bi- ou multilatérale.

Dans le même ordre d’idées, l’une d’entre nous, qui a participé à la réunion sur Beijing + 10 à New York dernièrement, nous rapporte qu’une partie des discussions a porté sur la différence d’approche entre pays africains francophones et anglophones : alors que les premiers se perdent en controverses sur le contenu à donner au concept de genre et les questions de leadership, les anglophones, qui n’ont plus de problème de terminologie, peuvent se concentrer sur la recherche de résultats. De ce fait, il a été recommandé d’adopter désormais le concept d’égalité femmes-hommes, plutôt que celui de genre.

Cette transition ne se fera pas sans mal, c’est pourquoi le projet de recherche action dans le cadre de la mise en place de l’observatoire Genre et Développement nous paraît particulièrement opportun dans la conjoncture décrite plus haut. Nous pensons qu’il est de nature à stimuler le changement pour avancer vers plus d’égalité entre femmes et hommes.

2. Identification du collège dont nous ferions partie

Parce que nous sommes en majorité des consultants et des enseignants-chercheurs, il nous semble naturel de rejoindre la communauté des experts.

3. Activités auxquelles nous voudrions nous inscrire

1. Identification des contenus du secteur du développement à analyser :
2. Etudes des résistances, des facteurs de blocages, des obstacles, structurels, idéologiques, financiers à Madagascar
3. Définition conjointe et contextualisée de l’identité de genre
4. Création d’un contre-argumentaire sur les clichés liés au genre
5. Mise en place d’indicateurs de suivi des processus d’intégration du genre dans les politiques
6. Organisation de formations de renforcement à la prise en compte du genre, à raison de deux par an

4. Proposition de pays-pilotes

Nous proposons évidemment que Madagascar soit retenu comme pays-pilote. La première raison est que, en tant que groupe ainsi qu’individuellement, nous avons acquis une expérience approfondie des questions de genre à Madagascar et des obstacles auxquels est confrontée leur promotion. A titre d’exemples, Focus Development Association a mené des formations d’OSCs sur le genre et les droits humains de la femme, a contribué à l’élaboration de l’IDISA (indice du développement et des inégalités entre les sexes en Afrique), et je suis la consultante nationale qui a rédigé la Politique nationale de promotion de la femme et le Plan d’action national genre et développement.

Du fait de cette expérience, nous nous sentons bien placés pour dire avec vous que « force est de constater que bien peu d’avancées réelles se sont concrétisées sur le terrain et dans la vie quotidienne des femmes, comme dans les politiques nationales vers l’égalité hommes/femmes ». Ceci est particulièrement vrai à Madagascar, où le concept d’égalité hommes/femmes est non accepté/non approprié par les dirigeants politiques, qui nourrissent souvent une idée fausse selon laquelle l’inégalité entre les sexes serait un problème qui concerne les autres pays africains, mais pas Madagascar ! - alors que toutes les études que nous avons menées ces quinze dernières années tendent à prouver que si.

Le fait de "réunir des informations sur les démarches, processus, engagements, rôles et responsabilités des acteurs sociaux et institutionnels, de les analyser avec un prisme genre, de les publier sur le site genreenaction.net tout en émettant des recommandations" dans le cadre de la recherche-action devrait aider à faire enfin avancer le genre à Madagascar.

5. Pistes de ressources opérationnelles

Parce que nous sommes en majorité des consultants et des chercheurs, nous estimons devoir rejoindre le collège des experts (le fait qu’il sera transnational et trans-activités nous le rend d’autant plus séduisant) ; mais ce groupe ne constituera que le noyau de base. Nous entendons étendre les capacités du groupe, en particulier en direction des bailleurs de fonds et des communicateurs avec lesquels nous avons eu l’occasion de travailler, et ce dans le cadre du ’carré genre’, structure actuellement en gestation et que nous voyons comme l’équivalent / le répondant / l’homologue au niveau national de l’observatoire genre et développement.

Solidairement dans la promotion de l’égalité femmes/hommes

Mireille Rabenoro
Focus Development Association
Madagascar

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