TENDANCES MONDIALES DE L’EMPLOI DES FEMMES

Une version condensée du document de travail du BIT intitulé « Tendances mondiales de l’emploi des
femmes 2007 », qui paraîtra en 2007.

Aperçu général

Dans les années 1980 et 1990, la participation des femmes au marché du travail dans le
monde entier s’est accrue considérablement, suscitant l’espoir que le surcroît de possibilités
d’emploi et d’indépendance économique des femmes favoriserait l’égalité entre les sexes. Pour
connaître la mesure dans laquelle cet espoir s’est concrétisé, il importe d’analyser plus en détail les
tendances du marché du travail pour les femmes. Dans cette optique, le rapport sur les Tendances
mondiales de l’emploi des femmes, Résumé 2007 s’attache à déterminer si la propension à une
activité accrue des femmes s’est poursuivie plus récemment, et si les femmes ont trouvé assez
d’emplois décents et productifs pour pouvoir véritablement réaliser leur potentiel sur le marché du
travail et parvenir à l’indépendance économique.

La démarche est fondée sur la mise à jour et l’analyse d’un certain nombre d’indicateurs clés
du marché de l’emploi, notamment :
- le taux d’activité ;
- le chômage ;
- le secteur de la situation
d’emploi ;
- les traitements et salaires ;
- l’éducation et les compétences.

Pris ensemble, ces indicateurs
montrent si les femmes désireuses de travailler travaillent effectivement, si les femmes ont plus de
mal à trouver un emploi que les hommes, les différents types de travail exercés par les femmes et
les hommes, et l’égalité de traitement dans des domaines variant du salaire à l’éducation et à la
formation.

Les principaux résultats sont les suivants :
· En chiffres absolus, les femmes sont plus nombreuses que jamais auparavant à
participer au marché du travail dans le monde entier. Elles sont soit au travail, soit à la
recherche active d’un emploi.
· Mais ces chiffres globaux ne reflètent qu’en partie la situation. Au cours des dix
dernières années, le taux de participation (proportion des femmes d’âge actif qui
travaillent ou cherchent un emploi) a cessé de croître, bien des régions affichant une
baisse. Ce repli est remarquable, même s’il traduit en partie la participation accrue des
jeunes femmes à l’éducation.
· Plus de femmes que jamais auparavant sont effectivement au travail. [1] La proportion
des femmes dans l’emploi total est restée quasi inchangée à 40 % en 2006 (contre 39,7
% il y a 10 ans).
· En même temps, plus de femmes que jamais sont en chômage, le taux de chômage des
femmes (6,6 %) étant supérieur à celui des hommes (6,1 %).
· Les femmes sont plus susceptibles d’occuper des emplois à faible productivité dans
l’agriculture et les services. La proportion des femmes dans l’emploi industriel est nettement inférieure à celle des hommes, et elle est en baisse depuis une dizaine
d’années.
· Plus une région est pauvre, plus il est probable que les femmes soient travailleuses
familiales auxiliaires sans rémunération ou travailleuses indépendantes à faible
revenu. Dans le premier cas en particulier, il est peu probable qu’elles soient
économiquement indépendantes.
· Pour bien des femmes, le passage de la catégorie des travailleuses familiales
auxiliaires non rémunérées ou des travailleuses indépendantes à faible revenu à celle
d’employées rémunérées est une étape importante vers la liberté et l’autodétermination.
· La proportion de femmes ayant un emploi rémunéré a augmenté au cours des 10
dernières années, passant de 42,9 % en 1996 à 47,9 % en 2006. Toutefois,
particulièrement dans les régions les plus pauvres du monde, cette proportion est
encore plus faible chez les femmes que chez les hommes.
· Les données attestent de la persistance des écarts salariaux. Dans la plupart des
régions et des professions, les femmes gagnent un salaire inférieur pour le même
emploi. Mais certaines données indiquent que la mondialisation peut aider à réduire
l’écart salarial dans certaines professions.
· Les femmes jeunes ont plus de chances de pouvoir lire et écrire qu’il y a 10 ans. Mais
il existe encore un écart entre les niveaux d’éducation des femmes et des hommes. En
outre, il est éminemment improbable que les femmes aient les mêmes chances que les
hommes de développer leurs compétences tout au long de leur vie active.

Ces tendances montrent que, malgré quelques progrès, la complaisance n’est pas de mise. Les
politiques visant à accroître les chances d’une participation égale des femmes sur le marché du
travail commencent à porter des fruits, mais le rythme de réduction des disparités est très lent.

Par
conséquent, les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’être découragées et de perdre
l’espoir d’être économiquement actives. Quant aux femmes qui travaillent, elles ont plus de chances
d’être des travailleuses pauvres — qui ne gagnent pas revenu suffisant pour s’affranchir avec leurs
familles de la pauvreté. Enfin, eu égard à l’absence de pouvoir socio-économique des femmes et à la
distribution inéquitable des responsabilités ménagères, il reste encore du chemin à parcourir pour
assurer l’égalité entre hommes et femmes.

Au moment où le monde constate de plus en plus que le travail décent et productif est le seul
moyen viable d’échapper à la pauvreté, l’analyse du rôle des femmes dans le monde du travail revêt
une importance particulière. Des avancées dans la promotion du plein-emploi productif et décent —
une nouvelle cible des objectifs du Millénaire pour le développement — ne seront possibles que si
les besoins spécifiques des femmes sont pris en compte.

Cliquez ici pour télécharger l’intégralité de ce résumé.

Notes

[1L’expression « au travail » rend compte de toutes les personnes employées selon la définition du BIT, qui comprend
les travailleurs autonomes, les employés, les employeurs ainsi que les travailleurs familiaux non rémunérés. Les termes
« employés » et « au travail » sont employés comme synonymes dans Tendances mondiales de l’emploi des femmes,
Résumé 2007.

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