Témoignage. Enfants nés du viol

Voici le témoignage de Natacha, femme rwandaise violée pendant le génocide. L’association SEVOTA a relégué son message exprimé lors de la journée de prévention des abus envers les enfants.

« Nous avons débuté le forum des femmes victimes de viol étant au nombre de 27. L’intervention de l’Association Kanyarwanda et SEVOTA a commencé par une recherche qualitative et nous ne savions quoi dire tellement nous étions désespérées de souffrance inexplicable.
Lorsque nous nous sommes rencontrées lors du Forum, le counseilling et des formations étaient organisées. Nous femmes à cœur brisé ne nous connaissions pas entre nous et nous passions le temps à nous observer mutuellement. SEVOTA et KANYARWANDA nous ont permis de nous rencontrer, d’échanger des émotions (pleurs, joies) et nous accepter.

J’ai été victime des violences en refuge au Diocése de Kabgayi, pendant le génocide, et ai été violée par plusieurs militaires à tour de rôle. J’étais contrainte à garder le calme malgré les atrocités (tel un mouton qu’on amène à l’abattoir a – t- elle dit). J’ai dû affronter des moments durs, heureusement que j’ai pu me faire soigner par après.

Au niveau de ma famille, j’ai été victime d’une incompréhension puisque j’ai donné naissance à un enfant, un garçon non souhaité (un enfant de la haine, un enfant de l’ennemi, un enfant porte malheur »).

Mon constat est que personne, qu’aucune communauté ne voudrait prendre en charge ces enfants, ils restent à la charge de leurs mamans.
Elle s’est demandée pourquoi il y a des programmes de réhabilitation des démobilisés, mais qu’il n’y a pas de programmes d’appui à ces enfants nés de la haine. Est-ce qu’elle, femme survivante a – t- elle commit un péché impardonnable ? Pourquoi n’est- elle pas traitée à sa juste valeur et à sa dignité, ainsi que son enfant ?

Elle a exprimé quelques souhaits :

- Que les femmes victimes de viol qui sont infectés par le VIH/SIDA, que celles qui souffrent des problèmes psychologiques trouvent où se faire soigner après la clôture des travaux du Tribunal Pénal International pour le Rwanda,
- Que les enfants qui présentent des troubles comportementaux (enfants qui frappent leurs mères, enfants qui urinent toujours dans leurs lits) trouvent un accompagnement adéquat,
- Que les enfants nés du viol soient assistés aussi comme le fait FARG (Fonds d’Assistance aux Rescapés du Génocide). »
En fait, les enfants issus de viol pendant le génocide au Rwanda sont les résultats des atrocités du viol sexuel opérés chez les femmes dans l’acte de torture et crime contre l’humanité, qui a brisé leur vie.
La femme engrossé par haine a gardé ce mauvais souvenir d’atrocités extrêmes et en parle même aujourd’hui après 15 ans en pleurant de dégoût et de honte.

Elle a gardé l’enfant, meurtrie par la souffrance et cœur brisé, en détresse et stressée. Avec haine et la plupart dans l’extrême besoin matériel, errant ici et là sans protection.

La plupart ont souhaité mais n’ont pas pu pratiquer l’avortement clandestinement ou même abandonner l’enfant à la naissance.

Pourtant l’enfant de la haine, l’enfant mauvais souvenir, l’enfant bête, l’enfant de la brousse, l’enfant de l’inconnu, l’enfant du hasard, le cadeau du malheur l’enfant de Dieu ….. (Comme l’indique certains des noms ou surnoms donnés aux enfants) est né malgré les conditions maléfiques et a grandi.

Ces enfants ont été abusé est maltraité dans l’enfance, stigmatisé et même discriminé comme le témoignent certaines de leur mères, et Les effets de cette éducation fut que la plus d’entre eux ont des mauvais comportements : violent, stupide, enragé, malveillant, désordonné, angoissé ou très silencieux comme le témoigne leur maman qui ont été accompagné à travers les forums ABIYUBAKA organisés par l’Association Kanyarwanda et SEVOTA.

La plupart ont des mauvais points à l’école de telle façon qu’il y a même qui sont en 3 ème primaire alors que d’autres sont à l’école secondaire.
Ils ont actuellement 16 ans, le début de l’âge bête de l’adolescence.

Ils veulent connaître la vérité de leur identité et nous avons fait le parcours avec les mamans violées et la majorité a fait des révélations aux enfants. Nous avions aussi crée des espaces de dialogue à travers des rencontres mère - enfant pour améliorer leur relation. Pour 60 mères et 60 enfants dont certains ont changé positivement, les effets furent la cordialité, le pardon, l’amour réciproque et la gestion du vécu antérieur pour un futur positif, surtout du coté de l’enfant. Mais d’autres restent avec des comportements abusifs et complexes.

Le souci actuel et important des mères accompagnées est la scolarisation formelle de leurs enfants et soins de santé, auxquels elles espèrent un futur de bien être, mais aussi l’accompagnement psychologique et l’appui matériel.

Ces enfants devraient subir un accompagnement les amenant à la source de faire le bien, de l’amour et de la non violence. Ils peuvent être servi comme une approche vraie d’unité et réconciliation dans la communauté en post conflits.
Pour cela l’aide leur ait nécessaire pour aussi décharger leurs mamans.

***
Message de l’association SEVOTA (Solidarité pour l’Epanouissement des Veuves et des Orphelins visant le Travail et l’Auto promotion)
- Email sevota50 chez yahoo.fr
Web site : www.sevota.org.- B.P. 3607 Kigali - Rwanda
Godelieve MUKASARASI
Coordinatrice de l’association SEVOTA
B.P. 3607 Kigali-Rwanda
Tel. +250788520831

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