Tendances mondiales de l’emploi des femmes en 2008

Les femmes sont plus nombreuses que jamais sur le marché du travail. Mais elles encourent aussi une probabilité plus forte que les hommes d’être confinées dans des emplois à faible productivité, mal rémunérés et vulnérables, sans protection sociale, ni droits fondamentaux ni possibilité de s’exprimer, selon un nouveau rapport du Bureau international du Travail (BIT) publié à l’occasion de la Journée internationale de la Femme.

Tendances mondiales de l’emploi des femmes [1], qui paraissent à l’occasion de la Journée internationale de la Femme, indiquent que le nombre de femmes qui travaillent a augmenté de presque 200 millions au cours de la décennie écoulée, pour atteindre 1,2 milliard en 2007, contre 1,8 milliard d’hommes. Cependant, le nombre de femmes sans emploi s’est également accru, passant de 70,2 à 81,6 millions au cours de la même période.
« Les femmes continuent de rejoindre les rangs de la population active en grand nombre. Ce progrès ne doit pas dissimuler les inégalités flagrantes qui persistent sur les lieux de travail de par le monde », a déclaré le Directeur général du BIT, Juan Somavia. « Le lieu de travail et le monde du travail sont au centre des solutions globales aux problèmes d’égalité des sexes et d’avancée des femmes dans la société. En faisant la promotion du travail décent pour les femmes, nous renforçons les capacités des sociétés et faisons progresser la cause du développement économique et social pour tous ».

Le rapport montre que les progrès enregistrés par la situation des femmes sur les marchés de l’emploi dans le monde n’ont pas entraîné de sensible réduction des inégalités entre hommes et femmes au travail. La part des femmes dans l’emploi vulnérable – travaillant soit à leur propre compte, soit comme travailleuses familiales non rémunérées plutôt que titulaires d’un travail salarié et rémunéré – a régressé de 56,1 à 51,7 pour cent depuis 1997. Cependant, le fardeau de la vulnérabilité pèse toujours davantage sur les femmes que sur les hommes, en particulier dans les régions les plus déshéritées du monde.

Autres enseignements clés du rapport :
• Au niveau mondial, le taux de chômage des femmes se situe à 6,4 pour cent, contre 5,7 pour cent chez les hommes.
• On dénombre globalement moins de 70 femmes économiquement actives pour 100 hommes actifs. Rester en dehors de la population active est souvent plus une obligation qu’un choix. Il est probable que les femmes opteraient pour un travail rémunéré hors de leur foyer s’il devenait socialement acceptable qu’elles le fassent.
• A l’échelle mondiale, le ratio emploi-population des femmes – qui indique quel avantage les économies tirent partie du potentiel productif de leur population en âge de travailler – était de 49,1 pour cent en 2007, comparé au ratio des hommes qui s’élevait à 74,3 pour cent.
• Au cours de la décennie écoulée, le secteur des services a dépassé celui de l’agriculture en tant que premier employeur des femmes. En 2007, 36,1 pour cent des femmes travaillaient dans l’agriculture et 46,3 pour cent dans les services. En comparaison, 34 pour cent des hommes travaillaient dans l’agriculture et 40,4 pour cent dans les services.
• Davantage de femmes ont accès à l’enseignement, mais l’égalité dans l’éducation est une réalité encore bien lointaine dans certaines régions.

De nouvelles politiques pour favoriser l’emploi féminin

Le rapport souligne que, pour de nombreuses femmes, quitter une situation d’emploi vulnérable pour un travail rémunéré et salarié marque une étape importante vers l’autonomie financière et l’indépendance. Parallèlement, le rapport observe que plus les régions sont pauvres, moins les femmes ont de chance de franchir cette étape et de sortir de leur situation de vulnérabilité.
L’accès au marché du travail et à un emploi décent et productif est essentiel dans le processus vers une plus grande égalité entre hommes et femmes, affirme le rapport. L’étude a noté que la région qui réussit le mieux en termes de croissance économique ces dix dernières années, à savoir l’Asie de l’Est, est aussi la région où l’on enregistre le plus fort taux d’activité de la population féminine (65,2 pour cent), des taux de chômage peu élevés chez les femmes comme chez les hommes, et des écarts assez peu marqués entre les sexes, en termes de secteurs d’activité et de situations d’emploi.

Dans l’ensemble, le rapport constate que les politiques destinées à améliorer les chances pour les femmes de participer sur un pied d’égalité au marché du travail commencent à porter leurs fruits. Mais eu égard à la lenteur des changements, les disparités demeurent importantes. La plupart des régions ont encore un long chemin à parcourir pour réaliser l’intégration économique pleine et entière des femmes, et utiliser à sa juste valeur ce potentiel inexploité pour le développement économique.
Permettre aux femmes d’accéder à un plus large spectre d’activités et de métiers est impératif si l’on veut améliorer leurs chances sur le marché du travail, précise le rapport. La capacité de la société à accepter que les femmes jouent de nouveaux rôles économiques et son aptitude à créer les emplois décents qui leur conviennent sont les préalables au développement des débouchés professionnels pour les femmes, ainsi qu’au développement économique dans son ensemble.

source : rapport de l’OIT

Notes

[1Tendances mondiales de l’emploi des femmes – mars 2008, Bureau international du Travail, Genève, 2008. ISBN 978-92-2-221034-3 (imprimé). ISBN 978-92-2-221035-0 (format électronique)

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