Travail et mondialisation. Confrontations Nord / Sud

Le dernier numero des cahiers du genre est consacre aux nouveaux paradoxes de la mondialisation. Il traite exclusivement d’aspects concernant les rapports sociaux de sexe/genre dans la mondialisation.

n° 40/2006 - Travail et mondialisation.
Confrontations Nord / Sud
Coordonné par Jules Falquet,
Helena Hirata et Bruno Lautier

Le dernier numero des cahiers du genre est consacre aux nouveaux paradoxes de la mondialisation. Il traite exclusivement d’aspects concernant les rapports sociaux de sexe/genre dans la mondialisation : les auteur-es essaient de reflechir ce que signifie aujourd’hui la mondialisation pour l’emploi des femmes, pour les mouvements sociaux et pour le feminisme.

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Comment le genre détermine-t-il les formes que prend la mondialisation et comment cette dernière affecte-t-elle différemment le travail des femmes et celui des hommes ? Telles sont les questions abordées dans ce numéro, dont les articles portent notamment sur le travail - celui des ouvrières dans les usines du Sud, celui des « femmes de service » dans les villes du Nord et celui des « hommes en armes » au Sud et au Nord - mais aussi sur la prostitution, le devenir des villes globales et l’essor des mouvements féministes.

Sommaire


Dossier : Travail et mondialisation. Confrontations Nord / Sud

Jules Falquet, Helena Hirata et Bruno Lautier
Les nouveaux paradoxes de la mondialisation (Introduction)

Jules Falquet
Hommes en armes et femmes "de service" : tendances néolibérales dans l’évolution de la division sexuelle et internationale du travail

Bruno Lautier
Mondialisation, travail et genre : une dialectique qui s’épuise

Saskia Sassen
Vers une analyse alternative de la mondialisation : les circuits de survie et leurs acteurs

Laura Oso Casas
Prostitution et immigration des femmes latino-américaines en Espagne

Natacha Borgeaud Garciandía
La vie sous-traitée des ouvrières des maquilas du Nicaragua

Liliana Rolfsen Petrilli Segnini
Accords dissonants : rapports salariaux et rapports sociaux de sexe dans des orchestres

Elsa Galerand
Retour sur la genèse de la Marche mondiale des femmes (1995-2001). Rapports sociaux de sexe et contradictions entre femmes

Stéphanie Tawa Lama-Rewal
Le local et le global dans le mouvement indien des femmes

Hors-champ

Roland Pfefferkorn
Des femmes chez les sapeurs-pompiers

Notes de lecture

- Yvonne Knibiehler et Gérard Neyrand. Maternité et parentalité (Michèle Ferrand)

- Caroline Moulin. Féminités adolescentes (Isabelle Clair)

- Françoise Collin et Irène Kaufer. Parcours féministe [et] Christelle Taraud. Les féminismes en questions. Éléments pour une cartographie (Éléonore Lépinard)

- Xavière Gauthier. Paroles d’avortées. Quand l’avortement était clandestin (Liane Mozère)

- Terrain. « Homme/Femme » (Anne-Marie Devreux)

- Langage et société. « Hommes/femmes : langues, pratiques, idéologies » (Agathe Gestin)

- Marie-Hélène Bourcier. Sexpolitiques. Queer Zones 2 (Maxime Cervulle)

- Hélène Buisson-Fenet. Un sexe problématique : l’Église et l’homosexualité masculine en France (1971-2000) (Pierre Tripier)

- Cynthia Cockburn. The line. Women, Partition and the Gender Order in Cyprus (Anne-Marie Devreux)

- Recherches féministes. « Féminisme, mondialisation et altermondialisation » (Roland Pfefferkorn)

[Notes de lecture - p. 231-259]

Cahiers du Genre, n° 40 - 270 pages - avril 2006

Résumés

Jules Falquet - Hommes en armes et femmes « de service » : tendances néolibérales dans l’évolution de la division sexuelle et internationale du travail

Ce travail tente d’analyser l’évolution de la division sexuelle et internationale du travail dans le cadre néolibéral, en croisant les dimensions patriarcales, capitalistes et racistes, et en observant plus particulièrement le marché du travail informel, considéré comme caractéristique de la mondialisation. S’y détachent deux figures, la deuxième étant en grande partie créée par la première : l’homme en armes et la femme « de service » (« travailleuse domestique » ou « travailleuse sexuelle »). Pour de vastes pans des secteurs non privilégiés de la population, il s’agit désormais du principal horizon dans le domaine de « l’emploi ». Précaires, souvent mal rémunérés et peu reluisants pour qui les exerce, ces « emplois » tristement emblématiques sont pourtant au cœur de la réorganisation néolibérale du travail

Bruno Lautier - Mondialisation, travail et genre : une dialectique qui s’épuise

Cet article cherche à clarifier les relations entre trois questions : celle de la mondialisation, celle du travail et celle du genre. Dans un premier temps sont distinguées quatre formes principales de mondialisation, et est discutée la question de sa nouveauté, ainsi que celle de savoir si le travail lui-même est mondialisé. L’article développe ensuite la relation travail-genre-mondialisation : la mondialisa-tion transforme de façon différenciée selon le genre le rapport au travail ; mais, en retour, les formes de la mondialisation sont étroitement dépendantes des rapports de genre au travail. Pour finir est examinée la question de la pérennité d’une mondialisation qui s’alimente de la prédation d’une sphère domestique qu’elle sature et épuise.

Saskia Sassen - Vers une analyse alternative de la mondialisation : les circuits de survie et leurs acteurs

De nombreuses femmes migrent dans le cadre de la mondialisation : elles partent pour s’occuper du service domestique, garder des d’enfants, devenir infirmières, ou exercer la prostitution ; elles utilisent aussi la filière de mariages arrangés. Cette migration est le résultat de conditions ou de dynamiques très diverses dont on peut se demander si elles sont en rupture ou en continuité avec les anciennes histoires bien répertoriées de migration et d’exploitation. Il faut se situer à deux niveaux : d’un côté, les activités souvent traditionnelles, qu’elles soient liées à la survie ou à la recherche de profits, se mondialisent et contribuent aujourd’hui à la création, à l’échelle mondiale, d’une masse de travailleuses mal rémunérées. D’un autre côté, les pays du Nord voient dans l’apport croissant de femmes migrantes un élément leur permettant de réorganiser profondément le monde du travail. Ce genre de dynamique est particulière-ment visible dans les villes mondialisées, qui constituent aussi des pôles d’attraction pour le capital multinational. Que ce soit au niveau de la ville ou à celui des circuits de survie, les femmes deviennent des actrices incontournables des nouveaux types d’économie en expansion. On leur attribue une moindre valeur économique et pourtant elles constituent des éléments clés dans la construction des économies nouvelles.

Laura Oso Casas - Prostitution et immigration des femmes latino-américaines en Espagne

L’objectif de cet article est de montrer qu’une bonne partie des femmes latino-américaines, contrairement à l’image souvent mise en avant de la femme objet de trafic, ont pris la décision de migrer en étant conscientes de l’activité qu’elles allaient pratiquer en Espagne. Cependant, bien qu’elles puissent opter volontairement pour le « travail » sexuel, devenant les principales pourvoyeuses écono-miques des foyers transnationaux (actrices de la migration, actrices économiques et du développe-ment), elles sont prises dans plusieurs circuits qui contribuent à la reproduction des inégalités sociales. Ces circuits sont sous-tendus par l’articulation de plusieurs facteurs : la circulation des personnes, la mobilité des prostituées, la pression du foyer transnational, l’irrégularité juridique, ainsi que l’inégalité de genre.

Natacha Borgeaud Garciandía - La vie sous-traitée des ouvrières des maquilas du Nicaragua

De nombreuses situations de vie et de travail aussi inacceptables que répandues de par le monde, nous sont présentées de temps à autre par les médias qui, ne pouvant en restituer la complexité, opèrent trop souvent par simplification excessive. Cet article cherche à dépasser une telle image simplifiée des conditions de vie et de travail des ouvrières des usines de sous-traitance (au Nicaragua), sans pour autant évacuer de l’analyse les conditions inacceptables qui sont le propre de leur travail. Au-delà des discours convenus sur les conséquences de la mondialisation et d’une vision des ouvrières réduites à un statut de victimes, cet article s’ancre et s’appuie constamment sur l’extraordinaire richesse des histoires de vies que les ouvrières rencontrées ont partagée avec la chercheuse. Il s’agit alors d’interroger, dans cette perspective, le sens qu’acquiert pour elles le travail et de repenser la « centralité du travail » à partir d’elles-mêmes, et ce malgré l’omniprésence du puissant argument de la création d’emplois.

Liliana Rolfsen Petrilli Segnini - Accords dissonants : rapports salariaux et rapports sociaux de sexe dans des orchestres

L’objectif de ce texte est d’analyser les formes que prennent les rapports salariaux et la division sexuelle du travail dans deux orchestres constituant une référence prestigieuse dans leur propre pays - le Brésil et la France. Ces deux pays montrent des similitudes quant aux orientations en cours : une relative subordination aux lois d’une économie qui se globalise et vise à plus d’efficacité et de compétitivité. Cet article s’attachera à montrer comment le travail précaire des musiciens hautement qualifiés, originaires d’Europe de l’Est, constitue l’une des expressions des changements à l’œuvre dans le contexte de la globalisation. Il analysera ensuite les différences observées entre les formes d’insertion des hommes et des femmes dans ces formations orchestrales, privilégiant ainsi une double dimension - la division internationale et sexuelle du travail - dans la réflexion sur le salariat dans ce champ professionnel.

Elsa Galerand - Retour sur la genèse de la Marche mondiale des femmes (1995-2001). Rapports sociaux de sexe et contradictions entre femmes

Cet article a pour objet l’étude des divisions internes qui ont fragilisé l’organisation de la Marche mondiale des femmes de l’an 2000 contre la pauvreté et les violences faites aux femmes. Pour com-prendre ces divisions et ce qui a pu faire obstacle à leur dépassement, il propose de raisonner non pas en termes d’identités multiples mais en termes de rapports sociaux au pluriel. Quel rapport ces divisions politiques entretiennent-elles avec les différentes contradictions qui sont constitutives du groupe des femmes ? Sont-elles d’abord l’expression de contradictions (Nord/Sud, de classe ou de race) entre femmes ou le produit des rapports de pouvoir des hommes sur les femmes dans l’arène internationale ? À travers cette analyse, ce sont finalement les relations de co-construction que les différents rapports sociaux entretiennent les uns aux autres que ce texte tente d’éclairer ; soit l’incidence que peuvent avoir les rapports sociaux de sexe sur les rapports entre femmes et inversement, les antagonismes entre femmes sur la construction d’un rapport de force hommes/femmes.

Stéphanie Tawa Lama-Rewal - Le local et le global dans le mouvement indien des femmes

À partir d’une approche anthropologique de la mondialisation, qui privilégie « l’enchevêtrement accru du global et du local », cet article propose une réflexion sur la dynamique local/global au sein du mouve-ment indien des femmes. L’inventaire des principaux moments de l’internationalisation du féminisme indien révèle d’abord un mouvement de balancier entre phases d’ouverture et phases de repli, toujours liées à des enjeux politiques majeurs, sur les plans à la fois national et international. Concernant la question particulière de la sous-représentation politique des femmes, le repérage des différents niveaux spatiaux, mobilisés par l’action et par le discours du mouvement indien des femmes sur ce problème caractérisé par son universalité, souligne la prégnance de facteurs locaux dans les solutions qui lui sont proposées.

* * *

Roland Pfefferkorn - Des femmes chez les sapeurs-pompiers

Cet article est consacré à l’arrivée des femmes dans les corps de sapeurs-pompiers. Si ces corps se sont progressivement ouverts depuis trente ans, ils ne sont pas devenus pour autant des univers « mixtes ». Davantage encore que l’armée ou la police, ils restent marqués par une forte hégémonie masculine. Les jeunes femmes qui entrent dans ce milieu doivent faire face à de multiples réactions défensives de la part de leurs collègues masculins. La répartition des tâches est structurée suivant la hiérarchie des rapports sociaux de sexe. Le contenu des emplois varie suivant le sexe. La division du travail traditionnelle entre les sexes y est reproduite. La puissance des stéréotypes de sexe apparaît presque à l’état brut. Cet exemple permet de mesurer à quel point l’entrée des femmes dans un milieu d’hommes ne va vraiment pas de soi.

Auteur-e-s

Natacha Borgeaud Garciandía est doctorante en sociologie à l’Institut d’études du développement économique et social (IEDES - Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne). Sa thèse porte sur la centralité du travail et la subjectivité chez les ouvrières et ouvriers des usines étrangères de sous-traitance tex-tile implantées au Nicaragua.

Jules Falquet est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Paris 7 - Denis-Diderot. Elle travaille actuellement sur le « développement », l’impact de la mondialisation néolibérale sur les femmes et les résistances individuelles et collectives que celles-ci lui opposent. Plus généralement, elle s’intéresse aux mouvements sociaux, qu’elle analyse dans une perspective de genre, principalement en Amérique latine et aux Caraïbes (mouvement zapatiste au Mexique, mouvement des Sans Terre au Brésil, mouvements de femmes et féministes). Parmi ses publications récentes :

- (2003). « Femmes, féminisme et "développement" : une analyse critique des politiques des institu-tions internationales ». In Bisilliat Jeanne (ed). Regards de femmes sur la globalisation. Approches critiques. Paris, Karthala.

- (2005). « Féminismes dissidents en Amérique latine et aux Caraïbes » (coordination du numéro avec Ochy Curiel et Sabine Masson). Nouvelles questions féministes, vol. 24, n° 2.

Elsa Galerand est doctorante en sociologie et membre du laboratoire Genre, travail, mobilités (GTM - CNRS, universités Paris 10 et Paris 8). Elle travaille sous la direction de Danièle Kergoat et de Francine Descarries sur la genèse de la Marche mondiale des femmes en tant que processus de construction d’une lutte féministe dans l’arène internationale.

Helena Hirata est sociologue, chercheuse au laboratoire Genre, travail, mobilités (GTM - CNRS, universités Paris 10 et Paris 8). Ses recherches portent sur les comparaisons internationales du travail et du chômage, sur genre et mondialisation et sur le rapport entre travail et affects. Parmi ses publications récentes :

- (2005). « Les paradigmes sociologiques à l’épreuve des catégories de sexe : quel renouvellement de l’épistémologie du travail ? » (avec Danièle Kergoat). In Durand Jean-Pierre, Linhart Danièle (eds). Les ressorts de la mobilisation au travail. Toulouse, Octarès.

- (2005). « Femmes et mondialisation ». In Maruani Margaret (ed). Femmes, genre et société, l’état des savoirs. Paris, La Découverte.

Bruno Lautier est professeur de sociologie, Centre de recherches de l’Institut d’études du développe-ment économique et social (IEDES - Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne). Ses recherches actuelles portent principalement sur l’économie informelle, la protection sociale et les politiques de lutte contre la pauvreté, particulièrement en Amérique latine. Il a notamment publié :

- (2002). « Femmes en domesticité. Les domestiques du Sud, au Nord et au Sud » (coordination du numéro avec Blandine Destremau). Revue Tiers Monde, n° 170, avril-juin.

- (2004). Brésil, Mexique : deux trajectoires dans la mondialisation (avec Jaime Marques Pereira). Paris, Karthala.

Laura Oso Casas est docteur en Sociologie à l’Université de Paris 1 - Panthéon-Sorbonne. Elle est professeure titulaire à l’Université de La Coroña (Espagne). Son travail de recherche s’est fondamen-talement orienté vers la thématique genre et migration. Elle est l’auteure de deux ouvrages :

- (1998). La migracion hacia España de mujeres jefas de hogar. Madrid, Instituto de la Mujer « Serie Estudios », nº 52.

- (2004). Españolas en París. Estrategias de ahorro y consumo en las migraciones internacionales. Barcelona, Bellaterra.

Roland Pfefferkorn est professeur de sociologie à l’Université Marc Bloch de Strasbourg et membre du Laboratoire Cultures et sociétés en Europe (UMR 7043). Ses recherches et son enseignement portent principalement sur les inégalités et les rapports sociaux (rapports de classe et rapports de sexe). Il a notamment publié :

- (2002). Hommes-Femmes, quelle égalité ? (avec Alain Bihr). Paris, L’Atelier.

- (2006). L’autonomie des femmes en question. Antiféminismes et résistances en Amérique et en Europe (avec Josette Trat et Diane Lamoureux, eds). Paris, L’Harmattan « Bibliothèque du féminisme ».

Saskia Sassen est professeure de sociologie à l’Université de Chicago et à la London School of Economics. Ses travaux portent sur les villes globales, les migrations internationales et sur la place des femmes et des migrants dans les circuits de survie.
Parmi ses ouvrages récents :

- (2005). Socio-Digital Formations : New Architectures for Global Order. Princeton, Princeton University Press.

- (2006). Territory, Authority, Rights : From Medieval to Global Assemblages. Princeton, Princeton University Press.

Liliana Rolfsen Petrilli Segnini est professeure de sociologie à L’Université de Campinas, Faculté d’Éducation (Brésil) et membre du Centre de recherches DECISAE.
Elle travaille sur les rapports sociaux de sexe dans les services (banque et télémarketing), sur le chômage des femmes et sur travail et formation dans les arts et spectacles (musique et danse).

- (2001). « Entre le chômage et l’engrenage des emplois précaires ». Travailler, n° 6.

- (2003). « Mulheres, mães, desempregadas : contradições de uma condição social ». In Emílio Marli, Teixeira Marilane, Nobre Miriam, Godinho Tatau (eds). Trabalho e cidadania ativa para as mulheres. São Paulo, Prefeitura municipal/Coordenadoria especial da mulher.

Stéphanie Tawa Lama-Rewal, politologue, est chargée de recherche au Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CNRS-EHESS, Paris), et actuellement mise à disposition au Centre de sciences humaines de New Delhi (ministère des Affaires étrangères). Ses principaux thèmes de recherche sont la représentation politique des groupes et la gouvernance urbaine dans la démocratie indienne. Ses der-nières publications :

- (2004). Femmes et politique en Inde et au Népal. Image et présence. Paris, Karthala.

- (2005). Democratization in Progress : Women and Local Politics in Urban India (avec Archana Ghosh). Delhi, Tulika.

Source : http://cahiers_du_genre.iresco.fr/numero40.htm

ISSN 1165-3558
ISBN 2-296-00501-2

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