Une femme à la magistrature suprême au Libéria

Grande première dans l’Histoire de l’Afrique, la victoire de E.Johnson Sirleaf ne peut que donner de l’espoir aux femmes du continent et les inciter à continuer le combat contre l’inégalité hommes femmes.

A 67 ans, Ellen Johnson Sirleaf est la première femme à accéder à la présidence en Afrique. Elle remporte avec un succès éclatant les élections présidentielles du Libéria avec près de 59,4% des voix devant le « ballon d’or 1995 », l’ancien footballeur George Weah, qui ne récolte que 40, 6% des suffrages.

Représentante du Parti de l’unité, veuve et mère de 4 enfants, Ellen est issue de l’élite Américano-Libérienne qui a construit le Libéria. Diplômée de la prestigieuse université de Harvard, E. Johnson Sirleaf reçoit une formation d’économiste.

Sa carrière politique débute dans les années 1970. Son charisme et sa détermination l’élèvent au rang de ministre des finances, en 1972, sous la présidence de William Tolbert. Par la suite, son opposition affichée, face aux exactions de Samuel Doe, lui vaut l’emprisonnement et l’exil. En 1989, Ellen Johnson Sirleaf ne dissimule pas son soutien au coup d’Etat du « chef de guerre », Charles Taylor ; un véritable tournant dans l’Histoire du Libéria qui marque le début de la guerre civile. Ellen manifeste par la suite du regret pour avoir appuyé Taylor dans une action non démocratique. Considérant ce dernier comme un « criminel », Ellen décide de se présenter contre Taylor aux élections de 1997 ; mais sans succès.

E.Johnson Sirleaf fait ses preuves à l’ONU. Elle se fait rapidement remarquer et devient la directrice du bureau Afrique du Programme des Nations Unies pour le Développement de 1992 à 1997. En 2004, elle devient présidente de la commission de la bonne gouvernance du gouvernement de transition au Libéria et tient un bureau de consultant à Abidjan.

Maîtrisant la langue française, Ellen se rapproche des voisins francophones de la région et se réconcilie avec des anciens amis de C.Taylor qui vont même jusqu’à l’aider dans sa campagne présidentielle.

Ces élections sont supposées mettre fin à un régime de transition issu d’un accord de paix qui a été signé en août 2003 par les trois factions belligérantes de la guerre civile, au lendemain du départ en exil du président déchu, Charles Taylor. Elles sont perçues comme un espoir, un nouveau souffle pouvant permettre au pays de sortir de la crise dans laquelle elle n’a cessé de s’enfoncer ces dernières années. Il s’agirait d’un gage de stabilité, d’équilibre pour certains. Ellen se fait le défenseur ou « la défenseure » de l’unité du pays, un pays coloré par la présence de différents groupes ethniques.

Grande première dans l’Histoire de l’Afrique, la victoire de E.Johnson Sirleaf ne peut que donner de l’espoir aux femmes du continent et les inciter à continuer le combat contre l’inégalité hommes femmes. Cette victoire est avant tout celle des femmes qui luttent depuis des années dans le continent pour être reconnues au même titre que les hommes, pour jouir des mêmes droits et sortir de la position de subalterne à laquelle on les a traditionnellement et injustement soumises.

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Source : Mansouri Samia, Ni putes ni soumises

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